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Vendée Globe - Monsieur Jourdain et le mistigri


Vendée Globe
J+81 : à 250 milles dans le nord-est des Açores



Vendée Globe - Monsieur Jourdain et le mistigri
Victime d'une avarie de quille à 640 milles au sud-ouest des Açores, probablement consécutive à son choc avec un cétacé, Roland Jourdain (Veolia Environnement) devrait probablement tenter de rejoindre l'archipel portugais avant de décider de la conduite à tenir par la suite. Ce nouveau coup du sort rappelle à quel point la chance peut peser sur le cours final d'une course aussi dense que ce Vendée Globe. Pour Armel Le Cléac'h (Brit Air), l'espoir, encore fou hier, de finir second risque de devenir réalité. Michel Desjoyeaux (Foncia), quant lui, estime arriver aux Sables d'Olonne dans la journée de dimanche.

Classement :
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 914,6 milles de l'arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 859,1 milles du premier
3- Armel Le Cléac'h (Brit Air) à 1226,4 milles du premier
4- Sam Davies (Roxy) à 2312 milles du premier
5- Marc Guillemot (Safran) à 2402 milles du premier
6- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 2549,8 milles du premier
7- Dee Caffari (Aviva) à 2691,1 milles du premier
8- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 3391,9 milles du premier
9- Steve White (Toe in the water) à 4215,1 milles du premier
10- Rich Wilson (Great American III) à 5489,4 milles du premier
11-Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 7072,8 milles du premier
12- Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 7147,5 milles du premier
3- Vincent Riou (PRB) - réparation accordée

Au jeu du mistigri, il y a ceux qui arrivent à se débarrasser illico du valet de pique et ceux qui, malgré tous leurs efforts, le conservent dans leur main jusqu'à la fin de partie. Roland Jourdain, depuis son retour en Atlantique, a dû hériter d'une mauvaise donne car, visiblement, la poisse lui colle aux basques. Auteur d'une course remarquable jusqu'au Cap Horn, il avait été le seul à résister au passage de la comète Desjoyeaux et ne possédait encore à l'entrée de l'Atlantique qu'une centaine de milles de retard sur son condisciple de la Vallée des Fous. Installé en deuxième position depuis le 16 décembre, le skipper de Veolia Environnement n'a lâché prise dans sa course poursuite que contraint par les soucis techniques consécutifs à sa collision avec un cétacé. Dès lors, il semble bien que les vents contraires n'aient cessé de souffler pour Bilou. Celui qui, hier encore, trouvait encore la force morale de tourner en dérision les milles de retard accumulés depuis son infortune de mer, doit commencer à trouver la plaisanterie particulièrement saumâtre. Qu'on en juge : des heures à consolider à la perfection une cloison de pied de mât, à poncer le carbone, à procéder à des collages sophistiqués pour voir le leader s'échapper dans les alizés de l'Atlantique sud. Suivaient un pot-au-noir particulièrement coriace, puis un anticyclone des Açores qui dardait ses tentacules sur la route du navigateur. Cette dernière avanie risque, hélas, de peser très lourd dans la balance. La mer, non contente d'être cruelle, est parfois d'une injustice terrible. A 17h, Bilou continuait de naviguer à vitesse réduite en direction de l'archipel des Açores. Il n'avait jusque là pas pris de décision définitive : il est bon parfois de laisser du temps au temps.

La force du destin
On comprend mieux la prudence d'un Marc Guillemot qui, alors qu'il s'apprête à rejoindre l'hémisphère nord rappelle à quel point le route est encore longue. Céder à l'impatience serait mettre à bas tous les principes qui ont guidé sa navigation depuis le départ ; et le Trinitain avait, lui aussi, quelques raisons de s'en prendre aux caprices du destin. Sa navigation, ponctuée de multiples rebondissements, avait tout pour faire sortir de sa course un marin qui n'aurait pas eu définitivement la tête sur les épaules. Cependant, au vu des multiples incidents qui ont émaillé l'épreuve, Marc pouvait se dire qu'au final il avait encore la chance de toujours pouvoir se battre pour une place d'honneur… Michel Desjoyeaux, quant à lui, continue sa marche triomphale, même s'il a vécu selon ses propres dires, " une nuit de m… ". Vents oscillants entre le sud-ouest et le nord-ouest de 12 à 53 nœuds, traversée d'une zone de reproduction des baleines et une route qui devrait l'amener au large du Cap Finisterre où viennent d'être signalés des conteneurs en dérive. Le skipper de Foncia trouvait à la vacation de ce matin qu'Eole et Neptune semblaient se coaliser pour semer le terrain d'embuches. Au vu des malheurs de ses petits camarades, il devrait finalement considérer que les dieux de la Rome Antique ont été jusque là plutôt cléments…

Voix du large…

Sam Davies (Roxy), à la vacation de 11h30 : « Il fait un peu gris, il pleut ce matin. Je pense que le pire est fini, car j'ai trouvé un petit peu de vent à la fin de cette nuit et là je suis sous des nuages qui, j'espère, marquent la sortie du pot-au-noir. Il n'y avait pas beaucoup de vent hier, c'était un peu frustrant et puis j'ai déjà eu un Pot-au-noir, il y a une semaine au large de Rio... Quand j'envoie des photos, les gens m'accusent d'avoir toujours le même t-shirt et de ne pas changer mes vêtements assez souvent ! Alors que Roxy, c'est un sponsor de rêve pour une fille ! J'ai plein de supers vêtements et je suis une fille qui aime bien tout ça... alors je suis ravie de pouvoir me changer un petit peu si le bateau le permet. Mais je n'ai pas à jouer les mannequins en plein océan, pour moi la priorité c'est la performance ! »

Marc Guillemot (Safran) à la vacation de 11h30 : « Je suis à 80 milles de la fameuse ligne magique ! Entré dans le pot-au-noir depuis hier soir et bien que le ciel soit encore clair, j'arrive vraiment dans le cœur. Il n'est pas trop violent et il n'y a pas beaucoup de grains, mais les vitesses sont plus près de cinq nœuds que de dix. J'ai l'impression d'être près de la sortie maintenant, je vois la ligne de grains commencer à se faire sentir sur mon Est, mais une fois passée, je devrais arriver à toucher les Alizés de l'Atlantique Nord. En résumé, je vais pouvoir avoir des vents un peu plus favorables que Sam, qui est plus à l'Est, mais ça va se jouer à pas grand chose. Avec Roxy, si on se trouvait bord à bord dans les mêmes conditions, je serais beaucoup moins performant. J'ai tendance à oublier que j'ai un déficit de puissance, et suis surpris par ses vitesses, alors que c'est moi qui ai 60m² de voile en moins, c'est énorme... Maintenant on est dans la dernière ligne droite et c'est quand même bon, psychologiquement, de tenir le bout de cette grande course... Mais il va quand même falloir être patient, ne pas mettre la charrue avant les bœufs et faire en sorte de bien faire marcher le bateau. Mich', lui, va bientôt arriver et ça fait partie du jeu, de mon côté j'ai vécu d'autres choses et j'assume tout ce qui reste à faire.»

Armel Le Cléac'h (Brit Air) à la vacation de 11h30 : « Toujours dans l'Alizé, à faire route vers l'anticyclone des Açores. Il bouge pas mal, donc on va revoir la stratégie dans les prochaines heures afin de récupérer un flux d'ouest. L'air se rafraichit au fur et à mesure qu'on grimpe vers le Nord, mais l'ambiance à bord est bonne, ce matin, on a même fait la course avec des poissons volants. L'anticyclone lui aussi, va partir vers le Nord, mais il faudra bien le traverser un jour. La journée de samedi ne sera donc pas facile : on va faire ça le plus vite possible, pour pouvoir après, récupérer un vent plus sympa et accélérer. C'est le jeu ! Niveau énergie à bord, il y a ce qu'il faut pour finir la course : les panneaux solaires, un peu de gasoil... Et j'ai de quoi manger jusqu'au 6. Mon ETA va dépendre de l'anticyclone : le 6 ou le 7. Si c'est le 6, c'est bien, sinon c'est moins bien et ce sera la diète! »

www.vendeeglobe.org

Vendredi 30 Janvier 2009
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