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Forte hausse des défaillances d’entreprises au second semestre 2008


Sur l’ensemble de l’année, Altares dénombre 54 820 jugements de défaillances (+ 10,3%) et l’ouverture de 694 procédures de sauvegardes (+ 35,3%). Au-delà de 20 salariés, les défaillances s’accélèrent sur un an (+ 25 %).




La hausse des défaillances d’entreprises s’est accélérée fortement et brutalement depuis juillet 2008. Sur les six premiers mois, la hausse des défaillances était encore contenue à 5 %. La dégradation a été 3 fois plus rapide sur la seconde partie de l’année (+ 15 %).

A + 10,3% en moyenne annuelle par rapport à l'année dernière, l’augmentation est la plus forte enregistrée par la société Altares depuis 1991 (+ 15 %), période qui précédait le pic historique des 63 000 défaillances atteint en 1993.

Les PME enregistrent les dégradations les plus fortes
Deux fondamentaux de la défaillance se confirment cette année encore :d’une part, les 2/3 des jugements des tribunaux ont porté sur des liquidations judiciaires directes,et d’autre part, les entreprises les plus jeunes sont les plus vulnérables.Plus d’une défaillance sur deux (57%) concerne une entreprise de 0 à 5 ans. Cette population, plus fragile, a très tôt subit les effets du retournement de conjoncture. Les défaillances progressent sur cette tranche d’âge de 15%.

Pour autant, les entreprises plus âgées et donc plus structurées n’échappent pas aux difficultés économiques. Ainsi les sociétés de plus de 20 salariés enregistrent une hausse des défaillances d’entreprises de 25 % sur un an.

L’ensemble des activités a basculé dans le rouge en deuxième partie d’année
Dans le Bâtiment (+12% pour 14 280 défaillances) et l’Immobilier (+29% sur les six premiers mois et 42 % sur l’ensemble de l’année pour 2 240 défaillances), le retournement se confirme en 2008.Plus d’une procédure collective sur quatre (26%) est ouverte sur une entreprise du Bâtiment.

L’évolution est également significative dans le Transport (+ 18 %). Sur les six premiers mois, la hausse était encore « limitée » à +7%. Dans les Services aux particuliers, les tendances 2007 étaient proches de l’évolution nationale (+ 5%) ; les chiffres 2008 s’accélèrent. Sur les six premiers mois, les défaillances avaient augmenté de 9% ; sur l’ensemble de l’année, le taux est porté à +14%. Les 3/4 des jugements (74%) portent sur des cafés-hôtels-restaurants.

Dans le Commerce, les procédures ont augmenté de 7% (12 840). Les difficultés sont davantage portées par le Commerce de détail (+11%). L’Industrie hors agroalimentaire connaît un retournement brutal. Après quatre années de baisse et des jugements encore en recul de 8% sur les six premiers mois de l’année, les chiffres s’affolent depuis l’été 2008 : les défaillances augmentent de plus de 20 %. Sur l’ensemble de l’année, la hausse est de 6%. L’Industrie agroalimentaire résistait sur le premier semestre (-1%) mais a dérapé sur le second, notamment cet été (+23%). Sur 2008, la hausse est de 5,8%. La dégradation semble moins sensible dans les Services aux entreprises sur 2008 (+ 5,6%) mais là encore, après un bon premier semestre (-2%), les défaillances s’accélèrent de +16% sur la deuxième partie de l’année. Dans les autres secteurs, les activités associatives ont souffert continuellement tant sur le premier que le second semestre. Sur l’année, la hausse des défaillances approche les 25%.

La dégradation n’épargne plus aucune région
En Ile-de-France, les défaillances (11805) augmentent deux fois moins vite (+5%) que sur l’ensemble du territoire (10%), mais cette évolution masque une dégradation sévère dans l’Essonne (+19%) et les Hauts-de-Seine (+15%).
Rhône-Alpes (5 332 défaillances) est en ligne avec la moyenne nationale (+10%),mais présente une forte vulnérabilité des PME de 6 à 50 salariés (+28%). En Provence-Alpes-Côte-d’Azur, les défaillances (5834) augmentent de 9%. Les Transports y ont particulièrement souffert (+46%). Pour la sixième année consécutive, les jugements d’ouverture de procédures judiciaires ont été plus nombreux (3 141) en Aquitaine (+ 17%). La Gironde est au-delà de l’évolution régionale (22%). L’Alsace (+3% et 1370 jugements) et la Franche-Comté (+4% et 959 jugements) tentent de résister. Dans un contexte économique tendu, trois ans après sa mise en place, la procédure de sauvegarde a crû fortement en 2008 : Altares comptabilise 694 sauvegardes contre 513 en 2007, et 509 en 2006. Cela représente une augmentation de 35,3% par rapport à 2007.

La sauvegarde est plutôt utilisée par des petites entreprises
De façon assez constante sur trois ans, la procédure de sauvegarde est plutôt plébiscitée par les entreprises de petite taille : 51% emploient moins de 6 salariés. Cette tendance tend même à se renforcer. Les grandes entreprises ne s’écartent toutefois pas de cette procédure : 104 d’entre elles emploient de 20 à 49 salariés (+49%) et 45, contre 25 en 2007, comptent plus de 100 salariés. 90% des entreprises en sauvegarde réalisent moins de 10 M€ de chiffre d’affaires. Plus de la moitié (54%) développe moins de 500000 € de chiffre d’affaires.
Avec 156 dossiers d’ouverture, le Commerce concentre davantage de sauvegardes. Plus de la moitié concerne des entreprises de vente de détail. C’est 85 % de plus qu’en 2007. L’Industrie hors agroalimentaire compte 143 demandes d’ouverture (+42%) dont 65 dans les seuls biens intermédiaires (+67%). Les Services aux entreprises affichent eux aussi plus de 100 sauvegardes (108) en augmentation de 27%. Dans les Services aux particuliers, les demandes ont crû de 25% (79 dossiers) principalement concentrées dans les cafés-hôtels-restaurants (63 demandes). Une sauvegarde sur cinq (20%) a été prononcée en Rhône-Alpes. La région comptabilise 138 ouvertures de procédure (+38%).
Aucune autre région ne franchit le seuil des 100 sauvegardes. Provence-Alpes-Côte-d’Azur conserve la deuxième position avec 91 procédures (+34%). Cette année encore l’Ile-de-France est sur le podium avec 66 sauvegardes, soit 61 % de plus qu’en 2007. L’Aquitaine se rapproche de ce trio de tête avec 63 ouvertures de sauvegardes soit une augmentation de 133 % sur un an.

Une sauvegarde sur deux permet un plan de sauvegarde
Destinée à prévenir les difficultés de l'entreprise, la procédure de sauvegarde intervient en amont de la cessation des paiements. C’est la raison pour laquelle les effets de rebonds sont plus fréquents que dans la procédure de redressement judiciaire.Ainsi, alors que les deux tiers des jugements de RJ sont ensuite convertis en LJ n’offrant l’opportunité d’une continuation que pour le tiers d’entre eux, la sauvegarde quant à elle permet la mise en place d’un plan de sauvegarde pour plus de la moitié des dossiers.

Pour autant, la pérennité de l’entreprise demeure fragile. En effet, Altares constate que la moitié des entreprises en sauvegarde payait leurs fournisseurs avec des retards de plus de 15 jours. Plus d’une sur dix (12%) règle avec des retards de plus de 30 jours. Or, l'analyse des comportements de paiement des entreprises faite par Altares au travers du programme exclusif DunTrade montre qu'à partir de 30 jours de retard, la probabilité de défaillance est multipliée par 6.

Dès l'été dernier, l'étude trimestrielle Altares mesurait la propagation de la crise à l'économie réelle. Le bilan 2008 des défaillances confirme la phase d'accélération à partir de juillet. Les procédures collectives sont en hausse de 21 % sur le dernier trimestre, et même de 24 % sur le seul mois de décembre", précise Thierry Millon, responsable des études Altares.

"Même si cette augmentation des défaillances s'explique en tout premier par l'augmentation des créations d'entreprises dans les années passées - ce sont les plus jeunes qui sont les plus fragiles aux retournements de conjoncture - on ne peut négliger l'impact de la tension sur les trésoreries et de la diminution des carnets de commandes. Ces facteurs contribuent à fragiliser les PME et les conduisent à la défaillance : les défaillances de PME de plus de 20 salariés ont augmenté de 25 % sur l'année, et près de 50 % sur les trois derniers mois. Et trop souvent les retards de paiement de leurs propres clients accélèrent la chute de ces entreprises.

La mise en place, dans le cadre de la L.M.E., de délais de règlements plus courts vient rappeler combien la question du crédit interentreprises est au centre du débat sur le risque de défaillance. Altares constate depuis de nombreuses années - au travers du programme DunTrade d’analyse des comportements de paiement des entreprises - que les retards de paiements sont à l’origine d’une défaillance sur quatre.Ces retards touchent 2 entreprises françaises sur 3. Ce chiffre a d'autant plus d'impact que l'observation statistique montre ceci : lorsque ces retards dépassent 30 jours, la probabilité de voir le débiteur déposer le bilan est multiplié par 6, risquant dès lors de reporter le risque de défaillance sur le fournisseur créancier. Rappelons que pour compenser un impayé de 1 000 €, une entreprise dont la marge serait de 5% devra trouver un chiffre d’affaires additionnel de 20 000 € ! Autant dire que, dans un contexte de crise des
liquidités ou de la demande, la tâche s’avère souvent impossible pour bon nombre de T.P.E, voire de P.M.E.

Connaître précisément ses clients, mettre en place une étroite surveillance, permet de réduire considérablement ses risques pour pérenniser sa croissance. C'est sans doute à terme le meilleur moyen d'éviter les "effets domino", tout en continuant à vendre et faire des affaires."

NOTE MÉTHODOLOGIQUE
Définition de la défaillance : Sont retenues comme défaillantes les entreprises ayant fait l'objet de l'ouverture d'une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire directe. Ne sont par conséquent pas considérées les suites de procédure, à savoir liquidations judiciaires ou plans de redressement jugés après l'ouverture d'un redressement judiciaire. Ne sont pas davantage retenues les cessations amiables d'activité. Définition de la sauvegarde : Sont retenues les entreprises ayant fait l'objet de l'ouverture d'une procédure de sauvegarde. Ne sont par conséquent pas considérés, les défaillances, les mandats ad hoc ou les procédures de conciliation. Données en date de jugement : Les défaillances, comme les sauvegardes, sont comptabilisées à la date du jugement et non à la date de publication de l’information.Sont ici pris en compte les jugements publiés du 1er Janvier au 31 décembre de chaque année. Les sources des procédures de sauvegarde collectées : ALTARES collecte l'ensemble des jugements auprès des greffes des Tribunaux de commerce ou des chambres commerciales des Tribunaux d'Instance ou de Grande Instance. ALTARES est également licencié du BODACC (Bulletin Officiel d'Annonces Civiles et Commerciales) depuis 1987.Le BODACC publie les annonces légales relatives à la vie d'une entreprise, notamment les avis de procédures de sauvegarde, de redressement et liquidation judiciaires. Les statistiques d'ouverture de procédure de sauvegarde et de défaillances diffusées par ALTARES sont issues de sa propre base de données et comptabilisent les jugements dès leur enregistrement, le plus souvent quelques semaines avant leur publication au BODACC.

A PROPOS D’ALTARES
ALTARES est née du rapprochement de la Base d’Informations Légales BIL et de Dun & Bradstreet France. Sa vocation, en tant que spécialiste de la connaissance inter-entreprises : fournir des solutions pour accélérer la croissance. ALTARES répond aux besoins des entreprises sur deux axes majeurs : développement commercial et gestion du risque financier, en France, en Europe comme à l’International. Membre du 1er réseau international d’informations B to B (le D&B Worldwide Network), ALTARES diffuse en France les solutions créées par le leader mondial D&B. Les clients d’ALTARES disposent du seul accès global à des données qualifiées sur plus de 115 Millions d’entreprises dans le monde. Dirigée par Thierry Asmar, ALTARES, détient 40 % du marché français ; avec un CA d'environ 53 Millions d’Euros, l'entreprise compte près de 300 collaborateurs répartis sur 3 sites principaux : Nanterre, Rambouillet et Villeurbanne.

www.altares.fr

Vendredi 23 Janvier 2009
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