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Vendée Globe - Fortunes et infortunes de mer


J+ 60 : Remontée de l'Atlantique Sud, au large de l'Argentine

Après deux mois de mer et le récent démâtage de PRB, ils sont désormais douze concurrents en lice, douze témoins impuissants face aux déboires de leurs compagnons de route. Course de contrastes et de paradoxes, le Vendée Globe essaime à l'aveuglette les bonnes et les mauvaises fortunes. Aujourd'hui, la flotte hésitait entre sentiment d'injustice et soulagement d'être encore dans le match.



Vendée Globe - Fortunes et infortunes de mer
Les premiers au pointage de 16 heures le 08/01/09 :
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 5956,4 milles de l'arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 123,5 milles du leader
3- Armel Le Cléac'h (Brit Air) à 768,8 milles
4- Vincent Riou (PRB) à 1043,4 milles
5- Samantha Davies (Roxy) à 1942,9 milles

Gloires et déboires


Voici deux mois que les marins tournent autour de la planète et seulement douze d'entre eux seront potentiellement à l'arrivée. Malgré les évolutions technologiques et les mesures de sécurité de plus en plus drastiques, le Vendée Globe colle à son histoire : une course de contrastes où les heurts succèdent aux heures de gloire à la vitesse d'une dépression du grand Sud, où tout le spectre des émotions peut-être balayé en quelques secondes. Depuis soixante jours et maintenant que les leaders ont accompli plus des deux tiers du parcours, 60% de la flotte a jeté l'éponge, ce qui prouve à quel point cette giration planétaire en solitaire est avare en récompenses.

Sentiment d'injustice


Pourtant, jamais une course n'avait vu autant de cadors affûtés déflorer la ligne de départ le 9 novembre dernier. Sur les trente partants, dix-sept ne termineront pas. Seize ont été victimes d'avaries, (dont six démâtages) qui ne sont pas seulement dues à des problèmes purement mécaniques, mais aussi à la malchance, ou à un enchaînement d'événements malencontreux comme les objets flottants rencontrés par Jean-Pierre Dick et Jean Le Cam, la déferlante qui a couché BT ou le naufrage de Cheminées Poujoulat aux Kerguelen. Un seul (Yann Eliès) a été évacué sur blessure et depuis mercredi soir, c'est au tour de Vincent Riou, d'être frappé par le sort.

Joint ce matin à la vacation pendant que PRB arrivait (à 10h30) en remorque à Puerto Williams, un port militaire chilien situé dans le canal de Beagle (au sud de la Terre de Feu), Vincent avait la voix fanée, trahissant fatigue morale et sentiment d'injustice. Depuis hier si heureux d'avoir réussi à récupérer son ami Jean Le Cam, au prix d'une manœuvre périlleuse, le vainqueur du Vendée Globe 2004 réfléchissait déjà à l'avenir, avec comme seul objectif : réparer son gréement et terminer sa course au Sables d'Olonne

Le privilège d'être encore en course


Paradoxalement, cette succession de funestes péripéties renforce le sentiment de privilège d'être encore en course. Même Raphaël Dinelli, dernier à plus de 6 300 milles des leaders, savourait cette journée calme et ensoleillée au large de la Nouvelle-Zélande, malgré ses soucis techniques et la récente tentation de s'arrêter définitivement en Australie. En troisième position avec un océan d'avance, Armel Le Cléac'h, dans une vidéo envoyée mercrerdi, ne cachait pas son immense plaisir de doubler pour la première fois de sa vie le cap Horn. La rayonnante Samantha Davies qui a cassé (et réparé) son hâle-bas de grand-voile et beaucoup bricolé sur le pont de Roxy, devrait franchir à son tour le fameux cailloux, ce week-end. On imagine déjà la satisfaction de la navigatrice anglaise actuellement pointée dans le top 5. Arnaud Boissières, lui, trouvait son bonheur dans la bagarre qui l'oppose depuis de nombreuses semaines à Dee Caffari, malgré un déficit de vitesse à bord de son " vieux " bateau. Bref, malgré les galères et les coups du sort, percent toujours de brefs moments d'euphorie ou de soulagement.

Foncia, la force tranquille


Et que dire du réjouissant duel qui se trame au large de l'Amérique du Sud ? Aux commandes depuis maintenant 23 jours, Michel Desjoyeaux progresse comme une mécanique bien huilée. Même si le skipper de Foncia déplore quelques bricoles à réparer, il demeure sûr de ses choix stratégiques et serein dans sa navigation. C'est la voix claire et déliée qu'il répondait ce jour à la vacation, sans trop s'inquiéter - apparemment - de la trajectoire de son adversaire Bilou, décalé de 250 milles dans son Ouest. Pourtant, la situation est loin d'être limpide devant les étraves de Veolia Environnement et Foncia, avec un immense anticyclone de 900 milles, en formation au large de l'Uruguay. Sainte Hélène, priez pour eux !

Voix du large…

Vincent Riou (PRB) : « Nous étions en train de manœuvrer pour approcher le canal Beagle quand la cadène provisoire que nous avions faite à bâbord a cassé. Le mât est tombé tranquillement dans l'eau. On n'a rien pu faire d'autre que de l'abandonner car il y avait du clapot. Vouloir le récupérer était plus dangereux qu'autre chose. La nuit dernière, on a été pris en remorque par la marine chilienne et on vient d'arriver à Puerto Williams (à 10h30). On avait fait 250 milles avec le gréement réparé, il n'en restait que 50 à faire ! C'est comme ça. J'ai du mal à me projeter plus loin que là où je suis. Il faut qu'on se pose, qu'on se repose, qu'on règle nos problèmes de douanes qui ne vont pas être simples. Il est surtout urgent de ne pas se précipiter. Physiquement, on est fatigué mais ça, on connaît. Que ce soit moi ou Jean, on en a les bras qui tombent, c'est le truc de trop. Il va falloir qu'on fasse avec mais ça m'arrive après d'autres événements similaires qui me sont arrivés l'année dernière. J'ai l'impression que l'histoire se répète… »

Arnaud Boissières (Akena Vérandas), 8e à 3147 milles : « Il y a du vent qui est rentré par le travers et ça va pas mal. J'ai bien peur qu'avec ces conditions, on fasse une route identique avec Dee (Cafari) mais elle va un peu plus vite… Il ne faut pas traîner car il y a une grosse cartouche qui arrive vers le 16 janvier. La bataille avec Dee Caffari est plutôt intéressante : il me manque parfois des chevaux sous le capot, mais c'est fascinant. Je ne lâcherai pas le morceau, même si elle va un peu plus vite : je ne désespère pas. »

Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital), 13e à 6369 milles : « Les jours prochains vont être plus difficiles car une nouvelle dépression arrive. Si je m'arrête ici, je perds déjà le contact avec Norbert (Sedlacek) et je vais me retrouver avec deux jours de retard sur son bateau. Or, au cap Horn, ce sera bourré d'iceberg et donc dangereux. Ça va mieux là, je n'étais pas bien en fin d'année, après deux mois et toutes mes avaries, je suis physiquement très fatigué, j'ai vraiment pris coup sur coup. C'est vrai qu'au niveau moral parfois, je me retrouve loin derrière. Mais le but c'est que tout le monde arrive à bon port. »

Michel Desjoyeaux (Foncia), 1er : « Ça continue de foncer à bord de Foncia. Tous ces milles parcourus nous rapprochent de chez nous. Je vais bien et a priori, rien ne pourrait m'empêcher d'aller jusqu'aux Sables d'Olonne, Comme j'ai un peu d'avance, ça va me permettre d'aller de l'autre côté de la bulle anticyclonique qui arrive. J'ai pas mal cravaché après les Malouines pour accrocher ce système. Et comme les fichiers météo sont sur sept jours, ça m'a permis de bien calculer ma trajectoire. Je pense que ça va devrait se passer pas trop mal ! »

* A noter que Vincent Riou (PRB) apparaît toujours dans le classement car il n'a pas encore déclaré officiellement son abandon.

www.vendeeglobe.org

Jeudi 8 Janvier 2009
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