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Vendée Globe - Josse et Eliès au coude à coude


J+25 : à 750 milles dans le sud-ouest du Cap de Bonne Espérance

Ils ne se lâchent plus. Aux portes du sud, les deux premiers se tiennent en moins de 5 milles, le sixième, Jean Le Cam (VM Matériaux) est à peine à plus de 50 milles. Sébastien Josse (BT) mène toujours la danse devant Yann Eliès (Generali). Alors que le premier coup de vent austral devrait donner un premier aperçu de ce qui va être leur quotidien pendant près d'un mois, les solitaires du Vendée Globe voient l'étrave d'un certain Michel Desjoyeaux se profiler dans leur sillage. Le skipper de Foncia accusait à 16h un retard de 140,8 milles soit un débours de 0,7% sur la totalité du parcours…



Vendée Globe - Josse et Eliès au coude à coude
Les 5 premiers au pointage de 16h00
1- Sébastien Josse (BT) à 17933,4 milles de l'arrivée
2- Yann Eliès (Generali) à 3,6 milles du premier
3- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 28,5 milles du premier
4- Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 32,1 milles du premier
5- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 44,1 milles du premier

Les premiers étrangers
8- Mike Golding (Ecover) à 73,3 milles du premier
12- Dominique Wavre (Temenos 2) à 258 milles du premier
13- Brian Thompson (Barhain Team Pindar) à 445,3 milles du premier

Ils naviguent au contact. A la porte du grand sud, ils jouent comme s'il s'agissait d'une manche de régate en baie. Dix petits milles, c'est, aux vitesses actuelles des solitaires, à tout le moins une quarantaine de minutes… C'est dire l'acharnement que tous mettent à ne pas se laisser décrocher de la tête de course. Pourtant, quand on y regarde de plus près, les rythmes de course ne sont pas forcément homogènes : c'est un grand jeu du chat et de la souris, voire du gendarme et des voleurs auxquels se livrent les navigateurs… Pendant vingt-quatre heures, un des concurrents appuie sur le champignon au risque de la sortie de route, une manière élégante de rappeler qu'on est toujours dans le match. Quitte ensuite à baisser franchement de rythme pour récupérer des efforts fournis. C'est ce qui peut expliquer les mouvements de yoyo qui affectent le classement des dix premiers. Les hommes tiennent, mais le matériel qu'en dit-il ? C'est une des inconnues de ce début de course qui, s'il n'est pas le plus rapide sur le fond, bat tous les records de vitesse sur l'eau.

Salle d'attente et tapis roulant
Ce ne sera pas le baptême du feu. Ils ont déjà donné dans le Golfe de Gascogne. Il reste que le coup de vent attendu sur la flotte inaugure une probablement longue série. Comme dans la salle d'attente du dentiste, ils ne savent pas encore à quelle sauce, ils vont être mangés. Pour évacuer la pression, ils s'en remettent à la check-list usuelle : faire un tour du bateau pour vérifier que tout est en place, sangler le matériel qui risquerait de voler à l'occasion d'un saut de vague, prendre un peu de repos pour arriver frais et dispos quand le coup de vent montrera les crocs… Le premier coup de vent devrait inaugurer une longue série : ciel bas, houles puissantes et regards moqueurs des albatros vont constituer leur quotidien pendant une trentaine de jours. Mais surtout, ils vont devoir affronter l'angoisse de la casse, le froid de plus en plus mordant et cette irrésistible envie de stopper le manège quand, depuis des heures et des heures, le vent monte dans les tours et que quille et safrans vibrent à l'unisson. Embarqués sur le même tapis roulant, tous observent l'anémomètre affichant ses valeurs montantes… Mais personne n'est certain d'en toucher les dividendes.

La poursuite infernale
A l'arrière, Michel Desjoyeaux (Foncia) et Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) continuent leur chevauchée. Au matin, Michel pestait contre lui-même, la faute à un changement de voile trop bien anticipé qui lui avait valu de naviguer un temps sous-toilé. Ce qui ne l'empêchait nullement de reprendre encore des milles et de pointer à 16h à milles du leader. Bernard Stamm, au mépris de toute galanterie, s'apprêtait à croquer tout cru les deux demoiselles de la course. Le Suisse continue de mener un train d'enfer. Visiblement la chaudière de Cheminées Poujoulat est sous pression.

Information presse
Kito de Pavant, le skipper de Groupe Bel participera demain à la vacation de 11h à 13h en direct du Nautic de Paris sur le stand de la Vendée… Par ailleurs, durant toute la durée du Nautic du 5 au 14 décembre, les vacations seront présentées en direct du stand de la Vendée sur le salon.

Voix du large…

Michel Desjoyeaux (Foncia) : « Je croque des milles. J'ai pris un programme de fidélisation. Plus je gagne des milles, plus j'aurai de cadeaux ! J'ai regardé le dernier classement, mais j'ai du mal à me faire une idée de ce que traversent mes camarades de jeu. Je suis le premier à monter en cadence en touchant le vent. L'anémomètre est monté de 5 nœuds, le temps de vous téléphoner ; là, j'ai 39 nœuds. Mais bon, si on arrête de vivre dès qu'il y a 35 nœuds, il ne faut pas faire le Vendée Globe et ne pas aller dans les mers du sud… »

Marc Guillemot (Safran) : « J'ai eu une période difficile, pendant une trentaine d'heures. J'ai plusieurs pilotes qui ont eu quelques bugs. J'ai mis du temps à le découvrir, mais désormais, ça va beaucoup mieux. L'idée était de revenir au plus tôt dans la partie au lieu de pleurer sur son sort. En ce moment, les conditions sont assez musclées, il y a des rafales de 25 à 32 nœuds. La mer est bien formée. Un petit rayon de soleil apparaît à l'instant. La première porte de sécurité est derrière nous. Maintenant l'objectif suivant est au nord de la porte Kerguelen. C'est une très bonne initiative des organisateurs d'avoir modifié cette porte ; comme ça, je n'ai pas à faire le kamikaze ! Il faut être prêt pour la petite dépression en fin de journée. Le bateau est rangé. Dans ces conditions, on recale les poids le plus possible à l'arrière. »

Loïck Peyron (Gitana Eighty) : « J'ai passé la première porte mais j'ai un peu merdouillé cette nuit. J'ai trop bien dormi et j'ai perdu un peu de terrain. Les conditions sont bonnes. C'est du grand beau temps. Il y a un vent de nord-ouest de 25 nœuds, les vagues se forment et c'est toujours un peu stressant. La température est agréable et la croisière rapide ! Sinon, je ne suis pas encore monté dans le mât pour changer la drisse. J'attends une petite molle…. D'ici deux jours j'espère. Cette nuit, il y aura du vent, mais rien de méchant. Toute la question est de doser la surface de la voile. Je passerai bientôt à des voiles plus petites. Voilà ma stratégie pour la nuit. Il faut ménager sa monture car le Vendée Globe, pour le gagner, il faut finir. Il faut faire attention au bateau. J'ai d'ailleurs fait un check complet ce matin. Il y a toujours des choses à faire : ragage, usures. On ne voit pas tout et c'est ça le problème. »

Le mot du tour…

Sommeil : Même par mauvais temps, les marins doivent trouver le temps de se reposer. En moyenne, les navigateurs dorment de quatre à six heures par jour. Un temps largement suffisant, car les tranches de sommeil fractionnées sont plus " utiles " qu'une nuit d'une seule traite. Le stress à lui seul génère une fatigue importante. Pour dormir, les navigateurs ont tous leur méthode : siège de la table à carte inclinable, siège baquet pour être bien calé, bannette traditionnelle ou bien encore un pouf à base de microbilles que l'on installe au gré de ses humeurs…

www.vendeeglobe.org

Jeudi 4 Décembre 2008
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