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Vendée Globe - L’archipel du goulash


J+32 : à 200 milles dans l’Ouest des Kerguelen

En approche (rapide) de l’archipel des Kerguelen, les leaders ont dû d’abord effectuer un empannage avec l’arrivée d’une dépression assez creuse qui va générer ce jeudi soir, des vents de Nord-Ouest supérieurs à trente-cinq nœuds avec des grains violents. Jean-Pierre Dick mène toujours devant une « bande des quatre » très remontée !



Vendée Globe - L’archipel du goulash
Classement du 11 décembre à 16h00 :
1- Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 15 609,8 milles de l’arrivée
2- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 31 milles du leader
3- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 31,3 milles
4- Mike Golding (Ecover 3) à 33,5 milles
5- Sébastien Josse (BT) à 48,7 milles

Séléction internationale :
11- Dominique Wavre (Temenos II) à 245,8 milles
12- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) 558,3 milles
14- Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) à 584,2 milles

Le démâtage de Loïck Peyron (Gitana Eighty) mercredi n’a pas franchement refroidi les ardeurs des leaders ! Le rythme est toujours aussi soutenu, même s’il faut constater que les « pulsions » à plus de vingt nœuds ne sont plus affichées au compteur. Mais tout de même, avec une belle brise portante de secteur Ouest et une mer encore maniable, Michel Desjoyeaux (Foncia) qui s’octroie la place de dauphin, Roland Jourdain (Veolia Environnement) Mike Golding (Ecover 3) et Sébastien Josse (BT) mènent un train d’enfer pour rester au contact avant le passage capital de l’archipel des Kerguelen. Un atterrissage prévu en pleine nuit, même si celle-ci reste brève par 52° Sud… La flotte va donc converger dans cet entonnoir, ce qui va permettre de valider une hiérarchie qui commence à se stabiliser, seulement après 32 jours de course ! Mais avec des écarts qui sont encore infimes au regard des 15 600 milles restant à faire, il est loin le temps des Vendée Globe où seuls trois ou quatre prétendants étaient encore en situation de pouvoir prétendre à une place sur le podium final…

Une recette épicée au menu

Le goulash est certes un plat hongrois, mais sa caractéristique tient dans son mélange d’épices et de saveurs contrastées ! C’est dans cette sauce que les solitaires vont être « mangés » aux abords de l’archipel des Kerguelen par une mixture particulièrement assaisonnée de mers, de vagues, de houles, de vents, de rafales, de pluies, de grêlons, de neige, d’écumes et d’embruns… Deux phénomènes se combinent : d’abord une bascule franche de la brise entre le secteur Ouest à Sud-Ouest de ce jeudi matin, et le ciel de traîne de cette soirée avec du Nord-Ouest dense et puissant : trente nœuds fichiers, c’est-à-dire jusqu’à 45 nœuds et plus sous les bourrasques de cumulonimbus ! Et une mer qui se désordonne, poussée par ce flux associé à une dépression australe qui va passer cette nuit sur les Kerguelen.

Les leaders vont donc arriver en approche du plateau continental juste après le moment où le front froid va passer sur eux, imposant une manœuvre particulièrement délicate à réaliser : un changement d’amure. Certains vont peut-être tenter l’empannage mais même sous voilure réduite (deux ou trois ris dans la grand voile, trinquette ou foc de brise à l’avant), le risque est grand de partir en vrac, de casser des lattes, d’emmêler une écoute… L’autre solution consiste à virer de bord, mais face à une mer aussi chaotique, le challenge est grand pour ne pas se retrouver en marche arrière, refoulé par une vague trop abrupte. Et une fois passer sur l’autre bord, il faut remettre en route en affinant la trajectoire pour composer avec des déferlantes qui bousculent l’étrave (et sollicitent le pilote), et avec le cap qui permet de tirer tout droit dans le Sud de l’archipel et ses dangers. La nuit à venir devrait être extrêmement stressante en solitaire par 51° Sud et 5°C…

Voix du large…

Roland Jourdain (Veolia Environnement) 3ème à 31,3 milles du leader : « Au sujet du classement : la folie continue. C’est exactement pour ça qu’on est là. C’est super ! C’est étonnant le mélange entre les classements. Je sors un empannage, tu te poses des questions… Mais tu te rends compte que les autres ont le même problème. Il n’y a pas de grosses options. »

Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada) 22ème à 1972,2 milles : « Conditions horribles pendant les dernières 18h. Rafales à 40 nœuds. Je me suis fait surprendre avec trop de toile. Longue bataille pendant la nuit. J’ai besoin de dormir, c’est sûr. Je n’ai pas les idées claires. Vent passé à 25/26 nœuds mais la mer n’est pas mieux. Bateau à 25 nœuds à ce moment. »

Marc Guillemot (Safran) 10ème à 217,4 milles : « Je devrais réduire l’écart avec les autres concurrents, entre le Nord et les Kerguelen. J’ai certes perdu du temps, mais les deltas se réduisent. Il ne faut surtout pas baisser les bras pour saisir les opportunités et rester au taquet. On peut toujours rater des choses, comme des systèmes météo, et ne jamais rattraper les autres. »

Rich Wilson (Great American III) 20ème à 1447,5 milles : « J’ai fait un surf à 22 nœuds, plutôt rapide pour ce bateau et pour moi aussi. Le boat plonge dans les vagues, je dois faire attention. C’est gris et beaucoup de vent. Mer cassante. J’essaie de faire attention pendant les manœuvres. Assez malmené physiquement… »

Vincent Riou (PRB) 7ème à 125,4 milles : « Il y a encore les 2/3 du trajet à faire. Il faut rester vigilant sur matériel, les voiles et la coque afin de garder toutes ses chances pour la suite. Il faut finir la course. On savait qu’il y aurait de la casse, même au niveau des mâts. C’est statistique : 30-40% des bateaux n’arrivent pas. Il y aura des accidents comme ceux des dernières 24h. Et puis le niveau est élevé. Chacun fait comme il le sent. Certains avancent vite, d’autres non, c’est un pari sur l’avenir. »

Arnaud Boissières (Akena Vérandas) 17ème à 852,6 milles : « Les espaces sont impressionnants. Le spectacle est merveilleux ! La mer est en train de grossir. Il y a des oiseaux à côté du bateau. Un albatros m’a suivi pendant 4-5 jours, et on s’est parlé. C’est un échange magique avec ce genre d’oiseau, mais il est reparti. Plusieurs fois j’étais à 20 nœuds et il me suivait l’air de rien… »

Le mot du tour…

Heard : Située par 53° Sud et 73° Est, l’île Heard (et la minuscule île MacDonald) est un territoire australien depuis 1947, et fut cartographiée la première fois par un chasseur de phoques américain en 1853. Inhabité et pratiquement inaccessible, ce relief volcanique sporadiquement en activité (pic Mawson à 2 745 mètres) offre une superficie de 368 km2 à 230 milles dans le Sud-Sud Est de l’archipel des Kerguelen. C’est la seule île du parcours du Vendée Globe à laisser obligatoirement à tribord.

Plus de 200 000 !

Le jeu Virtual Regatta a explosé les compteurs : un mois après le départ des Sables d’Olonne, 218 979 joueurs sont en route sur les trois océans, dont 80% de Français, 5% de Britanniques… La durée de jeu moyenne est de 90 minutes par jour ! Le leader actuel est « Pitibou » qui se positionne sous l’archipel des Kerguelen, avec une légère avance sur les véritables solitaires du Vendée Globe…

www.vendeeglobe.org

Jeudi 11 Décembre 2008
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