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Non conformité, risque financier, risque extra-financier…vers une vision globale du risque ?


Compte-rendu de l'Atelier BNP-Paribas Altarès du 4 octobre 2007 animé par François Jeanne journaliste et éditorialiste. François Jeanne, a ouvert la conférence avec cet adage : Le risque est l’ami de la banque ! Depuis très longtemps il y est le bienvenu, car la banque doit en prendre (des risques) pour gagner de l’argent, donc les analyser, les maîtriser, en réparer parfois les conséquences…




Non conformité, risque financier, risque extra-financier…vers une vision globale du risque ?
Le risque est-il global ? Nous avons l’impression qu’il l’a toujours été, dans le sens où il se compose d’un ensemble de risques entrelacés,même si celui dont nous sommes jusqu’ici le plus préoccupé est le risque financier. De fait, il n’y a pas apparition subite de nouveaux risques, mais plutôt un intérêt croissant pour ceux liés à l’image et à sa perte via une médiatisation exacerbée le développement durable et l’implication de l’entreprise dans ce domaine, l’éthique, la nonconformité à une réglementation (CNIL, SOX, LSF…) dont les textes, calendriers et échéances s’accélèrent…

Transformer les contraintes inhérentes à ces risques et en faire des opportunités, nécessite de s’organiser. Comment ? Par une observation attentive des risques, une écoute particulière des médias, Internet en tête car la propagation (d’une mauvaise image, d’un problème d’éthique…) y est rapide,une récolte massive d’informations … Des informations qu’il va falloir organiser, piloter au sens du risque, sans doute en globalisant sa stratégie. La question de la gouvernance est-elle alors évitable ? Quand faut-il se la poser ? Et quels acteurs pour prendre le leadership ?

VERS UNE VISION GLOBALE DU RISQUE ?
Thierry Asmar, Directeur Général d’Altares a ensuite pris la parole pour replacer cette vision globale du risque dans l’histoire et en donner une vision actualisée. Pour Altares (constituée, il y a 2 ans par le rapprochement des sociétés BIL et Dun & Bradstreet), les risques constituent surtout des opportunités. Petit rappel historique pour commencer : nous rencontrons d’abord le risque au tout premier problème de paiement dès le 16ème siècle, lorsque le créditeur concerné est parti à la recherche du débiteur en espérant qu’il était bien à l’adresse indiquée ! Nous sommes alors en mode réactif. Au 19èmesiècle, l’idée s’ancre que ce risque s’avère une donnée constante, qu’il faut intégrer. Pour la gérer, un principe de base : le futur sera une réplique du passé. Voilà pourquoi on rassemble des données, on produit des statistiques et des « scores »… Aujourd’hui, les mécanismes s’accélérant, nous ne pouvons plus nous contenter de cette approche,qui revient à piloter en regardant dans le rétroviseur.Ce qui n’est pas pratique pour avancer vite !

Ce qu’attendent désormais les clients d’Altares dans le domaine de la banque et de l’assurance, c’est de pouvoir anticiper. Donc de savoir de façon plus certaine, si le futur copiera bien le passé, ou marquera au contraire en rupture.Pour répondre, il faut regarder dans le passé,non plus les seuls résultats financiers, mais également l’ensemble des actions de l’entreprise. Fait-elle travailler des enfants ? Pollue-t-elle une rivière ? Blanchit-elle de l’argent ? Que disent les médias sur elle ?
L’approche du risque est bel et bien devenue globale.

Pour gérer cette globalité, trois niveaux de connaissance sont mis en oeuvre par Altares :
- la connaissance des entreprises (existence réelle, caractéristiques, liens capitalistiques…),
- la connaissance des données financières (collecte, contrôle d’intégrité, transmission…), et enfin,
- la connaissance de l’analyse financière et du scoring, pour en donner une synthèse lisible concernant le risque de défaillance et le risque de défaut de paiement.

Qui dit globalité, dit aussi que la collecte des informations doit s’effectuer partout dans le monde, avec une complexité souvent inimaginable depuis la France, qui a su créer l’INSEE. Rien que sur la Chine, le réseau D&B auquel appartient Altares enrichit son référentiel de 100.000 entreprises chaque mois ! Un référentiel qui contient aujourd’hui des informations sur 115 millions d’entreprises dans le monde. Pour ces dernières le réseau D&B fournit des données sur les risques financiers ou de crédit. Altares permet en plus d'appréhender les risques extra-financiers (dégradation d’image, risque réglementaire, manquements à l’éthique, écarts de gestion,ou encore perte de compétitivité). En revanche, l'appréhension du risque extra-financier est différente : pour l’essentiel, il s’agit de notations sollicitées (les entreprises doivent en faire la demande).

CONTRIBUER À L’APPROCHE GLOBALE DU RISQUE : FIABILISER LES DONNÉES ET ENRICHIR LES SYSTÈMES EN DONNÉES
Emmanuel Robert, Directeur Marketing et Communication d’Altares est revenu sur la constitution et la vie des bases de données, socle de l’analyse globale du risque.

Au-delà des concepts, pour aider leurs clients à maîtriser au quotidien les risques, Altares et SysperTec proposent des solutions d’aide à la décision et de tracking, essentiellement autour de la gestion du crédit inter-entreprises. Soit 10.000 rapports de solvabilité (Conformes à Bâle II) transmis chaque jour vers un spectre très large de clients.

La base de ces solutions de gestion du risque global repose sur un référentiel organisé et évolutif, répertoriant 115 millions d’entreprises dans le monde, avec une clé d’identification unique : SIRET ou SIREN en France et D-U-N-S® Number à l’international.Cette clé est une condition indispensable d’efficacité et de cohérence des données. La constitution de cette base (premier métier de D&B) a été au fil du temps un vrai casse-tête. En effet, des pays comme la Chine, Russie et Etats-Unis (les 3 pires) n’imposent aucune publication financière à leurs entreprises non cotées en bourse. Cette base s’enrichit sans cesse : par exemple, en moins de 2 ans, suite à l’entrée dans l’Europe de la Bulgarie, 100% des entreprises Bulgares ont été répertoriées. Avec au moins cette information élémentaire : l’existence réelle ou pas de l’entreprise.

A partir de ce référentiel, les bases de données des clients Altares sont alimentées de façon automatique et systématique (rafraîchissement régulier) pour leur permettre de faire du tracking et de mesurer le risque lié à chacun de leurs propres clients, conformément aux recommandations dans Bâle II.Car certes, la constitution du référentiel et la mise en place des flux de transmission vers les entreprises, sont complexes.Mais son entretien l’est plus encore. En effet, en moyenne 30 % des données concernant les entreprises répertoriées, sont obsolètes chaque année. Il faut donc, pour garantir la traçabilité et des données récentes, réaliser des mises à jour constantes. Il s’en effectue aujourd’hui 32 par minute !

Mais que dire de la nouvelle version qui attend ce référentiel, le 1er janvier 2008, avec le passage du code NAF (NAF rev1) de l’INSEE, de 4 à 5 caractères, constitué du code NACE européen plus une lettre définie par l’INSEE pour former le nouveau NAF rev2. Soucieux d’accompagner ses clients dans cette transformation aux nombreux impacts (notamment l’impossibilité de lancer les scores existants portant sur le nouveau code), Altares a mis en place une offre de migration complète. Elle propose la conservation en doublon des codes NAF rev1 et rev2 dans les bases de données pendant 6 mois (jusqu’au 30 juin 2008), si possible la fourniture d’un équivalent code NAF rev1 pour toutes les entreprises créées après le 18 janvier pour lesquelles l’INSEE ne fournira plus qu’un NAF rev2, et surtout des sessions de formation pour accompagner le projet de migration métier chez les clients.

AUTOMATISER LA COLLECTE D’INFORMATION POUR LA GESTION DU RISQUE : INTÉGRATION DES DONNÉES ET TRAÇABILITÉ
Jean-Marie Barathe, Directeur Général de SysperTec a ensuite expliqué les mécanismes techniques mis en place pour transmettre aux entreprises des informations à jour. En complément des solutions Altares, dans le cadre d’un partenariat, cet éditeur de solution de communication propose en effet sa solution Synapse (Système Normalisé d’Accès à des serveurs extérieurs), pour faciliter et automatiser les échanges entre systèmes hétérogènes.

Objectif : aider notamment les banques (principaux clients de SysperTec) à organiser et rationaliser les accès quotidiens à toutes les informations mises à la disposition de leurs collaborateurs dans le cadre de leurs métiers. L’automate de collecte Synapse s’interface donc entre le poste de travail, les applications métiers et toutes les informations à disposition, dont les bases Altares, ou tierces. Il mutualise l’accès à des données hétérogènes, les restitue en tenant compte des particularités de l’environnement de chaque utilisateur (portail Web, formats personnalisés…) et les rend homogènes pour faciliter leur intégration au sein de son application métier. Synapse assure ainsi une décorellation entre les applications métiers et le système d’accès aux données, qui évite de réviser les processus informatiques de l’entreprise en cas d’évolution des besoins en matière d’accès.

TÉMOIGNAGE DE RBS FACTOR
Daniel Darne, Directeur des Risques et de la Conformité chez RBS Factor, a apporté son témoignage sur la mise en place de la gestion du risque de crédit au sein de RBS Factor.

Filiale d’un groupe bancaire écossais, 5ème banque mondiale, RBS factor, spécialiste de l’affacturage opère depuis 1999 en France, et se classe 6ème factor de la place aujourd’hui. Facteur différentiateur, une organisation régionalisée qui renforce la proximité avec les clients. A travers sa large gamme de produits, RBS Factor a développé une spécialité : celle de l’affacturage non géré. Sa particularité par rapport à l’affacturage classique : l’absence de notification de la mention de subrogation aux débiteurs et une gestion déléguée à l’adhérent (le client). Ce non géré nécessite un accès à des informations très fiables et très fines.

Cette expertise et l’arrivée de Bâle II, qui entre en vigueur en janvier 2008, avec ses 3 fameux piliers, imposent une approche nouvelle du métier de l’affacturage et notamment de la gestion du risque au coeur de ce dernier. Dans l’affacturage, l’information a un rôle clé, surtout la connaissance client qui requiert une mise à jour des données permanentes. Le fort développement du non géré requiert en outre une information plus pointue (du fait de la délégation de mandat) notamment concernant les liens capitalistiques, captée auprès de sources diverses :Banque de France et Altares, partenaire de longue date. Les données clefs utilisées sont relatives à l’existence de procédures collectives avec une mise à jour hebdomadaire, les privilèges, les impayés, le fichier national des entreprises du répertoire Siren de l’INSEE.

Dans le métier de l’affacturage, la réputation du factor est désormais liée à l’image des clients qu’il finance : la gestion du risque d’image a donc pris de l’importance, compliquée par le développement à l’international des clients. De plus, une facture ne vivant que 90 jours, les prises de décision portent sur du financement à court terme et doivent donc être extrêmement rapides. L’accès à l’information, l’analyse de cette dernière, sa garantie de qualité et de mise à jour et son exhaustivité, sont donc des points très importants et un sujet très critique.

TÉMOIGNAGE DE GE FACTOFRANCE
Christophe Mathieu, Responsable du Département Crédit, GE Factofrance a complété les témoignages, en évoquant la problématique du département crédit de GE Factofrance, chargé d’analyser les risques des clients de leurs clients (débiteurs, acheteurs…).

GE Factofrance, qui appartient au groupe General Electric, a compris très vite qu’elle ne pouvait pas se limiter, dans ces analyses, au seul risque crédit. Le métier de l’affacturage est un métier de flux et de services rendus au client, qui implique donc rapidité et qualité. GE Factofrance dispose d’une base Altares contenant 7.500.000 entreprises, elle gère 350.000 demandes de garantie par an, concernant 500.000 acheteurs, dont 250.000 en risque potentiel ou avéré, et ce avec une équipe de seulement 20 personnes, les analystes de crédit ! Pour leur permettre de faire face, la logique est depuis toujours à l’optimisation : celle des ressources, mais aussi celle des coûts d’acquisition, de la qualité du service rendu et évidemment de la maitrise des risques. C’est là que les données d’Altares (également partenaire de longue date), de l’INSEE ou de la banque de France interviennent : leur fiabilité, leur fraîcheur et leur quantité sont bien évidemment critiques. Ces données sont complétées par les résultats de 1000 enquêtes mensuelles menées en interne.

Depuis 1974, GE Factofrance développe scores et score-cards, qui lui permettent d’analyser la probabilité de défaillance de chaque entreprise référencée par l’INSEE, de lui attribuer un montant garanti, etc. Elle s’appuie aussi sur ses experts sectoriels. L’arrivée de Bâle II a été regardée comme une opportunité d’améliorations.Notamment celle qui consiste à organiser les données de façon à, non seulement déterminer qui risque de déposer le bilan, mais mieux encore qui risque de payer avec retard. Il s’agit ici de passer de la probabilité de défaillance à la probabilité de défaut. Pour ce faire, les experts ont modélisé leur approche afin de l’intégrer à l’analyse automatique réalisée par les scores. Bâle II a ainsi réconcilié la démarche de l’expert (traitement individualisé) avec l’automatisme du score (traitement de masse).

Et les bénéfices sont là : le taux de réponse automatique est passé de 75 à 80 %, malgré l’augmentation de sévérité entraînée par Bâle II. Les délais de réponse se sont aussi améliorés (une demi journée en automatique, moins de 2 jours si intervention humaine). Et la nouvelle étape de Bâle II, intégrant le concept d’Expending Loss, va favoriser la mise en place d’un véritable politique du risque calculé, qui va renforcer la confiance. Car si dans crédit il y a « credo », il faut des outils fiables pour pourvoir réellement s’engager !

LA PLACE DES RISQUES EXTRA-FINANCIERS
Pascal Bello,Directeur Général de BMJ Ratings a ensuite donné quelques éléments de mesure et de maîtrise des risques extra-financiers.

BMJ Ratings, créée en 1993 et filiale d’Altares se distingue des autres prestataires du secteur par sa totale indépendance : elle peut ainsi effectuer ses évaluations sans être confrontée à des conflits d'intérêt, qui pourraient nuire à l'objectivité des analyses. BMJ ratings, analyse et produit des résultats dans les domaines extra-financiers, décrits notamment dans le pilier 3 de Bâle II. Partant d’une matière plus difficile à appréhender que les éléments financiers, l’agence entend noter chaque entreprise, via une démarche qui s’apparente à l’audit (la notation sollicitée) plutôt que basée sur l’analyse d’informations publiques, communiquées par l’entreprise. Certes, il y a 15 ans, au moment de sa création, ces informations extra-financières intéressaient peu les banques, assurances ou les autres secteurs, mais aujourd’hui, elles sont très demandées. Nombre d’entreprises (Véolia, Essilor…) et de collectivités (le Finistère, la Région Nord Pas de Calais…) font appel aux services de BMJ Ratings. Parmi ces références, beaucoup sont exposées sur des marchés internationaux complexes (Asie, Amérique du sud…) où chaque société civile suit ses propres règles.

Les données non financières, produites et analysées par BMJ Ratings, concernent : l’environnement naturel de l’entreprise (au sens de Grenelle,dont il sortira des directives à comprendre au plus vite), ses ressources humaines (au sens de la responsabilisation et de la gestion du capital humain), sa fonction commerciale, sa fonction achats, son rapport à la société civile et sa gouvernance. Il est d’autant plus important d’enrichir ces différents domaines, car Bâle II (avec son pilier 3) exige toujours plus de garanties démontrant l’existence d’un pilote dans l’entreprise ! Appréhender toutes les informations pouvant être précurseurs de la défaillance ou de la pérennité de l’entreprise, et de sa performance économique, in fine, devient stratégique.

Chez BMJ Ratings aussi, on préfère parler d’enjeu (avec son volant d’opportunités), plutôt que du seul risque. Les audits opérés auprès des entreprises distinguent en outre ce qui relève de l’existence de l’enjeu et de la façon dont l’entreprise l’appréhende, via des interviews notamment : A-t-elle conscience du risque ? Quels moyens déploie-t-elle pour le traiter ? Obtient-elle des résultats ? L’ensemble permet de mesurer la capacité de l’entreprise à se mouvoir sur son marché, à le subir ou au contraire à en saisir les opportunités.

MISE EN PERSPECTIVE
Thierry Asmar, Directeur Général d’Altares est revenu, en guise de conclusion, sur les enjeux qui sous-tendent la gestion globale des risques, qu’ils soient financiers ou extra financiers.
Premier enjeu : les données, leur nature, leur qualité, leur pertinence, leur véracité mais aussi leur couverture géographique. Se focaliser sur les données est déterminant.
Deuxième enjeu : la maîtrise, via des outils et des savoir-faires spécifiques - qu’ils reposent sur l’analyse financière ou, dans des registres moins formalisés, sur la compréhension des comportements des dirigeants qui se traduiront en résultats financiers. Par exemple, avec BMJ Ratings, Altares vient de développer un outil Internet à destination des collectivités et mairies, pour leur permettre de s’auto évaluer sur des registres extra financiers.
Enfin troisième enjeu : les échanges, car l’ouverture des marchés à l’international crée de nouvelles complexités linguistiques et culturelles. C’est la maîtrise de ces trois enjeux qui permet de transformer les risques en opportunité.

www.altares.fr

Mercredi 12 Décembre 2007
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