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Vendée Globe - A la fortune du pot


J+10 Entrée dans le pot au noir

Emmenés par Loïck Peyron, les premiers concurrents ont abordé le pot au noir et expérimentent depuis cet après midi le douloureux exercice d'une navigation sans vent. Contraints à une veille de tous les instants pour extirper de leurs grands monocoques quelques dixièmes de nœuds, les voici plongés pour 24 à 36 heures dans un univers aléatoire. Un regroupement est à prévoir.



Vendée Globe - A la fortune du pot
Les 5 premiers au pointage de 16h00
1- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 21 136 milles de l'arrivée
2- Sébastien Josse (BT) à 27,3 milles du leader
3- Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 44,1 milles
4- Armel Le Cléac'h (Brit Air) à 44,8 milles
5- Vincent Riou (PRB) à 54,3 milles

Premiers étrangers
7- Mike Golding (Ecover) à 86,5 milles
12- Samantha Davies (Roxy) à 268,5 milles
13- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 272,1 milles

La ligne de départ est fermée

En ce 10e jour de course, 2100 milles séparent les chefs de file du dernier concurrent. Quand les premiers pensent déjà au franchissement de l'équateur, d'autres abordent ou s'extirpent de l'archipel du Cap Vert. Plus haut sur la carte de l'Atlantique nord, Bernard Stamm arrondit les Canaries, Derek Hatfield glisse à l'ouest de Madère et Dejeanty file au large du Portugal. Le skipper de Maisonneuve surveille l'étanchéité du pont de son bateau comme du lait sur le feu. Il est le dernier concurrent à avoir profité des 10 jours d'ouverture de la ligne de départ pour rentrer aux Sables d'Olonne et réparer à terre. La ligne est d'ailleurs définitivement fermée depuis ce mercredi 13h02.

Le Cam puni par ses pilotes

Les autres, depuis longtemps déjà, sont contraints de résoudre sur l'eau le moindre pépin technique, à la force des bras et des méninges. Jean le Cam en a fait la douloureuse expérience la nuit dernière : ses quatre pilotes automatiques hors service, il a passé plusieurs heures en travers de la route pour résoudre la panne et estime avoir perdu 45 milles dans l'opération. A ce contretemps viennent s'ajouter les milles envolés au cours de son recalage obligatoire dans l'ouest. Résultat des courses : VM Materiaux a dégringolé à la 8e place, à 93 milles de Loïck Peyron.

Peyron en éclaireur à 2,6 nœuds de vitesse

Ce dernier qui entame son 7e jour de course aux avant-postes, a ouvert aujourd'hui la voie dans le pot au noir. La traversée de cette bande de 300 milles située de part et d'autre de l'équateur, où règnent grains violents et vents erratiques, confine parfois au jeu de hasard. A la vacation du jour, les navigateurs ont évoqué ces aléas, l'indispensable facteur chance, se remémorant avec un certain fatalisme les milles perdus ou gagnés par enchantement lors de leurs précédents passages. Yann Eliès, lui, imagine un pot au noir sous forme de " bête ", cerbère fantasmagorique, gardien du passage dans l'hémisphère sud.
Dans cette zone où l'irrationnel et l'imprévu prennent le pas sur le calcul, les marins vont renouer avec les basiques de la navigation à la voile : observer la mer, scruter les nuages et surtout, veiller sur le pont pour répondre dans la minute aux variations de vent. Ce jeu de patience et d'abnégation va durer pendant les 36 prochaines heures et chacun espère secrètement qu'il en sortira gagnant. Ce matin, dans le sillage bleu marine de l'éclaireur Peyron, les poursuivants avaient placé leurs pions et glissaient paisiblement sous un soleil de plomb, tube de crème solaire à la main et ventilo en marche à l'intérieur des bateaux. Mais au classement de 16h00, les vitesses avaient déjà amorcé leur chute libre, Gitana Eighty peinant à 2,6 nœuds de moyenne, tandis que Sébastien Josse (BT), Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), Armel Le Cléac'h (Brit' Air) plafonnaient à 4 nœuds.

Petit à petit, les poursuivants vont buter à leur tour dans ce mur sans vent et un joli regroupement est à prévoir dans les prochaines heures. Parmi les retardataires qui glissent toujours dans l'alizé, cet arrêt buffet fera quelques heureux. De Dominique Wavre (Temenos II) à Michel Desjoyeaux (Foncia), certains y verront une belle occasion de revenir au contact. Un bonheur probablement éphémère, à moins que la " bête " dans ses caprices, ne décide de les laisser passer comme des fleurs.

Meilleure progression….

Attribuée ce mercredi 19 novembre à Bernard Stamm, 24e au pointage de 16h00, à 1133 milles de la tête de course. Le skipper de Cheminées Poujoulat, qui glisse actuellement au portant au large des Canaries, a parcouru 277,9 milles ces dernières 24 heures. Poussé par un alizé constant, le navigateur suisse se réjouissait de ces belles conditions de navigation dont il profite depuis le cap Finisterre.

Voix du large…

Jean-Baptiste Dejeanty (Groupe Maisonneuve), 26e à 2103 milles du leader : « Je suis actuellement au large de Vigo. C'est sûr que c'est moins intéressant sportivement, mais je me motive avec tous les mails d'encouragement que je reçois et ces milliers de gens qui étaient le long du chenal dimanche. Mon deuxième départ était vraiment incroyable. Sinon, ma réparation est nickel. Il reste encore une ou deux petites fuites au niveau des tunnels des drisses. »

Jean Le Cam (VM Matériaux), 8e à 93 milles : « J'ai eu un problème de pilote hier (mardi). Je suis resté quatre à cinq heures arrêté en travers de la piste pour réparer. J'ai quatre pilotes à bord. Je les ai essayé un par un, et tous avaient la même panne. Je peux vous dire que ça a fumé à bord pendant quatre heures. Être arrêté à 0 nœud à chercher une panne pendant que les autres foncent à 10 nœuds, c'est dur psychologiquement. Disons que ça forge le caractère. Mais maintenant tout est nickel. »

Armel Le Cléac'h (Brit Air), 4e à 44,8 milles : « Je navigue à vue avec Jean-Pierre Dick. Je suis content d'être bord à bord avec lui. Il a beaucoup d'expériences en 60 pieds Open, a remporté de grandes courses. On s'accroche au rythme de Peyron. Hier (mardi), on a fait une bagarre d'empannages à distance. On se serait cru en stage à Port-La Forêt. »

Vincent Riou (PRB), 5e à 54 milles : « Le vent est faible. 6-7 nœuds. Tout le monde essaye de gagner dans le sud. Le pot-au-noir est une zone aléatoire. Parfois il y a des gros écarts, parfois rien. C'est un peu la surprise. C'est une zone où on ne dort pas beaucoup. Coup de chance, j'ai pu bien dormir la nuit dernière. »

Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital), 22e à 644 milles : « Mon gennaker a explosé et lorsque j'ai voulu l'affaler, il est passé à l'eau et s'est coincé sous la quille. J'ai essayé de faire une marche arrière en réduisant la toile pour le récupérer. Cela m'a pris trois heures d'effort… »

Yann Eliès (Generali), 6e à 68 milles : « C'est super sympa d'être au contact avec les autres concurrents. Parfois on s'appelle par téléphone. On ne parle que du passé, pas de l'avenir. On refait le match ! Les dés sont jetés pour le pot-au-noir. On sent qu'on approche de la bête. L'alizé est de plus en plus faible. »

Roland Jourdain (Veolia Environnement), 10e à 136 milles : « J'ai investi hier dans l'ouest. Ça m'agaçait de suivre les autres, je voulais tenter quelque chose. Le pot-au-noir, on y va un peu au pif ! La prudence aurait été d'empanner plus tôt et de rester au contact des autres. C'est amusant, les courses à la voile, on se souvient que des bons souvenirs. Mais dans le pot-au-noir, on ne se souvient que des mauvais. »

Le mot du tour…

Pilote automatique : dispositif hydraulique sophistiqué agissant sur le système de barre du bateau et permettant de le piloter automatiquement. Ce système est relié à la centrale de navigation. Les skippers peuvent ainsi le régler en mode cap ou en mode vent, mais disposent aussi de nombreuses fonctionnalités. Quand il ne décide pas de se mettre en panne, le pilote automatique est le meilleur ami des solitaires qui peuvent compter sur ses loyaux services pour prendre du repos ou quand les conditions de navigation sont trop musclées sur le pont. Les marins embarquent généralement trois ou quatre pilotes automatiques (voire plus pour certains) pour pallier d'éventuelles défections.

www.vendeeglobe.org

Jeudi 20 Novembre 2008
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