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COMMERCE EXTERIEUR - C'est LE problème de l'économie française


C'est LE principal problème de l'économie française, reflet de toutes ses faiblesses. Encore au mois de décembre, les exportations ont reflué. Stagnation vers l'Union Européenne, recul vers le continent américain. Et si la montée des cours de matières premières explique une partie de l'accroissement des importations, l'atonie de nos exportations n'est due qu'à un manque de compétitivité, renforcé désormais par le ralentissement de la demande adressée à la France.




Une évolution est particulièrement frappante : des secteurs par le passé excédentaire sont devenus déficitaires courant 2007. L'exemple le plus spectaculaire est celui de l'industrie automobile. Nos exportations n'augmentent plus, alors que les importations s'envolent. Ce phénomène semble désormais structurel, et pose de sérieux problèmes de reconversion de la main d'oeuvre dans certaines régions françaises. L'excédent en biens d'équipement se réduit, malgré la contribution des Airbus et de la branche transport. Clairement, les entreprises françaises de ce secteur perdent des parts de marché par rapport aux Allemands, plus innovants que nous dans ce domaine. Même le secteur de la pharmacie, abrité de la concurrence des émergents, souffre.

L'analyse des flux commerciaux par régions montre que le niveau élevé de l'euro par rapport au dollar constitue un facteur aggravant, mais pas déterminant. Certes, nos exportations vers les Etats-Unis stagnent, mais notre déficit commercial vis-à-vis de la zone euro (50% de nos exports) s'accroît très vite.

Pour résumer, ces dernières années, les 2% de croissance de l'économie française, c'est la résultante de 2,5% de croissance liés à la demande intérieure, et de -0,5% liés au déficit commercial.

L'orientation géographique de l'industrie française, très tournée vers la zone euro, est souvent citée comme constituant un handicap. Cet argument n'est guère convaincant. L'orientation des exportations d'un pays dépend avant tout de sa position. Autrement dit, on exporte davantage à ses voisins (le seul contre-exemple étant celui d'Israël qui exporte beaucoup outre-Atlantique). Et le volontarisme politique ne suffira pas à déplacer le territoire français vers les zones à forte croissance, l'Asie par exemple.

La problématique du déficit commercial français se situe en amont. Les produits exportés par la France ne sont pas suffisamment haut de gamme. La structure de l'économie française ne nous permettant pas (ou peu) d'être performants sur le low cost, nous devons vendre des produits à forte valeur ajoutée, qu'ils émanent de secteurs de haute technologie ou pas. C'est bien que qui pèche en France. Pourquoi nos produits ne sont-ils pas suffisamment haut de gamme et innovants ? Parce que nos entreprises n'investissent pas assez. Pourquoi n'investissent-elles pas assez ? Essentiellement parce que leurs taux de profit restent trop faibles, même si les choses s'améliorent un tout petit peu (à 37,7%, le taux de marge a retrouvé au troisième trimestre 2007 son niveau du troisième trimestre 2006).

Ainsi, le problème du déficit commercial est quasiment structurel. Les entreprises françaises exporteront quand elles auront atteint une taille et une surface financière qui leur permettra de la faire. Autre façon de voir les choses : le jour où de vraies réformes auront été menées, leur efficacité se mesurera à l'aune des performances commerciales de la France.

Nicolas Bouzou

Lundi 11 Février 2008
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