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L’impossible gouvernance globale


La vision du monde de Klaus Schwab, le créateur du World Economic Forum, dont la quarantième édition s’est ouverte hier à Davos, s’apparente en somme à un partenariat géant public-privé, à une grande kermesse corporatiste de la collaboration et de l’intégration.




L’impossible gouvernance globale
Les slogans immodestes sur la «reconstruction du monde» et autre platitudes «globales » ont-ils cependant un fondement d’authenticité quant à l’issue des défis mondiaux ? Il est peu probable que ce soit le cas. Les intérêts nationaux, réels ou perçus, demeurent trop divergents, tant dans les pays démocratiques que dans les nombreuses dictatures, pour entrevoir l’émergence d’une gouvernance mondiale. Le plus souvent, ces intérêts sont indissociables de ceux des gangs au pouvoir: dans l’ensemble, seule la moitié de la population mondiale vit aujourd’hui dans des pays qui peuvent être considérés comme libres.

Selon l’indice annuel de Freedom House, publié ce mois, davantage de pays ont connu, pour la quatrième année consécutive, une diminution des libertés civiles et des droits politiques. Les régimes autoritaires de Chine, d’Iran, de Russie ou du Venezuela sont devenus encore plus répressifs en 2009. Dans ces conditions, une gouvernance mondiale reste une illusion. Faut-il le regretter ? L’expérience historique suggère que non. D’une part, les solutions adaptées aux problèmes se développent au mieux de façon non centralisée, par l’essai et l’erreur, et se propagent par l’émulation si elles s’avèrent concluantes: il est illustratif que la plupart des pays les plus prospères sont des petits Etats, voire des villes-Etats. D’autre part, les trente dernières années ont rappelé que la liberté des échanges, là où elle prévaut, est plus susceptible de favoriser la diffusion de moeurs douces et la résolution non conflictuelle de problèmes.

Cette force de la proximité et du commerce n’exclut pas un rayonnement global; elle est la conséquence de la dissémination des connaissances inhérente à un monde infiniment complexe, façonné chaque jour par des milliards de décisions individuelles. Dans un tel contexte, une gouvernance mondiale ne peut rien produire de plus que du tourisme de conférences et des montagnes de papier destinées à la première corbeille.

Edito de Pierre Bessard du jeudi 28 janvier 2010

L’Agefi, quotidien de l’Agence économique et financière à Genève
www.agefi.com

Jeudi 28 Janvier 2010
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