Vers la fin du rebond technique

Lettre du 9 avril 2020 par Eric Galiègue - VALQUANT.


Le rebond technique devrait se terminer dans les tous prochains jours. Sur la base du cours de clôture de 3 754 (CAC 40) le 18 mars, le rebond a atteint très précisément 20% pour un indice qui a touché et dépassé 4 500 points jeudi 9 avril matin. Ce chiffre de +20% est clé, car pour les spécialistes, il permet de dater le départ d’un nouveau marché haussier, de la même façon qu’une baisse de 20% sur les plus hauts constitue une entrée en marché baissier.

Nous ne croyons pas un seul instant en la possibilité d’un retour à une tendance haussière.Nous avons toujours considéré qu’un mouvement dans un sens donné peut être suivi par un mouvement en sens inverse d’une amplitude d’un tiers, sans remettre en cause le sens initial. Une hausse de 33 points (passage de 100 à 133) peut être suivie par un repli de 11 points (passage de 133 à 122, soit une baisse de 8,5% environ) sans que la hausse soit remise en cause. Une baisse de 40 points (passage de 100 à 60, soit une baisse de 40%) peut être suivie par un rebond de 40/3 = 13,3 points (passage de 60 à 73,3, soit 22%). Le rebond technique vécu depuis le 18 mars représente précisément le tiers de la chute initiale. Il est quasiment terminé et, comme nous l’avons déjà dit et écrit, nous considérons que le CAC 40 va rebaisser pour retrouver ses plus bas voire les enfoncer.

Le rebond actuel s’appuie sur les bonnes nouvelles attendues sur le front sanitaire. Heureusement, plus le temps passe et plus nous nous rapprochons du pic épidémique. On retrouve là l’optimisme consubstantiel aux investisseurs. Quand on touche le fond, on ne peut que remonter. Bien sûr, il faut se réjouir que le pic épidémique sera touché en France, et espérons dans beaucoup de pays européens, le jour de Pâques, comme nous l’avons écrit il y a quelques semaines dans ces mêmes lignes. Que la date de la Résurrection du Christ fêtée par les chrétiens correspondent au début de la baisse de l’épidémie est un symbole très fort dont nous nous réjouissons. Pour les marchés financiers, exclure le scénario sanitaire du pire est une bonne nouvelle, mais tout cela est très relatif.

Malheureusement, le problème n’est déjà plus sanitaire : nous avons toujours pensé que la guerre sanitaire contre le coronavirus serait gagnée. Mais le mal qu’il a causé, au-delà des vies perdues et des drames personnels et familiaux, est bien sur économique, politique et financier. Le gouverneur de la Banque de France a annoncé hier que le PIB français avait baissé de 6% au premier trimestre 2020. C’est effectivement le pire chiffre depuis que la statistique trimestrielle existe, c’est-à-dire depuis la seconde guerre mondiale. Il confirme les estimations retenues par l’INSEE : le confinement « coute » 3% par mois. Il a commencé le 17 mars, et donc a couté 1,5% de PIB annualisé au premier trimestre (6% / 4), sachant que la croissance était proche de zéro entre le 1er janvier et la mi-mars. Les pires décroissances depuis la création de la statistique trimestrielle ont été observées en mai 68 (T2 1968 : -5,3%), pendant le premier choc pétrolier (T4 1974 : -1,8%) et pendant la crise de 2008-2009 (-1,6% au T1 2009). On imagine que le confinement, qui va être prolongé jusque fin avril et peut être au-delà, va marquer profondément le PIB du second trimestre 2020. Comme le déconfinement promet d’être très progressif, la baisse de PIB va se poursuivre probablement jusque fin juin ; elle pourrait atteindre – 20% (impact de -5% sur le PIB annuel). La baisse du PIB national pourrait dépasser -10%.

L’impact sur les entreprises va être très défavorable, et il est totalement sous-estimé par les analystes et les investisseurs. En 2008-2009, l’indice de bénéfice avait baissé de 40% ; aujourd’hui il n’a baissé que de 20% et la bourse de 25% seulement (après le rebond).
Comment peut-on imaginer un seul instant que les marchés d’actions repartent dans une tendance haussière alors que les conséquences de la crise sanitaire vont commencer à être perceptibles la semaine prochaine, lors des publications de résultats trimestriels ? Une baisse des cours de 20% sur les niveaux actuels nous semble très probable. L’indice de bénéfice prospectif va baisser de 40% au minimum, sur l’exemple de 2008-2009, et les risques qui pèsent encore sur le scénario d’un redémarrage progressif de l’économie mondiale et nationale, sont considérables.


Tendance sur les marchés de taux et de devises : les taux à 10 ans du trésor américain ont progressé de 10 pb environ. Les taux allemands et français ont remonté de 10 à 20 pb. L’€ a baissé de -10,6% environ et est revenu à 1,08$.

Tendances récentes sur les matières premières : Le cours du pétrole a fortement progressé…. Le cours du cuivre a remonté de 4%..

Investisseurs : Nous recommandons de sur pondérer les actions au maximum, pour un CAC 40 en dessous de 4 573.


Eric Galiègue

Eric GALIEGUE
Analyste financier indépendant,

Président de VALQUANT EXPERTYSE SAS
Membre de l'ACIFTE, association agrée par l' AMF
Enregistré à l' ORIAS sous le N° 11059738

7 rue Greffulhe
75 008 PARIS
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06 82 84 78 61
eric.galiegue@valquant.fr


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Mardi 7 Avril 2020


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