Quotidien finance innovation, innovation financière journal
Financial Year with Finyear
 
 
 
 


              

France : point conjoncture CGPME (mai 2013)


Tous les ingrédients de la stagnation à long terme sont réunis. Déjà, la consommation, qui résistait depuis 5 ans au gré, certes, d’effets d’aubaine, montre dorénavant des signes de faiblesse. La baisse du pouvoir d’achat, résultat de l’accroissement du niveau de chômage, a incité les ménages à affiner un peu plus leurs arbitrages : désormais, mises à part les dépenses en énergie et en produits alimentaires, tous les postes sont touchés. L’épargne, quant à elle, sera utilisée pour financer la hausse des prélèvements obligatoires : il ne s’agit, donc, en aucun cas de consommation.




France : point conjoncture CGPME (mai 2013)
Ce comportement se retrouve aussi du côté des entreprises : depuis le deuxième trimestre 2008, le taux d’utilisation des capacités de production est systématiquement inférieur à sa moyenne de longue période. De même, les chefs d’entreprise reportent leurs investissements depuis le dernier trimestre 2011.

Il est de ces records qu’il n’est pas enviable de battre. En avril, le nombre de chômeurs est au plus haut depuis 17 ans et les ménages n’ont jamais été aussi pessimistes quant à leur niveau de vie. A cela s’ajoutent d’autres records : au sein de l’Union européenne à 27, notre pays est celui qui taxe le plus les entreprises et le taux de prélèvements obligatoires est l’un des plus élevés de l’OCDE.

Ainsi, tous les ingrédients de la stagnation à long terme sont réunis. Déjà, la consommation, qui résistait depuis 5 ans au gré, certes, d’effets d’aubaine, montre dorénavant des signes de faiblesse. La baisse du pouvoir d’achat, résultat de l’accroissement du niveau de chômage, a incité les ménages à affiner un peu plus leurs arbitrages : désormais, mises à part les dépenses en énergie et en produits alimentaires, tous les postes sont touchés. L’épargne, quant à elle, sera utilisée pour financer la hausse des prélèvements obligatoires : il ne s’agit, donc, en aucun cas de consommation.
Ce comportement se retrouve aussi du côté des entreprises : depuis le deuxième trimestre 2008, le taux d’utilisation des capacités de production est systématiquement inférieur à sa moyenne de longue période. De même, les chefs d’entreprise reportent leurs investissements depuis le dernier trimestre 2011.

A l’heure où la France a obtenu un sursis de la part de Bruxelles en matière de déficit budgétaire, la question qui occupe l’esprit de la plupart des Français est la suivante : quel cap faut-il tenir maintenant ? La France a besoin d’être réformée en profondeur et il faut profiter de ce répit européen pour mettre en place de nouvelles réformes structurelles. Plus que l’atteinte d’un quelconque chiffre, c’est à cette condition que la politique économique de notre pays sera crédible.

France : point conjoncture CGPME (mai 2013)

La récession inaugure l’année 2013

Au premier trimestre 2013, le PIB s’est replié de 0,2 %, tout comme au quatrième trimestre 2012 : ces deux trimestres consécutifs de recul marquent officiellement l’entrée de notre pays en récession. Quasiment toutes les composantes de la croissance sont en baisse au premier trimestre: la consommation des ménages s’est repliée de 0,1 % (après deux trimestres de stagnation) tandis que l’investissement des entreprises fléchit pour le cinquième trimestre (-0,9% après -0,8 %). Le commerce extérieur a également pesé sur la croissance (-0,2 % après +0,2 % au dernier trimestre 2012). Ainsi, l’INSEE évalue à -0,3 % le recul du PIB pour l’ensemble de l’année 2013. La Commission européenne et le FMI estiment que la croissance française sera plutôt de -0,1 %. Le Gouvernement maintient, quant à lui, sa prévision de croissance (+0,1 % en 2013)

Hausse du déficit budgétaire

Fin mars, le déficit budgétaire s’élève à 31 milliards d’euros (+5,5% par rapport à la même date en 2012). Les dépenses ont augmenté de 3,5 % sur 12 mois et atteignent 90,248 milliards d’euros : elles ont été affectées par l’augmentation de capital de la Banque Européenne d’Investissement (BEI). Ainsi, mise à part cette augmentation de capital, les dépenses s’établissent à 88,6 milliards d’euros.

Parallèlement, les recettes budgétaires s’élèvent à 69,6 milliards d’euros soit une hausse de 2,2 % sur un an principalement due aux encaissements de l’impôt sur les sociétés (+16,7 %) et de l’impôt sur le revenu (+9,3 %).

Hausse du déficit extérieur au premier trimestre 2013

Le déficit du commerce extérieur s’est accru de 3% au cours du premier trimestre 2013 et atteint 15,883 milliards d’euros cumulés à la fin mars. La baisse des exportations s’est amplifiée (-2,3 % après -1,2 % au dernier trimestre 2012) du fait, notamment d’un nouveau repli des livraisons aéronautiques et spatiales. Les importations reculent, également, pour le troisième trimestre consécutif : ce recul s’intensifie au fil des trimestres (-1,7 % au premier trimestre 2013 contre -0,7 % au troisième trimestre 2012), montrant les faiblesses de la consommation nationale.

Baisse des prix en avril

En avril, les prix ont baissé de 0,1 % après une hausse de 0,8 % en mars. Les prix de l’énergie diminuent de 1,1 % sous l’effet de la forte baisse du prix des produits pétroliers (-1,7 %). La progression annuelle de l’indice des prix continue de ralentir depuis le mois d’août 2012 (+0,7 % après +1 % en mars, contre +2,1 % en août 2012).

Ménages

En avril la confiance des ménages se stabilise à un niveau bas : l’indicateur correspondant est inférieur de 16 points à sa moyenne de longue période. Les ménages sont toujours très nombreux à estimer que le chômage continuera de s’accroître au cours des prochains mois : le solde d’opinion est supérieur de 42 points à sa moyenne.

En avril, le nombre de personnes inscrites à Pole emploi en catégorie A, B, C, s’est de nouveau accru et ce, pour le 29ème mois consécutif. Il atteint désormais 4,711 millions de personnes, soit une hausse de 0,7 % sur un mois et de 9,8 % sur un an. Ce niveau record n’avait pas été atteint depuis mars 1999. La seule catégorie A compte 68 % des effectifs c'est-à-dire 3,2246 millions de personnes (+1,2 % sur un mois après +0,6 % en mars ; +11,5 % sur un an). Ce niveau est également le plus élevé depuis que la statistique a été mise en place en 1996.

Par ailleurs, les ménages n’ont jamais été aussi pessimistes quant à leur niveau de vie qu’il soit passé ou à venir : les indicateurs correspondants s’établissent, respectivement, à 33 points et 39 points en dessous de leur moyenne de longue période. Ainsi, les ménages sont encore très nombreux à considérer que le moment n’est pas opportun pour effectuer des achats importants (le solde d’opinion est inférieur de 15 points à sa moyenne).

L’arbitrage des consommateurs est donc de plus en plus fin : en mars, les dépenses totales de consommation des ménages ont augmenté de 1,2 % (contre -0,3 % en février) essentiellement soutenues par la hausse, ininterrompue depuis trois mois, des dépenses en énergie. Ces dernières se sont accrues de 2,8 % en un mois (après +1,2 % en février ; +11,2 % sur un an) sous l’effet de la baisse des températures. Les achats de biens fabriqués reculent pour le troisième mois consécutif (-0,5 % en mars après -0,6 % en février ; -3,2 % sur un an). En outre, au cours du premier trimestre 2013, les dépenses totales de consommation sont quasiment stables (-0,1 %) malgré le rebond des dépenses en énergie (+5 % après +0,4 % au dernier trimestre 2012) : les achats de biens manufacturés reculent de 0,9 % (après +0,1 %) du fait de la chute des dépenses dans le secteur automobile (-5,8 % après 0 % au dernier trimestre).

Entreprises

En avril, le climat des affaires se détériore de nouveau. L’indicateur perd deux points pour s’établir 16 points en dessous de son niveau de longue période, niveau qui n’a pas été atteint depuis plus de 20 mois.
Parallèlement, 60 995 défaillances d’entreprises ont été dénombrées en février 2013 : si ce chiffre a tendance à diminuer depuis décembre 2012, il se situe à son plus haut niveau depuis octobre 2010. En outre, la hausse continue des défaillances d’ETI et de grandes entreprises (+16,4 % sur un an) est préoccupante : à terme, elle affectera l’activité des PME et retardera la reprise.

Par ailleurs, l’offre de crédit aux entreprises non financières stagne : en mars le taux de croissance trimestriel s’est élevé à +0,04 % (après +0,2 % sur trois mois en février). Les encours de crédit s’élèvent ainsi à 818 milliards d’euros. Cette stagnation provient, notamment, du ralentissement de la croissance des crédits à l’investissement (+0,3 % sur trois mois en mars après +0,8 en février, soit 561 milliards d’euros). Parallèlement, la régression des encours de crédits de trésorerie se poursuit pour le 16ème mois consécutif : en mars, le taux de croissance sur trois mois atteint -1 % (après -1,8 % en février) portant à 176 milliards d’euros les encours de cette catégorie de crédit.

Par conséquent, étant donné que les perspectives d’activité ne sont pas favorables à l’activité et ce, dans tous les secteurs, les entrepreneurs ont de nouveau reporté leurs projets d’investissement au cours du premier trimestre (-0,8 % après -0,7 % fin 2012). Ainsi, l’investissement des entreprises se replie pour le cinquième trimestre consécutif : il est retombé au même niveau qu’au deuxième trimestre 2010.

L’industrie

En avril, le climat des affaires se dégrade dans l’industrie : l’indicateur diminue de 3 points et s’établit 12 points en dessous de sa moyenne de longue période.

Les industriels estiment que les carnets de commandes se sont dégarnis ces derniers mois : l’indicateur correspondant n’a pas été aussi bas depuis mars 2010. La demande globale s’est, en effet, repliée au cours du premier trimestre 2013, même si on note une légère amélioration de la demande étrangère. Toutefois, les soldes correspondants demeurent inférieurs, respectivement, de 22 et 18 points à leurs moyennes de longue période.

Le chiffre d’affaires dans l’ensemble de l’industrie, s’est très légèrement accru de 0,3 % au cours des trois derniers mois. Cette hausse du chiffre d’affaires trimestriel est la première observée depuis novembre 2012. De même, le chiffre d’affaires de l’industrie manufacturière est quasiment stable en février (+0,1 % sur trois mois). A contrario, le chiffre d’affaires à l’export continue de se replier pour le quatrième mois consécutif (-2 % sur trois mois).

Pour le trimestre à venir, les chefs d’entreprise anticipent une légère amélioration de la demande adressée au secteur. Toutefois, étant donné que les stocks se sont accumulés, la production s’est repliée en mars (-0,9 % dans l’ensemble de l’industrie, -1% dans la seule industrie manufacturière). Au cours du premier trimestre 2013, tous les secteurs, excepté celui de la cokéfaction-raffinage, ont réduit leur activité. Deux secteurs ont sensiblement restreint la production : il s’agit de l’industrie agro-alimentaire (-2,1 % au premier trimestre 2013 contre +0,2 % au quatrième trimestre 2012) ainsi que de la fabrication de matériels de transport (-2,4 % au premier trimestre 2013 après -5,9 % au quatrième trimestre 2012).

Par conséquent, les perspectives générales de production continuent de se détériorer : l’indicateur correspondant se contracte pour le quatrième mois consécutif et se situe, désormais, 40 points en dessous de sa moyenne.

Le commerce

En avril, le climat des affaires se détériore : l’indicateur correspondant baisse de 3 points et se situe désormais 15 points en dessous de sa moyenne de longue période. Il n’avait pas été aussi bas depuis juin 2009.

Les ventes au cours de ces derniers mois ont de nouveau été perçues en nette baisse. Le chiffre d’affaires dans le commerce et la réparation d’autos et de motos se dégrade depuis septembre 2012. Au cours des trois derniers mois, cette tendance s’est, néanmoins, stabilisée (-0,1 %). De même, le chiffre d’affaires dans le commerce de détail hors autos et motos est quasiment stable depuis septembre 2012 (-0,1 % au cours des trois derniers mois). En revanche, celui réalisé dans le commerce de gros hors autos et motos a rebondi au cours des trois derniers mois (+0,6 %).

Ainsi, les stocks se sont regarnis et les chefs d’entreprises réduisent les commandes auprès de leurs fournisseurs. Pour les mois à venir, les commerçants anticipent une nouvelle détérioration des ventes. Les perspectives générales d’activité sont au plus bas depuis avril 2009.

Les services

En avril, le climat des affaires continue de se dégrader dans les services : l’indicateur correspondant perd 1 point et se situe 17 points en dessous de sa moyenne.

L’activité de ces derniers mois a été stable selon les chefs d’entreprise, mais elle demeure mal orientée. Le chiffre d’affaires réalisé dans le secteur de l’hébergement-restauration se replie depuis le mois de novembre : au cours des trois derniers mois, la baisse atteint 1,8 %. Celui réalisé dans les services aux ménages est quasiment stable depuis août 2012 (+0,3 % calculé sur trois mois). A contrario, les chiffres d’affaires des secteurs du soutien aux entreprises et des activités immobilières augmentent de depuis septembre 2012 (respectivement +1,2 % et +1,5 % sur trois mois).

Pour les prochains mois, les chefs d’entreprises estiment que la demande demeurera mal orientée : les perspectives générales d’activité reculent pour le cinquième mois consécutif dans le secteur.

Source : CGPME

Jeudi 13 Juin 2013
Notez




Nouveau commentaire :
Twitter

Your email address will not be published. Required fields are marked *
Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *



Recevez la newsletter quotidienne


évènements


Lettres métiers


Livres Blancs