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Euler Hermes SFAC


« France : une économie sans industrie est une économie sans croissance ».




Si l'on souhaite de la croissance, il faut de l'industrie. L'année 2005 a été décevante à cet égard pour la France, avec une croissance manufacturière de 1%, alors que 2004 avait amorcé une belle reprise avec une croissance française supérieure aux attentes (+2,1%), grâce à un redémarrage vigoureux de l'industrie, et tout particulièrement de l'automobile.

L'année 2005 en a été l'image inverse. La croissance a déçu : les espoirs de la voir dépasser 2 % se sont envolés au 1er trimestre. L'industrie a connu une sérieuse décélération, la croissance du secteur manufacturier tombant de 2,3% à près de 1 %. L'année 2006 s'annonce plus favorable, selon l'assureur-crédit Euler Hermes SFAC, grâce à la baisse de l'euro et la fin de la hausse du coût des matières premières.


2005 l'industrie a piétiné en France :

• Face à l'automobile en difficulté, le secteur aéronautique tire son épingle du jeu
Le secteur automobile a été particulièrement affecté avec une croissance nulle contre +4 % en 2004. Il a souffert du vieillissement de la gamme des constructeurs français et d'un mouvement de déstockage. « Le fort déstockage, supérieur à la baisse des ventes entrepris par les constructeurs français, notamment PSA, repose semble-t-il, sur la crainte d'un tassement du marché européen sur 2006, dans la lignée du dernier trimestre 2005 avec une baisse de l'ordre de 5%, conséquence d'un pouvoir d'achat en berne et de la hausse des prix à la pompe. Pour les constructeurs français, on peut toutefois espérer un petit rebond sur 2006 avec les nouveaux modèles : Renault Clio en année pleine, lancement en mars de la Peugeot 207 et enfin à l'automne du nouveau Picasso Citroën et d'un rebond des stocks », analyse Yann Lacroix, responsable des études sectorielles Euler Hermes SFAC.

Dans son sillage, la sidérurgie (-4,5 %, affectée par le déstockage) et la métallurgie (-3,5 % pour les non ferreux, -3% pour la fonderie) ont connu un recul significatif, alors que la concurrence des sous-traitants étrangers ne cesse de monter. Seuls les acteurs travaillant pour le secteur aéronautique ont tiré leur épingle du jeu. Ce dernier a connu une croissance exceptionnelle (+13%), liée aux succès d'Airbus, et a tiré l'ensemble du secteur des biens d'équipement. Mais hors l'aéronautique, les autres biens d'équipement ont été décevants, malgré une forte demande internationale.


• La pharmacie, les cosmétiques et l'électronique grand public tirent le secteur des biens de consommation vers le haut :
Euler Hermes : « France : une économie sans industrie est une économie sans croissance »En dépit de la chute continue de l'habillement et de la chaussure, le secteur des biens de consommation a en revanche maintenu une croissance plus soutenue (2,3 %) grâce à la dynamique de la pharmacie, des cosmétiques et de l'électronique grand public. L'industrie des biens intermédiaires a stagné en 2005, du fait de la métallurgie, du textile, du verre et des composants électroniques, et malgré une bonne performance de la chimie organique (+2,9%). Les secteurs non industriels ont été plus dynamiques (BTP +3 %, services aux entreprises +2,6 %, commerce +2,6%), à l'exception des transports (+1%) et des services aux particuliers (+1%). Le transport routier de marchandises a pâti du ralentissement industriel et d'une intensification de la concurrence étrangère.

2006, un léger mieux est attendu dans l'industrie :

• La baisse de l'euro et la fin de la hausse des matières premières sont facteurs d'amélioration :

L'année 2006 s'annonce un peu meilleure que 2005. La baisse de l'euro au printemps 2005 a cassé la dynamique de la perte de compétitivité. La hausse des matières premières devrait prendre fin en 2006 (les prix de l'acier se sont retournés à la baisse dès 2005), ce qui devrait avoir un double effet bénéfique. D'une part, la demande intérieure européenne, notamment en Allemagne, devrait s'accélérer un peu, à la faveur du ralentissement de l'inflation attendu pour la seconde partie de l'année (l'inflation liée au prix des carburants disparaissant). D'autre part, le problème de compression des marges sera moins marqué. Toutefois, la tendance à la baisse des prix finaux des biens et de certains services devrait persister.

« La grande distribution devrait céder une partie non négligeable des marges arrière aux consommateurs en 2006-2007, avec la mise en place de la loi Dutreil. En retour, elle pourrait faire pression sur ses fournisseurs de l'industrie agroalimentaire et de l'industrie manufacturière », commente Yann Lacroix.


• La réindustrialisation de la France reste possible mais ne sera pas spontanée :

Malgré une inégalité évidente des coûts salariaux (28 euros de salaire horaire moyens en France, 18 dollars aux Etats-Unis et au Japon, 5 ou 10 euros dans les PECO, et 1 euro ou moins en Chine), des remèdes existent. En assurant tout d'abord une productivité élevée : en effet, plus la productivité du travail est élevée, plus elle autorise des coûts salariaux horaires élevés. En la matière, la France serait recordman de la productivité au sein du G5, selon l'Office National de la Statistique du Royaume-Uni. La productivité horaire française serait de 10% à 15% supérieure à celle des Etats-Unis ou de l'Allemagne, de 40% à celle du Japon.

Deuxièmement, en modérant les coûts de production, principalement les salaires, ainsi que le fait l'Allemagne depuis quelques années. La substitution de la TVA aux charges sociales s'inscrit dans cette politique et permet de regagner de la compétitivité au sein de la zone euro, au détriment néanmoins de la demande interne – et des autres partenaires européens.

Troisièmement, en développant des produits et des marques peu sensibles à l'effet prix, ou, idéalement, dont la demande s'accroît quand les prix augmentent ce que les économistes appellent des biens de luxe. Il s'agit de créer des quasi-monopoles sur ces produits par un savant mélange d'innovation technique et d'investissement publicitaire.

Enfin, en gérant le taux de change, et non plus en acceptant les dévaluations en série de la zone dollar (-34 % depuis 2000) et du yen (-38 %). La situation du dollar est en effet d'autant plus préoccupante qu'il s'agit de la devise de référence de la plupart des pays en voie de développement, y compris d'une partie des PECO.


« La France a connu dans les années 90 une phase de réindustrialisation, grâce à la combinaison des quatre remèdes évoqués. Inverser la tendance est donc possible, mais n'aura sans doute rien de spontané », conclut Philippe Brossard, directeur de la recherche Euler Hermes SFAC.

Source : www.qualisteam.fr
Lien : http://www.qualisteam.fr/actualites/fev06/17-02-2006-1.html

Samedi 18 Février 2006
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