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Vendée Globe - La pieuvre anticyclonique


Vendée Globe
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Vendée Globe - La pieuvre anticyclonique
Après la tempête qui a touché les côtes atlantiques françaises, les conditions météorologiques vont totalement changer dans le golfe de Gascogne, voire même sur tout l'océan… Les arrivées des quatre prochains solitaires pourraient dans ces circonstances, être beaucoup plus groupées que prévues !

Le classement de 16 heures le 09/02/09
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) arrivé aux Sables d'Olonne après 84j 03h 09'
2- Armel Le Cléac'h (Brit Air) arrivé aux Sables d'Olonne après 89 jours 9 heures 39 minutes et 35 secondes de course (après déduction de ses 11 heures de bonification)
3- Samantha Davies (Roxy) à 714,4 milles de l'arrivée
4- Marc Guillemot (Safran) à 787,5 milles de l'arrivée
5- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 1340,1 milles
6- Dee Caffari (Aviva) à 1408,8 milles
7- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 2111,9 milles
8- Steve White (Toe in the water) à 2763,1 milles
9- Rich Wilson (Great American III) à 4357 milles
10- Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 5405,1 à milles
11- Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 5842 milles
RDG Vincent Riou (PRB), réparation accordée, classé 3e

Il n'y aura décidemment pas de répit sur cette sixième édition du Vendée Globe ! Un événement s'enchaîne avec un autre au point que le scénario est en perpétuelle réécriture… La dernière surprise en date est l'installation d'un anticyclone en pleine expansion qui va bloquer la route des six coureurs naviguant dans l'hémisphère Nord. Cela fait en partie les affaires de Marc Guillemot qui navigue désormais sans quille et préfère les vents modérés que la forte brise… Le skipper de Safran a été soulagé hier quand la partie basse de sa quille (dont le bulbe) a coulé, car les efforts encaissés par le bateau étaient pour le moins inquiétants. Au point que le navigateur a pu récupérer un peu de sa fatigue accumulée et envisageait d'envoyer le Code 0, une voile d'avant plus propulsive dans ces brises de secteur Ouest d'une douzaine de nœuds. Plus à l'Est, Samantha Davies (Roxy) n'a grappillé qu'une soixantaine de milles sur Marco pour s'octroyer la troisième place au classement provisoire. La Britannique a la possibilité de renvoyer toute la toile, elle sera donc plus à l'aise dans les vents mollissants qui s'annoncent. Car l'anticyclone des Açores gonfle et rattrape le duo tandis qu'il va aussi couvrir le tandem anglais et bloquer Arnaud Boissières (Akéna Vérandas).

Un Pot qui remonte…
Ces hautes pressions tentaculaires vont obliger les solitaires à suivre une route originale puisqu'ils devraient monter jusqu'à la latitude de Ouessant avant de pouvoir redescendre vers Les Sables d'Olonne. En effet, une bulle prend place au centre du golfe de Gascogne et le vent va s'orienter à l'Est le long des côtes espagnoles alors que la brise sera faible sur toute la partie Nord jusqu'à samedi. Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) et Dee Caffari (Aviva) vont profiter de cette situation inhabituelle pour reprendre des milles sur le duo précédent mais de là à leur griller la politesse sur la ligne d'arrivée, il y a un grand pas… Mais ils pourraient tous deux arriver à quelques heures d'intervalle avec Marc Guillemot. Quant à savoir si ce dernier pourra sauver sa place sur la troisième marche du podium, puisqu'il a une bonification de 50 heures par rapport à Samantha Davies, impossible de le prédire ! Pour Arnaud Boissières, l'heure est à la molle : l'Atlantique change radicalement de visage et ce sont de mini dépressions qui s'égrainent au large des Canaries. Une bonne nouvelle toutefois : si le solitaire arrive à s'extraire de ce magma avant demain soir, il peut espérer toucher un flux portant de secteur Sud… Tandis que Steve White (Toe in the water) est bien installé dans les alizés de Nord-Est et ce, jusqu'au week-end prochain. Rich Wilson (Great American III) a lui aussi trouvé la sortie : l'Américain est dans les alizés d'Est au large du Brésil, malheureusement un peu trop près des côtes. Encore 1 000 milles pour atteindre l'équateur et le Pot au Noir qui se met à remonter vers le Nord. Les mers du Sud sont bien finies pour les deux derniers solitaires : Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) sera ce mardi soir au-dessous des Quarantièmes alors que Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) s'est extirpé d'une dépression qui l'a bien poussée vers le Nord. Dès jeudi, il pourrait en attraper une nouvelle avec de forts vents portants…

Ouragan sur le quai
La tempête qui a soufflé sur la France et particulièrement sur la Vendée a fait quelques dégâts ! Il faut dire que le vent est monté à 76 nœuds à l'île d'Yeu et que vers 1h00 ce mardi, au plus fort du coup de vent, le vent a dépassé les 120 kilomètres heures sur Les Sables d'Olonne… Le Village du Vendée Globe a été en partie endommagé. La tente en forme de tipi qui abritait la brasserie s'est effondrée sur 500 m2. L'espace de présentation de la course, la salle de projection et la salle de vacation ont été moins touchés. Un spécialiste des structures expertise ce soir l'ensemble des chapiteaux. Le Président de la SEM Vendée, Philippe de Villiers, organisateur du Vendée Globe, a réaffirmé cet après midi lors d'un point presse que l'objectif est de rouvrir le village au public vendredi pour le week-end et l'accueil des prochains skippers avec une priorité avant tout : la sécurité. Les vacations radio continueront à avoir lieu à 11h30 tous les jours mais ne sont pas ouvertes au public avant la réouverture du village.

Voix du large…

Arnaud Boissières sur Akena Vérandas : « Je suis dehors dans le cockpit, le temps s'y prête… Je suis au téléphone sur la terrasse de ma Véranda ! Je n'avance qu'à six nœuds. Ce n'est pas terrible. J'ai pris la météo à 7 jours et il n'y a pas beaucoup de vent à venir, ça va être très long jusqu'à l'approche des Açores. Le bateau commence à en avoir un peu marre et il se demande quand on arrive. J'ai des petits problèmes électriques à cause de l'humidité constante, un peu de jeu dans les aiguillots de safran qui s'amplifie quand le vent est faible, car ça claque un peu plus. Ce n'est pas très grave, mais pas agréable non plus. J'ai fait des petites bricoles, comme sur l'iridium, et on fait attention à l'énergie à bord parce que je n'ai plus beaucoup de gasoil. En fait la situation serait idéale en croisière avec des potes, mais là, on est encore en course ! »

Marc Guillemot sur Safran : « La stabilité du bateau sans quille, ce n'est pas Bilou qui va me contredire, est vraiment surprenante. J'ai navigué avec trois ris/trinquette, les ballasts pleins, dans un vent pas très violent. J'ai eu un début de journée un peu actif et ça m'a vraiment fait du bien d'avoir du calme. Ça me fait marrer, parce qu'on va croire que je ne peux pas m'en empêcher, mais je suis monté au mât pour défaire le bout qui maintenait le brélage. Une fois en haut, j'en ai profité pour descendre la grand-voile qui n'était pas bien descendue. De retour sur le pont, je me suis rendu compte, idiot, que j'avais laissé le bout du brélage en haut. Donc, je suis remonté et j'ai rattrapé le coup. Je me marre, mais je suis un peu rincé. C'est vrai que sur ce Vendée Globe, si je n'avais pas un peu relevé les manches et bricolé avec les mains, ça fait longtemps que j'aurais fait demi-tour. (…) Je pense qu'une arrivée lundi, le 16, c'est quelque chose de réaliste. Mais pour ce qui est du podium, hier matin il était visible à l'œil nu, l'après-midi avec des jumelles et là il faut la longue vue. J'y crois toujours mais avec un optimisme de plus en plus modéré... Je pense que ça va plutôt être en faveur de Samantha. Ceci dit, il faudra qu'elle vienne la chercher sa troisième place, je vais quand même essayer d'être combatif ! Hier soir, j'ai eu un message de Yann (Eliès) : il m'a conseillé de jouer la prudence, c'était très sympa, ça m'a touché au cœur.»

Samantha Davies sur Roxy : « Sur le plan d'eau, il fait super beau. Je suis en train de chercher le soleil pour vous l'amener aux Sables d'Olonne. Pour moi, la situation météo est super compliquée, je suis en train de courir le plus vite possible vers le Nord-Est pour essayer d'échapper à l'anticyclone qui m'a prise en chasse. Je croise les doigts pour avoir du vent, et j'essaye également de trouver la meilleure route pour passer le golfe de Gascogne. J'ai fait tourner plein de routages, au mieux j'arrive samedi matin, ou au pire dimanche soir. J'aimerais vraiment être rentrée pour le week-end ! Je pense très fort à Marco (Guillemot) : déjà que je suis fatiguée, ça doit être dix fois pire pour lui. Heureusement, la météo est gentille avec nous. Je remercie Eole de donner à Marc des petits airs, même si de mon côté, j'aimerais bien un peu plus de vent ! Heureusement il a fait pas mal de multicoque avant, du coup il est habitué à naviguer sans quille…»

Difficiles estimations
Les ETA (Estimated Time of Arrival) restent très aléatoires en raison des conditions anticycloniques de calmes sur l'arrivée dans le golfe de Gascogne. Les solitaires vont devoir faire une route très Nord pour tenter de contourner cette bulle. Samantha Davies (Roxy) n'est pas attendue avant samedi, la Britannique estimant quant à elle qu'elle pourrait franchir la ligne d'arrivée dimanche. Pour Marc Guillemot (Safran), un final lundi est possible s'il n'y a pas trop de pétole. Quant à Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) et Dee Cafari (Aviva), il semble raisonnable de tabler sur une arrivée à partir de lundi midi, avec une marge de 48 heures…


www.vendeeglobe.org

Mardi 10 Février 2009
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