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Vendée Globe - Jean est sauf, Michel caracole devant


J+ 59 Remontée de l'atlantique, au nord-est des Malouines

Jean Le Cam sauvé des eaux par Vincent Riou se remet de ses émotions à bord de PRB. Le monocoque orange, avec son gréement endommagé, fait route vers l'entrée du canal de Beagle où Isabelle Autissier - l'ex skipper de PRB !- pourrait réceptionner Jean. Devant, Michel Desjoyeaux, toujours plus rapide que son adversaire direct Roland Jourdain, fait des merveilles au large de l'Argentine.



Vendée Globe - Jean est sauf, Michel caracole devant
Les premiers au pointage de 16 heures le 07/01/09 :
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 6312,5 milles de l'arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 108,9 milles du leader
3- Armel Le Cléac'h (Brit Air) à 659,7milles
4- Vincent Riou (PRB) à 742,5 milles
5- Samantha Davies (Roxy) à 1860,4 milles

Le visage de Jean Le Cam bouffi de sommeil est apparu sur les écrans de la visioconférence, aux côtés de son sauveur Vincent Riou. Les deux hommes, relayés par Armel Le Cléac'h, sont revenus avec leurs mots sur l'incident qui a tenu en haleine toute de la communauté de la course au large, suspendue aux nouvelles du skipper de VM Matériaux, bloqué pendant plus de 10 heures à l'intérieur de son monocoque chaviré. Après de longs moments d'inquiétude, l'histoire se termine bien et presque de manière cocasse.

" Une seule balle dans le barillet "

Jean a expliqué qu'étonnamment, il était au téléphone avec Vincent juste avant que son bateau ne se couche et qu'il pensait avoir heurté quelque chose, peut-être un container entre deux eaux, cause de la perte du bulbe. Il a eu le réflexe de récupérer habits chauds et combinaison de survie avant de se retrancher dans la soute avant, seul endroit encore sec, l'arrière de son bateau étant immergé, rendant une sortie par la trappe de secours très compliquée. Jean, dans son cocon exigu et froid, s'est inquiété pour ses réserves d'air, conscient qu'il ne fallait pas quitter le bateau en l'absence des secours. Vincent, arrivé sur zone mardi à 15h21 n'avait quant à lui qu'une crainte : que Jean n'ai pas réussi à enfiler sa combinaison de survie et qu'il entre en hypothermie, dans une eau à 5 degrés. C'est pourquoi les deux hommes n'ont pas hésité à saisir l'opportunité qui s'est présentée vers 19h00. Une opportunité provoquée par Jean, dès qu'il a compris que son ami se trouvait près de lui. Après avoir viré des caisses qui lui barraient la route dans le compartiment arrière inondé, puis la porte de la trappe, il a attendu qu'une vague lève l'arrière du bateau pour s'extirper, puis s'amarrer à l'un de ses safrans. " Et là tu sais que tu n'as qu'une balle dans le barillet " commentait-il avec le recul. La suite a déjà été racontée : c'est dans sa quatrième tentative (réussie) pour récupérer Jean Le Cam que l'outrigger de PRB s'est cassé en partie, exposant le bateau orange à un démâtage. Mais les deux marins ont vite retrouvé leurs réflexes en empannant aussitôt et en assurant le gréement. " L'empannage de notre vie " assurait Jean.

Isabelle Autissier pourrait récupérer Jean

Ce mercredi à 16h00, PRB était à 30 milles du cap Horn et faisait route à 10 nœuds de moyenne vers l'entrée du canal de Beagle (sud de la Terre de Feu) où devrait l'attendre Isabelle Autissier. Jean pourrait alors être débarqué jeudi matin à bord du bateau de la navigatrice. Quant à Vincent, il souhaite plus que tout finir sa course, arriver aux Sables et être classé. " Pour faire partie des 13 encore en course, il a fallu se battre et je peux vous dire que je me suis battu pendant toutes ces semaines ! ". Pour cela, Vincent sait qu'il devra consolider son gréement. Il attend également des précisions du jury international concernant sa situation et les compensations qui pourraient lui être accordées.

Premier cap Horn pour Armel

Le skipper de Brit Air a quant à lui repris sa route et ses esprits après une journée chargée d'émotions contradictoires. Le voici, lui le bizuth du Vendée, propulsé sur la troisième marche d'un podium provisoire, à 659 milles de Michel Desjoyeaux. Armel peut déboucher le champagne, pour une triple occasion : le sauvetage réussi de Jean, sa position au sein de la flotte et son premier passage du cap Horn, commenté en direct par ses soins à la vacation du jour. Le visage barbu, le navigateur de la baie de Morlaix ne cachait pas sa joie de croiser le fameux rocher.

13 en course et deux devant

Armel fait partie de la nouvelle bande des 13, en espérant que ce chiffre porte bonheur pendant les 6300 milles de course restants. Au sein de cette bande, un homme se distingue depuis 22 jours déjà, soit le record de durée en tête de course depuis le début de ce Vendée Globe. Le skipper de Foncia qui met de l'est dans sa trajectoire pour négocier une paire d'anticyclones sud-américains, est devenu le " Monsieur Plus " de cette giration planétaire mouvementée. Dans ses choix stratégiques, dans sa façon de mener le bateau, dans l'apparente absence de soucis techniques, dans sa vitesse, Mich' est toujours plus. Ce qui faisait dire à son fidèle poursuivant Roland Jourdain : " mon Mich, il m'énerve, mais il m'énerve ! Il va falloir que je me gratte la tête, que je brûle des cierges pour le dépasser ". Au classement de 16h00, le skipper de Veolia Environnement était pointé à 108,9 milles d'un Foncia plus rapide de 5 nœuds ! Mais l'espoir est toujours permis pour Roland : selon Sylvain Mondon de Météo France, il y aura des coups à jouer pour négocier les anticyclones argentins et uruguayens devant leurs étraves.

A chacun sa porte

Derrière, toute la flotte étalée sur 6000 milles profite aujourd'hui d'une relative accalmie. De belles tranches de pétole attendent même Steve White, en plein anticyclone. Ce dernier a franchi aujourd'hui la première porte Pacifique. Derrière lui, l'Américain Rich Wilson a respecté le tronçon de sécurité néo-zélandais, tandis que Samantha Davies, 5e et Marc Guillemot, 6e, se dirigent librement vers le cap Horn.

Voix du large…

Jean le Cam (VM Matériaux) « J'ai toujours eu en tête de ne pas quitter le navire. Ça, c'était la chose la plus importante. Mais je ne savais pas combien de temps je pouvais rester à l'intérieur. Dans un volume d'air de 10 m3, j'ignore combien de temps un être humain peut vivre. A un moment, j'ai entendu la voix de Vincent. Vrai ou pas ? Je l'ai entendue une deuxième fois. Là, j'étais sûr... Si tu sors et qu'il n'y a personne, ça devient dangereux. Et là, je savais qu'il n'y avait qu'un coup dans le barillet... Je me trouvais dans mon igloo à l'avant du bateau. Je suis retourné derrière prendre un cordage. Avec Tabarly, j'avais déjà chaviré, donc je savais qu'il fallait pouvoir s'amarrer. Si tu n'as pas de bout, une fois dehors, t'es comme un con. C'est comme quand tu vas acheter du pain et que tu as oublié tes sous… Plein de trucs sortaient du bateau et Vincent, qui les voyait sortir a dû se dire: " C'est l'heure de l'accouchement ! ". J'ai mis les pieds devant, et dans un mouvement de vague, je suis sorti. Là je l'ai vu…Un grand moment… Je monte sur mon bateau. Je m'amarre au safran. Il y avait de la mer. Vincent a fait plusieurs passages et, à un moment, j'ai attrapé son bout. Comme les deux bateaux sont passés assez près, l'outrigger s'est cassé. Le mât de PRB s'est incliné de 30°. On a fait l'empannage de notre vie ! »

Vincent Riou (PRB), 4e à 742,5 milles « Je sentais la détresse dans les cris de Jean. L'arrière de VM Matériaux était enfoncé de bien 40 centimètres. Jean était guetté par le froid. Quand je suis passé à côté, j'ai crié. Une réponse m'est parvenue. Jean a agité un pavillon par le passe coque. Ne sachant pas dans quel état il se trouvait à l'intérieur, je me suis organisé avec Armel pour faire des rondes. Il se trouve que Jean a réussi à sortir, attraper son safran et à monter sur son bateau. La manœuvre n'était pas évidente. Il fallait se tenir tout près pour le réceptionner. Là, je me suis approché une première fois, tout près, une deuxième fois. Ce n'est qu'à la quatrième tentative que j'ai réussi à passer le cordage. Je prenais plus de risques en m'approchant. Même s'il était accroché au safran, il suffisait d'une vague un peu grosse pour que Jean soit éjecté. Pas facile de résister à la pression de l'eau. Les coques se sont frôlées. L'outrigger a été cassé, mais à ce moment précis, c'était le cadet de mes soucis. J'ai entendu le crac du mât. Heureusement, Jean était déjà à bord. Maintenant, nous faisons route vers le cap Horn, vers l'entrée du canal Beagle. On a rendez-vous là-bas avec Isabelle Autissier. C'est notre contact sur place. A priori, le débarquement se fera par elle. »

Armel Le Cléac'h (Brit Air), 3e à 659,7 milles « Je suis à 5 milles du cap Horn. C'est mon premier et je suis ravi de le passer aujourd'hui. D'autant que depuis 24 heures, il y a beaucoup d'émotions. La bouteille de champagne est prête !... Quand j'ai appris le souci de Jean Le Cam, je me suis tout de suite dérouté. On a vu le bateau chaviré. La manœuvre s'est avérée assez difficile. On a dû attendre. Avec la direction de course, on s'est organisé au mieux pour faire le maximum sur place. C'est la solidarité des marins. Je suis très heureux que ce soit fini et que Jean se trouve en pleine forme. C'était une sacrée expérience. Je garderai de ce sauvetage un souvenir exceptionnel. Pour moi, la course a repris depuis quelques heures seulement. J'essaie de ne pas forcer sur le bateau, de me reposer émotionnellement. »


www.vendeeglobe.org

Jeudi 8 Janvier 2009
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