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Le prochain coup dans la crise pourrait partir de la Hongrie


La Hongrie remet en cause la stabilité autrichienne. La Hongrie est loin de la périphérie de l’Europe. Mais c’est d’elle que pourrait partir le prochain coup dans la crise.




Le prochain coup dans la crise pourrait partir de la Hongrie
Qu’on les nomme PIIGS, pays Club Med ou, de manière politiquement plus correcte, Europe périphérique: la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne et l’Italie sont au coeur des préoccupations de la crise en Europe. C’est écrit: la Grèce finira par se déclarer en cessation de paiements. Le Portugal et l’Irlande ne lui emboîteront pas nécessairement le pas car ils sont protégés au moins jusqu’à la fin de 2013 par le Fonds européen de stabilité financière (FSF).

La situation se complique cependant pour l’Espagne et l’Italie: la dette souveraine italienne vient d’être dégradée par Standard and Poor’s de A+ à A avec une perspective négative. La Banque centrale européenne (BCE) achète leurs emprunts d’Etat pour faire baisser leurs taux d’intérêt. En plus des pays périphériques, les marchés se méfient aussi de la Belgique, au ratio dette publique/PIB supérieur à 100%, et de la France qui, pour l’instant, n’a que modérément sa dette sous contrôle.

L’Allemagne, les Pays-Bas, la Finlande et l’Autriche sont les seuls pays épargnés par la crise de l’euro. Mais le coup de grâce pourrait venir d’ailleurs: la Hongrie, où les ménages ont souscrit pour environ 4000 milliards de forints (HUF) de prêts hypothécaires et de prêts à la consommation en francs suisses entre 2004 et 2008 pour pouvoir profiter des taux d’intérêt bien plus faibles en Suisse. Aujourd’hui, ces prêts représentent 60% des hypothèques du pays et 16% du PIB hongrois. La Pologne et la Croatie sont confrontées au même fléau, mais pas dans les mêmes proportions.

Le problème des prêts hypothécaires hongrois est que le taux de change CHFHUF est de 240, contre 160 en 2008. La valeur des prêts hypothécaires et des prêts à la consommation libellés en francs a donc augmenté de 50% de concert avec l’appréciation du franc. Les ménages hongrois endettés sont sous pression: quelqu’un a mis trop de paprika dans le goulasch. Pour alléger temporairement leur fardeau, la Hongrie a récemment mis en place un régime de change fixe. Les intérêts sont remboursés au taux de change de 180, soit 25% inférieur au cours actuel du marché. Pour combler l’écart entre taux de change fixe et cours au comptant, les banques émettent des crédits relais qui arriveront à échéance après 2014. A présent, l’Autriche et, dans une moindre mesure, l’Allemagne entrent dans la mêlée.

Ces dix dernières années, les banques de la zone euro se sont ruées sur l’Europe de l’Est. La Banque des règlements internationaux estime qu’environ 80% du secteur bancaire hongrois est aux mains d’établissements étrangers. Sur le nombre, 27% sont autrichiens et 21% allemands. Une grande partie des prêts en francs suisses ont été émis par des banques autrichiennes, moins par les banques allemandes. A supposer qu’une grande partie de l’exposition aux variations de change n’était pas couverte – un impératif, car autrement les taux d’intérêt des prêts en francs n’auraient pas été aussi alléchants –, ces banques étrangères et surtout autrichiennes risquent désormais de voir ces prêts non remboursés. Pour épicer encore plus le plat, le gouvernement hongrois vient de permettre aux emprunteurs qui en ont les moyens de rembourser leur crédit hypothécaire au taux de change favorable de 180 et de laisser les banques assumer la perte par rapport au cours au comptant.

L’Autriche a les capacités de soutenir ses banques si elles sont menacées. Mais si la situation dégénère, les acteurs du marché pourraient voir dans cette contagion une nouvelle preuve de l’aggravation de la crise de la dette et réévaluer la sécurité de la zone euro dans son ensemble.

L’Agefi, quotidien de l’Agence économique et financière à Genève
www.agefi.com

Lundi 3 Octobre 2011
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