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JP MORGAN AM : Bulletin hebdomadaire du 23 mars 2009


JP MORGAN Asset Management vous propose son bulletin hebdomadaire du 23 mars 2009.




Mieux vaut ne pas jouer au poker avec Ben Bernanke
C'est probablement la leçon de la réunion du FOMC la semaine dernière. La rareté des déclarations des membres de la Fed laissait penser à beaucoup d'investisseurs que, si la banque centrale n'excluait pas d'acheter des emprunts d'Etat, elle préférait de loin investir sur des titres adossés à des prêts hypothécaires (MBS) ou sur la dette des agences gouvernementales pour assurer « l'assouplissement du crédit ». La Fed a créé la surprise en annonçant à l'issue du dernier comité qu'elle achèterait 300Md$ d'emprunts d'Etat sur les six prochains mois dans le cadre de sa politique d'assouplissement monétaire. Le rendement des obligations à 10 ans a chuté à 2,46 %, pour terminer la semaine à 2,61 %.

S'il s'agit d'une évolution significative, ces 300Md$ ne représentent qu'un tiers des nouvelles émissions attendues d’ici six prochains mois et sont sans commune mesure avec le projet de la Banque d'Angleterre d'acheter 750Md£ d'emprunts d'Etat britanniques. Cependant, l'étendue des autres mesures annoncées lors du comité confirme que la Fed se concentre toujours sur le marché hypothécaire. Elle va acheter encore 100Md$ de dette des agences gouvernementales et 750Md$ de plus de MBS, portant le total des achats de MBS à 1 250Md$. La Fed est loin de bluffer, la taille globale du marché des MBS étant estimée à environ 4 000Md$. Nul doute que la Fed est déterminée à faire baisser les coûts de financement et qu'elle achètera plus d'emprunts d'Etat si cela s'avère nécessaire. Ce n'est pas le moment de parier contre la Fed et il est probable que les taux à 10 ans se rapprocheront du seuil des 2 %.

La déflation : le plus grand des deux maux
Le ton du communiqué du FOMC et le recours à une politique d'expansion monétaire agressive suggèrent que, si les investisseurs s'inquiètent toujours des risques inflationnistes (cf la hausse des taux point mort d'inflation implicites et l'appréciation de l'or), la Fed reste préoccupée par la déflation du fait de la hausse des écarts de production.
Elle devrait par conséquent maintenir ses taux d'intérêt à un bas niveau durant « une période prolongée ». De plus, si le communiqué mentionne toujours le fait qu'elle s'attend à « une reprise graduelle et durable de l'activité économique »,
elle ne fait plus allusion à une reprise dès cette année. Bien entendu, la Fed fera tout ce qui est en son pouvoir pour régler le problème, même si les politiciens américains considèrent que la tâche devient de plus en plus difficile.

Réforme de la réglementation britannique - un avant-goût de ce qui nous attend ?
Le Rapport de Turner sur la réforme de la réglementation a été publié la semaine dernière au Royaume-Uni en amont du sommet du G20. Ce sujet est à l'ordre du jour du sommet, mais si le changement - à défaut d'un accroissement - de la réglementation de la finance est inéluctable, parvenir à un consensus international sur cette question ne sera probablement pas de tout
repos. Cependant, libre à nous de rêver d’un accord sur une politique mesurée et coopérative plus jamais nécessaire pour assurer la croissance pérenne de l'économie mondiale. De fait, l'économie reste très affaiblie, et le FMI a revu à la
baisse ses prévisions pour la croissance mondiale en 2009 la semaine dernière.

En janvier, le Fonds anticipait une croissance de 1,2 %. Il prévoit désormais une contraction de -0,5 % à -1 %, la première depuis 62 ans. Etant donné le peu de bonnes nouvelles sur le front des statistiques, espérons que la réforme de la
réglementation ne tuera pas dans l'oeuf la reprise attendue. Nous pouvons espérer que nos dirigeants savent que le protectionnisme ne peut qu'annihiler les chances de reprise, et s'il est populaire de désigner les coupables, souhaitons qu'ils regardent au-delà du plus petit dénominateur commun et qu'ils se mettre d'accord sur les réformes qui bénéficieront à tous sur le long terme.

Une politique de fermeté unanime sur l'économie et la réglementation serait une bonne nouvelle à l'issue de ce sommet - mais c'est malheureusement improbable. Après tout, mettre autour de la table 20 parties, certes intéressées, mais aussi probablement en désaccord, pour bâtir un consensus est aussi difficile que de mettre d'accord tout un groupe d'économistes.

Qui s'en sortira le premier ?
Si l'on peut affirmer que la Chine est probablement le pays le plus avancé dans sa politique de soutien à l'économie, le premier ministre chinois ayant déclaré qu'il continuerait si nécessaire, il est tentant d'affirmer que le Royaume-Uni et les Etats-Unis seront les deux prochains pays à sortir de la récession actuelle, grâce à d’importants moyens budgétaires et monétaires.

Cette réponse risque d'offusquer les puristes, qui considèrent que les banques centrales doivent agir dans l'intérêt des épargnants et non des consommateurs. Mais les politiques adoptées ont été conçues au profit des débiteurs et non des
créanciers. Le recours par la Fed, la Banque d'Angleterre et la Banque Nationale Suisse à une politique d'assouplissement monétaire quantitatif l'illustre bien. Cependant, l'objectif implicite est de stimuler l'expansion monétaire et d'abaisser le taux de rendement des placements monétaires et des comptes à terme afin d'inciter les investisseurs à se tourner vers les actifs risqués. Dans ces conditions, les épargnants ne peuvent qu'être frustrés. Ce sujet sera certainement débattu à l'occasion du G20 la semaine prochaine. La décision de la Fed d'acheter des emprunts d'Etat est probablement loin de faire
l'unanimité. La Chine étant l'un des principaux détenteurs d'emprunts d'Etat américains, la dépréciation de 4,2% la semaine dernière de l'indice DXY représentatif de l'évolution du dollar (une moyenne des six principaux taux de change) risque de déplaire, d'autant que les derniers commentaires du premier ministre chinois ont été sans équivoque. Cela laisse penser que la pression va s'intensifier en faveur d'une dévaluation du renminbi.

Cette semaine
- Etats-Unis : Si la composante des nouvelles commandes de l'ISM s'est bien comportée en février, les commandes de biens durables sont attendues (mercredi) en baisse de 2,4 % sur le mois. Jeudi, le consensus prévoit une révision à la baisse du PIB réel au 4ème trimestre de -6,2 % à -6,6 % par rapport au trimestre précédent en annualisé, compte tenu de stocks et d'une activité de construction revus en baisse.
- Europe : Les premiers résultats instantanés des sondages PMI de la zone Euro sont attendus mardi. Les perspectives du secteur industriel restent mal orientées et l'indice manufacturier est attendu en repli à 33,2, après un nouveau point bas le mois dernier. L'indice des services devrait également ressortir en baisse, car la faiblesse de ce secteur s’aligne sur le secteur manufacturier. Malgré la faiblesse de la livre sterling qui est un facteur inflationniste, l'indice CPI « headline » du Royaume-Uni est attendu en baisse à 2,6 % sur un an en février contre 3 % précédemment. Mercredi, le sondage Ifo allemand devrait se maintenir autour de 82,6, le rebond des anticipations compensant le déclin de la composante des conditions actuelles.
- Japon : Jeudi, les statistiques devraient faire ressortir la stabilité de l'inflation « core » sur un an en février. L'inflation « headline » devrait s'établir à -0,1 % sur un an et pourrait baisser encore davantage cette année.

Document produit par l’équipe Global Multi Asset Group de JPMorgan Asset Management, rédigé par David Shairp et Rekha Sharma.
Les informations contenues dans ce document ont été puisées à des sources considérées comme fiables. JPMorgan Asset Management ne peut cependant en garantir l’exactitude ou l’exhaustivité. Toutes prévisions ou opinions exprimées nous sont propres à la date d’édition de ce document et sont susceptibles de changer à tout moment sans préavis. Ce document ne constitue pas une recommandation à l’achat ou à la vente d’investissements. JPMorgan Asset Management (Europe) S.à.r.l. – Succursale de Paris, au capital social de 10.000.000 euros inscrite au RCS de Paris n°492 956 693. JPMorgan Asset Management est une marque de distribution d’OPCVM agréés ou autorisés à la commercialisation en France par l’AMF.

www.jpmorganassetmanagement.fr

Mercredi 25 Mars 2009
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