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Vendée Globe - « Inderweltstein » vainqueur du Vendée Globe Virtuel


Vendée Globe
Trente six heures après l’arrivée triomphale de Michel Desjoyeaux aux Sables d’Olonne, un autre grand vainqueur s’est présenté sur la ligne d’arrivée du Vendée Globe, Virtuel celui-là. Parti le 9 novembre dernier pour une course qui est devenue un véritable phénomène de société avec plus de 320 000 joueurs, Inderweltsein a coupé la ligne d’arrivée à 9h ce mardi matin reléguant son plus proche poursuivant à plus de 80 milles. Son skipper, Hugues, ne s’attendait pas à cette victoire qui s’est dessinée au niveau des Açores dans les tous derniers jours de courses…. Extraits de l’interview du vainqueur



Vendée Globe - « Inderweltstein » vainqueur du Vendée Globe Virtuel
Vous avez coupé la ligne d'arrivée aux Sables d'Olonne il y a quelques minutes. Pouvez nous expliquer ce que vous avez ressenti à ce moment là ?

« Il y a évidemment un peu de joie et de fierté à avoir laissé autant de compétiteurs derrière moi, y compris ceux qui s'y sont fait déjà un nom, et à arriver vers les Sables avec une distance suffisante pour n'avoir pas à se battre jusqu'au dernier instant. Et en même temps, avec le recul c'était un vrai plaisir à vivre, et j'aurais bien aimé que la course dure un mois encore. Donc il y a un peu de regret à ce que cela prenne fin. »

Pensiez-vous au départ il y a trois mois avoir une chance de remporter le Vendée Globe cette année? Quelles sont les motivations qui vous ont amenées à participer à cette course ?

« Je voulais réveiller un peu de vieux réflexes de voile, tester ce que valait mon sens stratégique un peu rouillé. D'un autre côté, je n'avais aucune expérience dans le routage, puisque les régates en parcours olympique se font à l'échelle d'un plan d'eau et c'est plutôt des risées à court terme et le léger décalage des bouées par rapport au vent qui déterminent sa route. Bref il n'y a pas cette dimension temporelle d'anticipation. Je voulais juste bien figurer, être dans les 5000, les 1000, les 500 ou peut-être mieux. »

Vous faites partie des joueurs qui ont parcouru le moins de route sur ce Vendée. Comment expliquez-vous cela ?

« Après avoir essayé de réveiller (avec quelques erreurs et tâtonnements) mes réflexes, jusqu'au Cap Vert, ensuite, jusqu’au sud de la Nouvelle Zélande, j'ai manqué énormément de temps. Alors je dois avouer quelque chose de peu reluisant : j'ai navigué sans réellement prendre en compte les prévisions, en cherchant la meilleure VMG à l'objectif (ce qui a tendance à favoriser une route courte).

Combien d'heures par jour consacriez-vous au jeu ? Quel rythme de sommeil avez-vous adopté ?

« J'y ai investi environ 2h à chaque changement de carte afin de corriger et optimiser ma route sur le plus long terme, avec notamment les nouvelles informations météo héritées lors de la bascule et d'anticiper précisément ma route sur les 12h à suivre. Cette anticipation m'a permis notamment la nuit de me réveiller précisément au passage des "frontières de vent". Cela peut sembler coûteux, comme rythme mais j'ai une tendance légèrement insomniaque, qui fait que je veille de toute façon souvent tard. Et puis cela ne représente, sauf en cas de fort coup de vent, qu'un réveil toute les 4 à 7h (suivant la latitude, et le cap). »

Utilisez-vous des sources extérieures de prévisions météorologiques et lesquelles ?

« Comme beaucoup d'autres, uniquement les fichiers au format grib du modèle GFS de la NOAA, disponible à travers diverses sources telles que grib.us et son logiciel Ugrib, ou tel que celui dont j'ai fait usage, le logiciel libre zyGrib qui a de ce fait la qualité d'être disponible sur toute plateforme (Windows, Mac OS X, ou la mienne, Linux).
En revanche, contrairement à d'autres qui ont évoqué que l'intérêt de cet outil était surtout ce qu'il prévoyait à long terme c'est à dire 6 ou 7 jours, tout mon routage sérieux, entamé sous la Nouvelle -Zélande, a été réalisé sur un plus court terme (à la durée précise, secrète). Il me semble que c'était le bon choix, car à trop long terme la prévision est de plus en plus inexacte. »

Êtes-vous un marin ? Quelle est votre expérience en voile réelle ?

« Cela fait malheureusement un bon moment que je n'ai pas retrouvé un bateau à voile. Comme je l'ai évoqué précédemment, j'ai fait de la compétition, tant que j'étais benjamin ou minime (en somme jusqu'à mes 15 ans) de nombreuses régates en Optimist, au niveau départemental, régional et national, alignant de nombreux titres départementaux et de bons très résultats au niveau régional et national. J'ai de très bons souvenirs de celui qui dominait alors la région et la nation et a confirmé par la suite avec un titre de champion du monde en Mumm 30, Pierre Loïc Berthet (et de quelques autres noms) ou une victoire lors du Tour de France à la Voile, mais en revanche je doute que lui ait le moindre souvenir de moi. Je me suis un peu éloigné des bateaux quand est arrivé le lycée, même si j'y suis retourné en quelques occasions par la suite sur diverses classes de monocoques et multicoques."

Depuis combien de temps pratiquez-vous la voile virtuelle ?

« C'était ma première participation. J'ignorais que le domaine s'était autant développé ces dernières années. »

Votre âge ? Où habitez-vous ? Votre profession ?

« J'ai bientôt 32 ans, dans quelques semaines. Je vis dans la région de Rennes mais suis d'origine Lavalloise. Je suis développeur dans le domaine du logiciel libre prenant part tant à titre professionnel mais aussi personnel, par passion, sur mon temps libre à divers projets, dont Mozilla et FrenchMozilla. Ça n'a pas grand chose à voir finalement avec ma formation d'ingénieur en mécaniques des fluides à Toulouse, dont j'espérais (et regrette parfois) qu'elle me mène dans un bassin de carène ou dans une soufflerie...

Quelle est l’origine du nom de votre bateau et que souhaiteriez-vous ajouter pour conclure cette interview ?

« En fait, le nom fait référence au concept d'"être au monde" dans la philosophie d'Heidegger vis à vis de l'existence humaine. C'est à la fois un hommage personnel. Enfin, je veux communiquer aux milliers de personnes qui m'ont écrit ces dernières semaines combien je regrette de n'avoir pour la plupart pas pu leur répondre, mes regrets étant plus grand encore pour la classe de jeunes élèves que j'ai du bien décevoir. Je vais essayer de trier un peu tous ces courriers et d'y répondre le plus possible, si possible personnellement dans les jours à venir. Quoi qu'il en soit, merci, infiniment, à chacune de ces personnes, de votre soutien, de vos encouragements.
Je salue aussi tout le groupe de tête avec qui j'espère garder quelques liens au delà du jeu (au pire sans doute à travers d'autres régates).

Source Sébastien Destremau

www.vendeeglobe.org

Mercredi 4 Février 2009
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