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Vive la récession !

Lettre du jeudi 29 avril 2022 rédigée par Eric Galiègue - VALQUANT.


Eric Galiègue
Eric Galiègue
Décidément l’optimisme des investisseurs semble à toute épreuve.
La publication d’un PIB en baisse de 1,4% aux USA aurait pu constituer un choc majeur, puisqu’il était attendu à +1,5% par le consensus Facstet. Même pas mal : déjà, des « Fed watchers » envisagent une attitude plus conciliante de la banque centrale. Et revoient en hausse les perspectives des marchés financiers. La situation chinoise se dégrade encore, avec de nouveaux confinements à la clé ? Même pas mal ! Réjouissons-nous car la Chine va lancer un gigantesque plan d’investissement dans les infrastructures. Sans oublier que Sergei Lavrov, le ministre russe des affaire étrangères, a déclaré cette semaine que la Russie mettra tout en œuvre pour éviter une guerre nucléaire, mais que le risque est « considérable ». Tout va bien ! Tout cela n’est qu’une nouvelle gesticulation d’un pays aux abois. Donc, Wall Street est repartie jeudi en forte hausse, en raison de bonnes publications de ventes et de résultats, et notamment celles de Metaplatforms et Microsoft un peu plus tôt dans la semaine.

Il est vrai que les publications des entreprises sont remarquables.
Sur les 84 publications des ventes du 1e trimestre 2022 des entreprises du Stoxx 600, 72 ont été supérieures aux anticipations. Rappelons à nouveau que la hausse des ventes est naturelle et d’une certaine manière tautologique en période d’accélération de l’inflation. Si l’inflation progresse, c’est parce que les entreprises augmentent leurs prix ! Il est donc normal qu’elles publient de bonnes ventes. Le vrai sujet porte sur les bénéfices. Aujourd’hui, le retour de l’inflation en est à ses débuts. A l’exception des secteurs qui utilisent des matières premières et de l’énergie dans leurs processus de production, et dont la sensibilité est particulièrement forte, l’impact de l’inflation sur les bénéfices dépend de l’écart entre le renchérissement des revenus et celui des charges, et surtout de leur dynamique.
Aujourd’hui, par exemple, les négociations salariales ont été bouclées en début d’année avec des hausse de 2 à 2,5%, et ce n’est que dans un nouveau « round » ultérieur que les salariés et leurs représentants vont demander des hausses de salaires, notamment au titre du « rattrapage » du pouvoir d’achat perdu récemment. Ainsi, les bénéfices des entreprises peuvent augmenter en raison de ce décalage. C’est ce que le marché semble intégrer…Faut-il s’en réjouir vraiment ?
Derrière ce mécanisme micro économique bien connu, se construit un double phénomène macroéconomique. Le premier phénomène, la hausse des salaires inférieure à l’inflation générale, constitue la baisse de pouvoir d’achat qui est une des origines de la récession. La contraction du PIB passe par la baisse de la consommation. Le second phénomène, la répercussion dans les salaires de la hausse des prix, est constitutif de la boucle « salaire – prix ». C’est elle qui transforme la hausse des prix en inflation. Manifestement, c’est bien ce que nous sommes en train de vivre. Voilà comment le décalage ente la hausse des prix et la hausse des salaires crée ce que l’on appelle la stagflation.

Alors, certes, le marché peut se réjouir de la hausse des ventes et des profits des entreprises au premier trimestre 2022. Mais le phénomène microéconomique de décalage entre la hausse des prix et des salaires est en partie à l’origine de la stagflation macroéconomique.

Nous restons extrêmement prudents sur les actions. Une baisse importante des cours nous semble imminente ; elle aura pour cause, probablement, l’annonce de nouvelles sanctions européennes et la poursuite de l’escalade entre les belligérants et leurs alliés.


Recommandation investisseurs : nous sommes toujours en forte sous-pondération des actions pour un CAC 40 supérieur à 5 894 points.

Tendance sur les marchés de taux et de devises : Les taux des obligations d’Etat sont stables. Ils demeurent autour de 1,25% pour l’OAT France, et de 1,75%aux USA ; l’€ a chuté de 3% contre le $ à moins de 1,06.
Tendances récentes sur les matières premières : Le cours du pétrole est stable autour de 108$ le baril de Brent.

Eric GALIEGUE
Analyste financier indépendant,

Président de VALQUANT EXPERTYSE SAS
Membre de l'AFITE
Enregistré à l' ORIAS sous le N° 11059738

7 rue Greffulhe
75 008 PARIS
01 42 93 23 68
06 82 84 78 61
eric.galiegue@valquant.fr


www.valquant.fr




Vendredi 29 Avril 2022




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