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La viabilité budgétaire : un objectif tourné vers le futur


Les pratiques budgétaires en vigueur dans la majorité des pays vont dans le sens du creusement du déficit budgétaire contournant toutes approches orthodoxes de finance saine.




Kamal EL-Oualy
Kamal EL-Oualy
Sans aucun doute, le déficit budgétaire lorsqu’il affiche un niveau élevé devient préoccupant et fait appel aux différents modes de son financement. On fait allusion dans ce sens au seigneuriage, à l’emprunt public et à l’arme fiscale. En effet, pour agir dans l’immédiat, face à la dégradation de la situation économique et à la hausse du chômage, le recours à l’emprunt public constitue une solution facile à manipuler comparativement à la fiscalité. Car, dans un contexte de crise, agir sur les taux d’impôts à la hausse est une option qui nécessite moult négociations. En outre, les pouvoirs publics, pour enrayer le dérapage budgétaire pourraient également recourir à l'élargissement de l'assiette fiscale.

Ceci nous amène à s’interroger sur la neutralité des finances publiques, pour ne pas dire « le rôle fonctionnel du budget », en l’occurrence la doctrine libérale qui prône une immixtion minimum de l’Etat dans la sphère économique. Si le budget de l’Etat n’est plus neutre, c’est-à-dire que les principes keynésiens de relance économique sont toujours d’actualité (multiplicateur budgétaire, multiplicateur fiscal, Etat providence, solidarité sociale, subventions…). Autrement dit, si les dépenses sont loin d’être couvertes par les recettes ceci est synonyme d’un déséquilibre budgétaire qui justifie, entre autres, un financement par l’emprunt. Ce dernier, tolère, à son tour, tout recours éventuel à plus d’impôt pour son remboursement. Suivant cette cadence, se sont les générations futures qui vont payer la facture du service de la dette en termes de principal et en charges d’intérêt.

Or, la mondialisation nous a enseigné que l’économie est loin d’être immunisée de crises récurrentes et partant toute mutation profonde des finances publiques ne devrait pas dissimuler une dose activiste du budget de l’Etat. Ce qui veut dire ni dogmatisme ni règle stricte en matière de gestion des finances publiques mais une gestion transparente des deniers publics. Car, tout effort entrepris dans ce sens se traduirait par un renforcement de la position budgétaire et permettrait de créer un espace budgétaire supplémentaire pour répondre aux priorités de la politique publique.

En somme, la viabilité budgétaire demeure un concept flou tant que l’horizon de sa réalisation reste ouvert. En contrepartie, la notion d’équilibre budgétaire ne vaut rien dire face à une insuffisance de l’épargne notamment dans un contexte de crise et de chômage involontaire.

Dr. Kamal EL-Oualy
Economiste
Kamal.eloualy@yahoo.fr

Lundi 29 Juin 2009
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