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France : 3 questions sur le partage de la valeur ajoutée


Le présent flash s’interroge sur le partage de la valeur ajoutée en France, avec trois éclairages sur les principaux indicateurs en la matière.




1. Quel partage de la valeur ajoutée depuis plus d’un demi-siècle ?

Depuis plus d’un demi-siècle, la valeur ajoutée des sociétés non financières (SNF) se ventile en approximativement deux tiers de rémunération du travail et un tiers de rémunération du capital (1). L’évolution du partage a logiquement suivi celle de la conjoncture : ainsi, le premier choc pétrolier en 1973 a poussé à la hausse la part des salaires (alors indexés sur les prix), qui a atteint un point haut en 1982 (73,3 %). Les politiques de désindexation salariale et le contre-choc pétrolier ont eu l’effet inverse : le point haut des profits a été atteint en 1998 (37,4 %). Si les variations ont ensuite été relativement faibles jusqu’en 2007, la chronique depuis est celle d’une dégradation de 4 points de la part des profits (en 2014, la part des salaires était au plus haut depuis 1986). Ceci s’explique clairement par les effets de la conjoncture économique : lors d’une récession, les profits (- 10,2 % en 2009) baissent plus que les salaires (- 1,2 %). Par ailleurs, l’excédent brut d’exploitation (EBE) reste sur trois années de repli (- 1,2 % en moyenne) quand la masse salariale progressait elle de 1,6 % en moyenne.

2. Comment expliquer la chute du taux de marge depuis 2007 ?

Entre 2007 et 2014, le taux de marge (qui rapporte l’EBE à la valeur ajoutée) des SNF est passé de 33,5 % à 29,4 %. S’il est très fruste, cet indicateur fait office de référence lors des discussions macroéconomiques sur la profitabilité des entreprises. Dans sa décomposition du taux de marge des SNF, l’INSEE retient usuellement cinq facteurs explicatifs (sens de l’évolution entre parenthèses) : les gains de productivité (+), le salaire par tête réel (-), le taux de cotisation employeur (-), le ratio du prix de la valeur ajoutée et du prix de la consommation (+, on parle également à son propos de « termes de l’échange ») et une catégorie résiduelle « autres facteurs ». En pratique, l’écart entre les deux premiers facteurs détermine largement l’évolution du taux de marge : ainsi, entre le point haut du T3 2007 (33,7 %) et le point bas du T2 2014 (29,2 %), la baisse de 4,4 points tient pour + 1,3 point à l’évolution de la productivité et à - 4,5 points à celle du salaire.

Il est à noter la chute de la productivité courant 2008 et 2009 (cas typique où la contraction de l’activité réduit la productivité, car l’emploi baisse moins que la production). Les deux autres principaux facteurs explicatifs ont joué négativement sur la variation du taux de marge (- 0,9 point pour le ratio du prix de la VA/prix à la consommation et - 0,5 point pour le taux de cotisation employeur). S’agissant des termes de l’échange, leur sensibilité aux variations des prix énergétiques fait qu’ils contribuent positivement lorsque ces derniers baissent et, à l’inverse, négativement lorsqu’ils augmentent.

3. Quelle utilisation du profit par les sociétés non financières ?

En comptabilité nationale, le profit brut (EBE) se répartit en cinq usages : le plus important est l’épargne (59 % en 2014), qui correspond au revenu qui reste disponible pour l’autofinancement des investissements ou l’alimentation de la trésorerie. La rémunération des créanciers et des actionnaires, d’une part, et les impôts et autres éléments, d’autre part, représentent chacun 20 %. D’un point de vue historique, il est à noter les fortes variations des intérêts versés, en lien avec les fluctuations des taux d’intérêt, ainsi que la montée en puissance des bénéfices nets distribués même si leur part a reculé depuis le point haut de 2009.

Débat récurrent, le partage de la valeur ajoutée des SNF est marqué sur la période récente par une déformation qui s’est opérée au détriment de la rémunération du capital (et non du travail) avec, en particulier, une nette baisse du taux de marge. Si cette dernière semble interrompue grâce à l’amélioration de la conjoncture et aux mesures de réduction des prélèvements, le chemin du redressement sera sans doute long compte tenu de l’ampleur du choc récessif initial.

(1) La part des « salaires » rapporte à la valeur ajoutée les agrégats D11 (salaires et traitements bruts) et D12 (cotisations sociales). La part des « profits » rapporte à la valeur ajoutée les agrégats B2 (excédent brut d’exploitation), D29 (impôts sur la production) et D39 (autres subventions sur la production). Pour mémoire, la valeur ajoutée des SNF représentait 56 % de la valeur ajoutée totale en 2014.

Jeudi 18 juin 2015
FLASH ECO
« Analyse à caractère économique ne constituant pas une prise de position. Liste complète disponible sur www.afep.com »

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TAUX D'INTERET LEGAL & TAUX INTERBANCAIRES

L'ordonnance du 20 août 2014 (n°2014-947) a introduit deux taux différents, l'un s'appliquant aux créanciers personnes physiques n'agissant pas pour des besoins professionnels, l'autre "pour tous les autres cas".

Le gouvernement a également instauré un calcul semestriel du taux légal calculé "en fonction du taux directeur de la Banque centrale européenne sur les opérations principales de refinancement et des taux pratiqués par les établissements de crédit et les sociétés de financement".

Comme prévu par l'article 2 de l'ordonnance du 20 août 2014, les deux nouveaux taux ont été fixés par arrêté pour leur entrée en vigueur dès le 1er janvier 2015.

L'arrêté du 23 décembre 2014 publié au JO le 27 décembre 2014 indique ainsi que :
"Pour le premier semestre 2015, le taux de l'intérêt légal est fixé :
1° Pour les créances des personnes physiques n'agissant pas pour des besoins professionnels : à 4,06% ;
2° Pour tous les autres cas : à 0,93%."


Rappelons que :
- En 2014, il était de 0,04%
- En 2013, il était de 0,04%
- En 2012, il était de 0,71%
- En 2011, il était de 0,38%
- En 2010, il était de 0,65%
- En 2009, il était de 3,79%
- En 2008, il était de 3,99%
- En 2007, il était de 2,95 %

Lisez notre article "Taux d'intérêt légal et taux interbancaires (définitions et historiques)" en suivant ce lien


Taux quotidiens (Mise à jour quotidienne, tableau fourni par la Banque de France)
+
Moyennes mensuelles (Mise à jour mensuelle, tableau fourni par la Banque de France)
* Moyennes calculées avec le nombre de jours calendaires du mois





Notes :

- Euro Overnight Index Average (EONIA) : taux calculé par la BCE et diffusé par la FBE (Fédération Bancaire de l'Union Européenne). Il résulte de la moyenne pondérée de toutes les transactions au jour le jour de prêts non garantis réalisées par les banques retenues pour le calcul de l'euribor.

- Euro Interbank Offered Rate (EURIBOR) : taux interbancaire offert entre banques de meilleures signatures pour la rémunération de dépôts dans la zone euro. Il est calculé en effectuant une moyenne quotidienne des taux prêteurs sur 13 échéances communiqués par un échantillon de 57 établissements bancaires les plus actifs de la zone Euro. Il est calculé sur la base de 360 jours et est diffusé à 11h le matin si au moins 50% des établissements constituant l'échantillon ont effectivement fourni une contribution. La moyenne est effectuée après élimination des 15% de cotation extrêmes (le nombre éliminé est toujours arrondi) et exprimée avec trois décimales.

Tableaux et historiques des TAUX D'INTERET DU MARCHE INTERBANCAIRE DE LA ZONE EURO édités par la Banque de France

Taux de référence des bons du Trésor et OAT

Taux quotidiens (Mise à jour quotidienne, tableau fourni par la Banque de France)
+
Moyennes mensuelles (Mise à jour mensuelle, tableau fourni par la Banque de France)
* Moyennes calculées avec le nombre de jours calendaires du mois

Tableaux et historiques des taux de référence des bons du Trésor et OAT édités par la Banque de France




INDICES OBLIGATAIRES

Indices Quotidiens TEC-N (Mise à jour quotidienne, tableau fourni par la Banque de France)

Description : L’indice quotidien CNO-TEC n, Taux de l’Echéance Constante n ans, pour n variant de 1 à 30, est le taux de rendement actuariel d’une valeur du Trésor fictive dont la durée de vie serait à chaque instant égale à n années.

Ce taux est obtenu par interpolation linéaire entre les taux de rendement actuariels annuels des 2 valeurs du Trésor qui encadrent au plus proche la maturité n.

Les historiques, réunis en un seul fichier, sont accessibles ici sur le site de la Banque de France.


Indices Hebdomadaires (Mise à jour hebdomadaire, tableau fourni par la Banque de France)

Notice : (description et calcul)
THO : Taux hebdomadaire du marché primaire des émissions à plus de 7 ans (TEC 10 +0,25%)
THE : Taux hebdomadaire des emprunts d'Etat ayant une échéance de plus de 7 ans (TEC 10 +0,05%)
FELT : Rendement secondaire des emprunts d'Etat à plus de 7 ans (TEC 10 +0,05%)
FECT : Rendement secondaire des emprunts d'Etat entre 3 et 7 ans (TEC 5 +0,05%)
PRLT : Rendement secondaire des emprunts du secteur privé à plus de 7 ans (TEC 10 +0,25%)
PUCT : Rendement secondaire des emprunts du secteur public de 3 à 7 ans (TEC 5 +0,25%)
PULT : Rendement secondaire des emprunts du secteur public à plus de 7 ans (TEC 10 +0,25%)

Les historiques, réunis en un seul fichier, sont accessibles ici sur le site de la Banque de France.


Indices mensuels (Mise à jour mensuelle, tableau fourni par la Banque de France)

Description :
TMO : Moyenne arithmétique des THO du mois
TMB : Moyenne arithmétique des THB du mois ( THB = Taux Hebdomadaire d'adjudication des Bons du trésor à 13 semaines)
TME : Moyenne arithmétique des THE du mois

Les historiques, réunis en un seul fichier, sont accessibles ici sur le site de la Banque de France.

Tableaux et historiques des INDICES OBLIGATAIRES édités par la Banque de France


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Mercredi 24 Juin 2015
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