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Vendée Globe - Desjoyeaux et Jourdain après le Horn


J+ 57 Au cap Horn



Vendée Globe - Desjoyeaux et Jourdain après le Horn
Y'a d'la joie. Que ce soit pour Michel Desjoyeaux ou Roland Jourdain, premiers concurrents à doubler ce lundi le cap Horn, ou plus loin pour Sam Davies, Dee Caffari et Steve White, il y avait de la joie à la vacation du jour. Un bonheur qui rimait avec délivrance, clémence des conditions météorologiques ou encore décisions du jury. Seuls probables malheureux, Norbert Sedlacek et Raphaël Dinelli qui accusent, à 6 000 milles des leaders, un océan et de nombreuses dépressions de retard.

Les premiers au pointage de 16 heures le 05/01/09 :
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 6 904,7 milles de l'arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 76,8 milles du leader
3- Jean Le Cam (VM Matériaux) à 461,2 milles
4- Vincent Riou (PRB) à 653,2 milles
5- Armel Le Cléac'h (Brit Air) à 665,9 milles

Sélection internationale :
6- Samantha Davies (Roxy) à 2084,5 milles
8- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 2 728,2 milles
9- Dee Caffari (Aviva) à 2 957,5 milles

Retrouvailles atlantiques

Michel Desjoyeaux a franchi ce lundi matin à 4h10 (heure française), la longitude du troisième et dernier des grands caps de ce Vendée Globe suivi de Roland Jourdain qui lui emboîtait le pas, à 13h00 très exactement. Le skipper de Foncia a eu beau s'approcher du rocher autant qu'il le pouvait, c'est dans l'obscurité totale qu'il a doublé le cap Dur, sans pouvoir l'immortaliser. Bilou en revanche, croisait ses cailloux chéris en plein jour, et se réjouissait en chantant, malgré la grisaille, de mettre le clignotant à gauche.

Les deux hommes de tête sont apparus alertes et très détendus lors de la vacation et de la visioconférence du jour, célébrant leur arrivée en Atlantique comme une fête et un soulagement. Les deux tiers du parcours sont dans leur sillage. Ils ont échappé à la casse et il leur reste maintenant 7 000 milles au fil d'un océan certes parsemé de pièges, mais qui reste synonyme de retour à la maison et à la civilisation. " Ce n'est pas que j'ai mal vécu les mers du Sud, mais il n'y a jamais eu de répit, confiait Michel Desjoyeaux. Ce qui est plaisant, c'est de quitter cette oppression du vent fort, permanent ". En franchissant cette pointe rocheuse symbolique, Mich' Desj' a deux raisons de se réjouir, il célèbre aussi son 20e jour de course en tête !

Stratégie compliquée

Passablement ralenti alors qu'il embouquait de détroit de Le Maire - un étroit corridor de 16 milles situé entre la pointe Sud-Est de la Terre de Feu et l'île des États -, il profitait du soleil et des vents calmes pour ranger, matosser et vérifier Foncia, sans trop se soucier du retour de Bilou, presque deux fois plus rapide que lui. Entre le pointage du petit matin et celui de 16h00, ce dernier avait réussi à grappiller plus de 53 milles sur son prédécesseur. Mais ce lundi soir, dans les mêmes parages, le skipper de Veolia Environnement devrait être ralenti à son tour… Les parties de yo-yo et de cache-cache ne font que commencer au sein du tandem de tête qui s'apprête à entamer une remontée de l'Atlantique compliquée stratégiquement.

Jean Le Cam sera le troisième sur la liste du Horn, une délivrance qu'il appelait de ses vœux et qui devrait intervenir dans la journée de mardi. A bord de son bateau rose fuchsia, le skipper de VM Matériaux avouait avoir connu une nuit mouvementée aux abords des côtes chiliennes et ce matin, il décrivait à sa manière très imagée " des grains colossaux " et les contrastes violents de son environnement, que ce soit dans les lumières ou la force du vent.

Vincent Riou (PRB), quelques milles devant son éternel compagnon de route Armel Le Cléac'h (Brit Air) relatait lui aussi des conditions instables et musclées. Les deux hommes devront encore patienter 48 heures pour retrouver l'Atlantique

82 heures pour Marco, 32 pour Sam

En 6e et 7e position à plus de 2 000 milles de la tête de course Samantha Davies et Marc Guillemot se sont réjouis des bonifications en temps accordées par le jury international du Vendée Globe (32 heures pour la première, 82 pour le deuxième) suite à leur détournement pour porter assistance à Yann Eliès. La navigatrice anglaise, toujours de bonne humeur, semblait à peine contrariée par les allures de près qui freinaient aujourd'hui sa progression vers la dernière porte du Pacifique. Quant au navigateur de Safran, il confirmait son intention de s'arrêter juste après le passage du cap Horn ou bien aux Malouines pour réparer son rail de mât arraché au niveau du 3e ris… avec ses deux mouillages laissés à Auckland Island, 'Marco' n'est pas au bout de ses peines.

A l'Ouest de la carte, les Anglais Dee Caffari (Aviva) et plus loin Steve White (Toe in the Water) profitaient d'une journée de navigation idyllique dans la Pacifique. Ce 57e jour de course était en effet celui d'une relative et bienvenue accalmie sur une bonne partie de la flotte. Seuls malchanceux de l'histoire, Norbert Sedlacek et Raphaël Dinelli : en queue de peloton, à 6 000 milles des hommes de tête, les deux marins ont fait ce matin leur entrée dans l'océan Pacifique. Ils vont subir deux forts coups de vent successifs, avec 35 à 45 nœuds d'Ouest et de fortes rafales, accompagnés d'une mer très forte.

Voix du large…

Michel Desjoyeaux (Foncia), 1er à 6904 milles de l'arrivée « Je me prépare à passer par le détroit de Le Maire. Le temps est mou et le ciel est grand bleu… ce qui ne fait pas de mal pour bricoler et sécher. Sortir des mers du Sud n'est jamais désagréable, car si on n'est pas vraiment mal là-bas, on est tout de même content que ça s'arrête. Je me souviens la dernière fois avoir eu des conditions difficiles mais avec des moments de calme. Tandis que cette fois-ci, le manque de répit m'a tapé sur le système. Mais bon : il reste encore un mois de course avant de rentrer. »

Roland Jourdain (Veolia Environnement),
2ème à 76,8 milles du leader « Je vois le Cap Horn. Il y a un grain, mais je suis content de voir les cailloux et la pointe. En même temps depuis hier, je me dis que je ne reviendrai pas là-bas de si tôt. Mais ça fait plaisir pour le bateau. Et puis la vie est belle, je suis deuxième à 100 milles du premier. J'ai hâte de me dégourdir et de faire manœuvres dehors. »

Marc Guillemot (Safran), 7ème à 2348,9 milles « Mes problèmes de rail se sont aggravés en début de week-end. Le rail au niveau du 3ème ris s'est arraché, ce qui montre qu'il y a un souci de structure. Ça m'handicape fortement. Dans Safran, tout est fixé au même endroit, vissé avec le même échantillonnage, donc lorsque la têtière se détache, la grand-voile n'est plus retenue. J'envisage vraiment de m'arrêter. Si je veux continuer à naviguer dans des conditions à peu près correctes, je n'ai plus vraiment le choix. Soit je fais escale après le cap Horn, mais il faut pour cela des conditions météo correctes, soit je le fais aux Falkland, à côté de Port Williams… »

Vincent Riou (PRB), 4ème à 653,2 milles « La mer est agitée et croisée, mais il y a surtout un ciel instable, avec des grains et un vent qui oscille de 35 à 40 nœuds. Quand l'air arrive, ça pousse fort sur le bateau. Je suis presque en route directe. Moi, j'ai vécu deux Pacifique différents. La dernière fois, je n'avais pas eu de tempêtes. Là, j'ai eu un Pacifique agité, avec d'énormes dépressions et de belles tempêtes. Il a fallu adapter les trajectoires. Celui qu'on a vécu cette année est plus conforme aux standards. Je suis content de passer dans l'Atlantique, même si la semaine qui suit le passage du cap Horn est assez sportive, en général. Il faut du temps pour remonter en latitude. Le cap est un passage psychologique. Il va y avoir du boulot et des conditions fraîches. Ce n'est pas le moment de se relâcher. »

Samantha Davies (Roxy), 6ème à 2084,5 milles « Je suis toujours au top moralement. Je sais qu'un coup de spleen peut toujours arriver. Les causes ne manquent pas : en cas de souci sur le bateau, ou si je tape quelque chose, ou encore si j'ai des ennuis avec mon safran. Pour l'instant, tout va très bien. La chance suit Roxy. Je me repose au maximum car, si jamais j'ai un coup dur et que je suis obligée de travailler sans dormir, je serai prête. »

Jean le Cam (VM Matériaux), 3ème à 461,2 milles « Purée ! Il n'y a ni trop de mer, ni trop de vent, mais alors des grains... Des grains de partout, avec du mou. Et ceux-là, il vaut mieux se retourner pour les voir arriver, même s'ils font peur. C'est du colossal. Tout ici est couvert de grains, des caricatures de grains, des monstres ! Par rapport au dernier Vendée, il fait moins froid et, grâce à la Direction de Course, on a été moins obligé de slalomer entre les icebergs. Mais alors niveau météo, on a été servi. Et pour le coup, ça a été très musclé. »

www.vendeeglobe.org

Lundi 5 Janvier 2009
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