Quotidien finance innovation, innovation financière journal
Financial Year with Finyear
 
 
 
 


              

France : 10ème édition du Baromètre Expectra des salaires cadres.


Rémunération des cadres en 2012 : prudence et maîtrise des coûts




France : 10ème édition du Baromètre Expectra des salaires cadres.
Pour la dixième année consécutive, Expectra, leader français de l’intérim spécialisé et du recrutement cadres et agents de maîtrise, passe à la loupe les évolutions des salaires des cadres. La particularité de cette enquête entre toutes : s’appuyer non sur des éléments « déclarés », mais sur les salaires réels, extraits de 78 000 fiches de paie éditées par Expectra au sein de grands groupes et de PME, en Ile-de-France et en province.

A l’heure où les prévisions de croissance restent atones et où l’emploi devient source d’inquiétude majeure dans l’opinion publique, la tendance 2012 pour les salaires des cadres (+2,4%) demeure haussière, mais la prudence s’impose alors que le marché a continué de se tendre ces dernières semaines.

La province affiche une hausse globale plus forte (+2,7%) que l’Ile-de-France (+1,7%) et les contrastes d’une région à l’autre sont de plus en plus marqués. Une enquête, réalisée en partenariat avec Viadeo, enrichit le baromètre sur les compléments de salaire : elle montre comment la part variable devient une composante à part entière dans la rémunération, ce qui génère des attentes fortes pour 2013.

« Les politiques salariales demeurent dynamiques mais prudentes. La hausse des salaires cadres en 2012 (+ 2,4%) sera plus modérée que l’an passé (+2,9%), car dans un marché du recrutement atone, les décideurs cherchent à améliorer leur productivité et à fidéliser leurs talents. Autre grand enseignement de l’étude cette année : les tendances globales – par secteur ou par zone géographique – s’estompent au profit de micro-niches en ligne avec les besoins inégaux du marché », déclare Didier Gaillard, Directeur Général d’Expectra.

Salaires 2012 : une hausse moins forte que l’an passé

Alors que 2011 avait marqué un tournant avec une hausse des salaires cadres de 2,9% après deux années de baisses consécutive, avec -1,6 % en 2009 et -1,9 % en 2010, 2012 conserve une tendance haussière, mais prudente, avec une hausse de 2,4%. Avec une prévision de croissance du PIB proche du zéro pour 2012, une visibilité très faible pour 2013 et une consommation des ménages en léger repli, l’économie française présente une conjoncture instable et atone. En 2012, la production industrielle devrait se stabiliser autour de -0,8% par rapport à 2011, alors qu’elle affichait une croissance de +3,2% en 2011 par rapport à 2010. Une note positive dans ce contexte : la parité Euros/Dollars continue de baisser à 1,23 contre 1,39 en 2011, ce qui favorise les exportations en dehors de la zone Euro.

En réalité, en matière de recrutement, nous faisons face à un marché à deux vitesses : d’une part, des secteurs qui affichent une belle résistance (aéronautique, informatique et télécoms, R&D, conseil et gestion des entreprises, assurance), de l’autre, des secteurs qui affichent des perspectives plus moroses (distribution, communication, médias …).

A noter enfin, l’étude montre que, en 2012, les salaires n’ont pas augmenté dans les mêmes proportions selon la taille des entreprises : + 2,7% pour les grands groupes et +2,1% pour les PME.

Les meilleures progressions de salaire au plan national

France : 10ème édition du Baromètre Expectra des salaires cadres.

« Les principales préoccupations des entreprises face à la conjoncture résident dans la maîtrise des coûts, l’optimisation de la compétitivité et la bonne gestion des comptes de trésorerie. Une politique qui laisse peu de marge de manoeuvre aux dirigeants. Plus que jamais, c’est sur la rémunération variable que la différence se fait et la pénurie des compétences n’est plus nécessairement synonyme de hausse de salaire » analyse Emmanuel Chauvin, responsable des Etudes Expectra.

Les secteurs à la loupe

Comptabilité & finance

La filière affiche la plus belle augmentation cette année : +4,1% par rapport à 2011.
La crise exerce une forte pression sur les besoins de trésorerie et de financement à court et moyen terme. Une situation qui profite pleinement aux comptables, avec des hausses de salaires de respectivement +9% pour le comptable client, + 4,9% pour le comptable fournisseur et + 3,8% pour le comptable général. Le nombre de missions augmentent également (entre +10 et +20%). In fine, le responsable comptable affiche la plus forte dynamique : il voit sa rémunération augmenter de +6% et ses recrutements bondir de +30%, selon les chiffres Expectra.
Autre bénéficiaire de la conjoncture, le contrôleur de gestion avec une plus-value de +3,2% sur son salaire, car si les flux de trésorerie sont bien maîtrisés, encore faut-il veiller à améliorer les performances financières et opérationnelles. Le secteur banque & assurance, lui, peine à se remettre de la crise. A noter toutefois quelques exceptions, comme les rédacteurs assurance ou les gestionnaires OPCVM dont l’activité résiste malgré les turpitudes de la bourse (+4,5% de recrutements). Les entreprises recrutent des profils aux compétences plus pointues et plus spécialisées, notamment pour les nouveaux outils d’analyse et de reporting. Selon l’enquête réalisée en collaboration avec Viadeo, près de 70% des comptables et financiers estiment que leur salaire est au niveau du marché et plus de 2 professionnels sur 3 imaginent que cette hausse va se poursuivre l’an prochain. La rémunération variable devient un outil à part entière pour fidéliser les collaborateurs. Ainsi, en 2012, 72,4% des professionnels déclarent avoir profité d’une part variable comprise entre 6 et 15%.

Ingénierie & Industries
Les salaires s’établissent en hausse de + 2,7 % en moyenne sur cette filière qui profite encore un peu du fort rebond de l’an passé (+3,3%).
Le responsable logistique affiche la plus forte hausse des rémunérations : +6,3% par rapport à 2011. Il tire profit de l’impérieuse nécessité pour les entreprises aujourd’hui de maîtriser leurs coûts et la supply chain participe pleinement à cet objectif. En R&D, les investissements restent sur une tendance haussière (+6%), mais inférieurs à l’an passé (+11%). Le salaire des chefs de projet augmente de +5,6% en 2012 et, selon les chiffres Expectra, les offres de missions sont multipliées par deux par rapport à 2011. La rémunération des ingénieurs process augmente également fortement : +5,3%. Dans la même logique, l’enquête Viadeo montre que l’optimisme est de mise chez les ingénieurs de l’industrie : seulement 22% d’entre eux anticipent un gel de leur rémunération l’an prochain. Côté complément de salaire, tous ne sont pas logés à la même enseigne : ceux qui affichent 2 à 5 ans d’expérience sont ainsi particulièrement choyés car plus de 80% d’entre eux déclarent percevoir une rétribution supplémentaire, au détriment des plus jeunes et des plus âgés. Chez les plus jeunes, 3 sur 4 annoncent avoir reçu une part variable cette année, mais ce sont les « plus de 10 ans d’expérience » qui perçoivent les plus fortes part variable et les équipements de travail ad-hoc (ordinateur et téléphone portable).

Commercial & Marketing
Au global, la hausse des salaires dans ce secteur restera modérée en 2012 : + 2,1%, contre 4,9% l’an passé.
La culture du résultat s’impose et c’est sur la part du variable que reposent les opportunités d’évolutions de salaires. L’enquête Viadeo révèle que les fonction commerciales et marketing sont les championnes de la part variable (80%) et ce sont les 40-49 ans qui en profitent le plus (90%). Les ingénieurs d’affaires tirent bien leur épingle du jeu : leur salaire augmente de +3,9% par rapport à 2011.
La recherche d’activité en dehors des frontières de la France et de l’Europe dope l’activité des responsables et assistants export : le nombre de missions augmente de +30% mais leur rémunération ne bénéficie pas d’une plus-value cette année. Les missions continuent à affluer en quantité pour ces métiers du commercial, le e-commerce en particulier, et notamment les responsables et directeurs, dont le nombre de mission double par rapport en 2011, selon les chiffres Expectra. Côté marketing, le digital est à l’honneur et les métiers du web ont la cote. Le nombre d’offres de missions augmente sensiblement en 2012 pour les community managers et les chargés d’études marketing. L’innovation et le foisonnement des applications mobiles et des campagnes web exigent le recrutement de compétences très pointues et récentes de chefs de projet webmarketing.

RH & Juridique
Le secteur affiche une hausse plutôt faible de +1,1%, contre 5,4% l’an passé.
Dans les ressources humaines, la conjoncture économique influence la politique de recrutement sur trois plans : au plan des relations sociales dans l’entreprise, de la Gestion Prévisionnelle des Emplois et Carrière (GPEC) et des politiques de rémunération pour attirer et fidéliser les talents. La gestion de ces problématiques profite aux responsables de ressources humaines qui voient leur salaire augmenter de +6,9% cette année et bénéficient d’une augmentation du nombre d’embauches de +4%. Par ailleurs, dans ce contexte de crise européenne, beaucoup d’entreprises vont chercher la croissance en dehors des frontières de l’Europe, ce qui impacte les services juridiques et les activités du droit des affaires. Avec une augmentation de +4,1% cette année, le juriste du droit des affaires tire directement profit de cette situation. D’autres spécialités du droit – social et fiscal notamment - connaissent également une certaine dynamique : les embauches y ont été deux fois plus nombreuses que l’an passé, selon les chiffres Expectra. L’année 2012 est également marquée par un bon maintien du niveau de recrutement des managers juridiques, en lien avec les restructurations initiées ces trois dernières années.

Informatique et Télécoms
Le cru 2012 est dans la lignée de 2011 (+0,4%) avec une augmentation moyenne est de +0,6%, soit la plus faible hausse toutes filières confondues.
Un paradoxe quand on connaît la pénurie structurelle d’ingénieurs informatiques et télécoms et les prévisions de recrutement qui devraient rester stables cette année (40 000 postes). En matière de rémunération, les marges de manoeuvre des SSII – dont l’activité influence fortement le marché - sont étroites car le prix des prestations stagne voire régresse. La croissance sur le secteur IT passe de +3,6% en 2011 à +1,2% en 2012 (source : Syntec numérique). Dopées par le cloud computing, les fonctions réseaux et exploitation sont de plus en plus demandées. Les opportunités d’embauche demeurent importantes cette année pour les ingénieurs développement et les analystes programmeurs, respectivement +13% et +50% d’offres de recrutement cette année. Pour autant, ce paramètre n’a pas de répercussion sur les salaires. Côté rémunération variable, selon l’enquête réalisée en collaboration avec Viadeo, les professionnels en IT et Télécoms sont les plus mal lotis : 63,3% d’entre eux déclarent percevoir un variable ce qui reste en dessous de la moyenne nationale (70,3%). Par ailleurs, cette part variable reste modeste car inférieure à 5% pour près d’un bénéficiaire sur deux.

Les meilleures progressions en région
Comme l’an passé, l’Ile-de-France affiche une augmentation inférieure à celle la province : +1,7%, contre 2,7%.
- En région parisienne, les centres de recherches et développement situés en région parisienne soignent particulièrement leurs ingénieurs et techniciens. Ainsi, les techniciens de maintenance en électromécanique et les chefs de projets voient leur rémunération augmenter de respectivement +11,3% et +8%. Les fonctions comptabilité et finance y sont également bien loties car les sièges sociaux des sociétés nationales et internationales encouragent le développement de l’activité, tout particulièrement lorsque les situations financières se tendent. Cela explique la satisfaction élevée de ces fonctions dont 74% estiment que leur rémunération est au niveau du marché selon l’étude Viadeo.
- La région Nord n’a pas encore remonté la pente. Les augmentations restent faibles par rapport aux autres régions et concernent des profils ETAM pour l’essentiel. Comme l’an dernier, le technicien hotline bénéficie de la plus forte augmentation (+7,5%) de son revenu. La région reste accueillante pour les fonctions de la logistique, des achats, de la production industrielle et de la R&D.
- Dans le Nord-Est, le secteur industriel résiste aux intempéries. Les commerciaux notamment, dépassent leurs objectifs ; ils affichent donc de fortes augmentations et bénéficient pour 92% d’entre eux selon l’enquête Viadeo d’une belle part variable. Par ailleurs, la région est particulièrement propice pour les métiers du BTP ; ainsi les dessinateurs du BTP profitent de la plus forte évolution de salaire : +8,5%.
- La région Nord-Ouest, plutôt dynamique ces dernières années, semble marquer le pas. L’ingénierie et les métiers IT et Télécoms offrent cependant toujours de belles rémunérations. Ainsi, l’ingénieur méthode trouve dans cette région une rémunération bien supérieure (+15,2%) à la moyenne nationale et un chef de projet maîtrise d’oeuvre y glane la meilleure hausse de salaire (+9%), comme l’an dernier.
- Portée par l’aéronautique, la région Sud-Ouest poursuit sa croissance : les fonctions de l’ingénierie ont le vent en poupe, en particulier les ingénieurs process dont le salaire augmente fortement. Les entreprises font la part belle aux augmentations de salaire des responsables de service, dont les rémunérations sont en moyenne plus élevées que la moyenne en province ou la moyenne nationale.
- Les entreprises de la région PACA poursuivent l’effort entamé l’an dernier pour valoriser les fonctions commerciales. Le chargé d’affaires bénéficie cette année encore d’une forte hausse de salaire (+12,9%), de même que l’assistant commercial (+10%). L’informatique, très présent dans la région avec le pôle de compétitivité SCS (Solutions Communicantes Sécurisées) privilégie les développeurs (8,4%) et les techniciens réseaux (8%).
- En Rhône-Alpes, le dynamisme de la région se retrouve dans de nombreux secteurs : ressources humaines, comptabilité, commercial, informatique ou industrie. Ainsi, le responsable Ressources Humaines voit sa rémunération augmenter de 11,7% en 2012, avec un salaire médian supérieur à celui de province (47 400 euros contre 46 000 euros). D’après Viadeo, les commerciaux sont particulièrement satisfaits de leur sort et 82% d’entre eux estiment leur salaire au niveau du marché.

La part variable : une composante clé du salaire
La pénurie de compétences sur certains métiers perdure malgré les crises. Pour autant, qui dit « métier en tension » ne dit pas nécessairement « hausse de salaires ». La part variable devient alors un outil précieux pour fidéliser les meilleurs tout en préservant la profitabilité de l’entreprise. Dans les fonctions Commerciales & Marketing la part variable occupe une place de premier ordre : elle concerne 80% des collaborateurs, reste élevée (entre 6 et 15% pour près d’un collaborateur sur deux) et croît avec l’expérience pour culminer chez les 40-49 ans, pour 90% d’entre eux. En Comptabilité & Finance, la rémunération, particulièrement utilisée, permet de fidéliser les collaborateurs : 72,4% des professionnels ont bénéficié d’une part variable comprise entre 6 et 15%, en particulier les confirmés (2 à 10 ans d’expérience) dans les grandes entreprises. Les métiers de l’Ingénierie et de l’industrie choient particulièrement ses collaborateurs dotés de 2 à 5 ans d’expérience, puisque plus de 80% d’entre eux ont perçu une rétribution supplémentaire. Près de ¾ de ces « jeunes » ingénieurs annoncent avoir perçu une part variable cette année. En revanche, les plus fortes proportions de variable sont réservées aux plus de 10 ans d’expérience : plus de 56% d’entre eux perçoivent une part variable comprise entre 6 et 15%. Les professionnels en IT et Télécoms ne sont que 63,6% à percevoir un variable, en deçà de la moyenne nationale (70,3%) et pour 44%,1% d’entre eux, cette part est inférieure à 5%. Particulièrement recherchés et davantage évalués sur leurs performances propres, les profils RH & Juridique profitent des parts variables (63,5%).

Méthodologie
Baromètre des salaires Cadres Expectra

Le baromètre des salaires Expectra est bâti à partir de l’ensemble des postes pourvus par Expectra (Intérim*, CDD et CDI) de profils bac + 2 à bac + 5 : au total, pas moins de 78 000 fiches de paie ont été analysées, représentant 114 qualifications dont 56 fonctions cadres et 58 fonctions ETAM (employés, techniciens et agents de maîtrise), sur les métiers de l'informatique, de l'ingénierie, la comptabilité finance, les fonctions RH et juridique, le commercial et le marketing. Il présente les rémunérations (médianes, minimales et maximales) et les évolutions de salaire enregistrées sur l’ensemble de l’année 2012 versus 2011. Au global, ce sont plus de 9200 entreprises qui sont représentées, dont 61% en province et 39% en Ile de France. * La règle imposant qu'un intérimaire soit rémunéré au même niveau qu'un salarié titulaire garantit une bonne représentativité des salaires.

Enquête Viadeo sur les rémunérations variables
Un questionnaire a été administré en ligne en juin 2012, auprès de 1195 membres de Viadeo dont :
- 325 membres exerçant ou ayant exercé une fonction dans les métiers du Commercial et Marketing
- 192 membres exerçant ou ayant exercé une fonction dans les métiers Comptabilité/Finance
- 219 membres exerçant ou ayant exercé une fonction dans les métiers RH/ Juridique
- 214 membres exerçant ou ayant exercé une fonction dans les métiers IT/Télécoms
- 244 membres exerçant ou ayant exercé une fonction dans les métiers Ingénierie et Industrie

Mercredi 26 Septembre 2012
Notez




Nouveau commentaire :
Twitter

Your email address will not be published. Required fields are marked *
Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *



Recevez la newsletter quotidienne


évènements


Lettres métiers


Livres Blancs