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Utilisation croissante de technologies grand public sur le lieu de travail


Selon une étude mondiale d’Accenture, l’utilisation croissante de technologies grand public sur le lieu de travail - «bring your own device» - oblige les services informatiques des entreprises à réagir. 88% des cadres estiment que l’emploi de technologies grand public par leurs collaborateurs peut améliorer leur satisfaction dans le travail.



Laurent Leloup
Laurent Leloup
La consumérisation de l’informatique en entreprise, c’est-à-dire l’utilisation par les collaborateurs de leurs propres terminaux mobiles et applications sur leur lieu de travail, est l’un des enjeux majeurs auxquels vont se trouver confrontées les entreprises au cours des cinq prochaines années, selon une nouvelle étude mondiale publiée ce jour par Accenture. Alors que près de la moitié (45%) des salariés interrogés déclarent que leurs équipements et logiciels personnels leur sont plus utiles que les outils et applications fournis par leur service informatique, cette enquête révèle que les entreprises ne peuvent pas ignorer ou résister plus longtemps à ce phénomène.

L’étude «Consumerization of Enterprise IT» a été réalisée par l’Institute for High Performance d’Accenture auprès de plus de 4000 salariés dans 16 pays sur cinq continents, ainsi que plus de 300 dirigeants d’entreprise et responsables informatiques. Elle indique que, malgré les préoccupations des employeurs concernant les procédures de sécurité des données informatiques, près d’un salarié sur quatre (23%) à travers le monde utilise régulièrement des équipements et applications grand public personnels pour des activités professionnelles. Les salariés affirment en effet que ces technologies favorisent l’innovation, la productivité et la satisfaction dans le travail. Plus d’un quart (27 %) d’entre eux se disent même prêts à payer leurs propres équipements et applications pour les utiliser au travail.

«Les salariés se sentent de plus en plus habilités à faire leurs propres choix technologiques et estiment que les solutions informatiques de leur entreprise ne sont pas aussi souples et pratiques que les équipements et logiciels grand public dont ils disposent dans leur vie personnelle»,commente Vincent Delaporte, responsable de l’activité Technologies d’Accenture France. «Les salariés sont étonnamment prêts à payer pour utiliser au travail leurs technologies favorites, et en conséquence, ils souhaitent les utiliser, avec ou sans l’autorisation de leur entreprise.»

L’étude révèle également que les habitudes d’utilisation et les comportements vis-à-vis de ces technologies diffèrent à travers le monde, les outils informatiques grand public étant davantage encore adoptés par les entreprises des marchés émergents (Brésil, Chine, Inde, Mexique, par exemple), que par celles des marchés développés. Alors que le taux mondial moyen d’adoption est de 23 % pour les équipements grand public et 20 % pour les logiciels couramment utilisés dans les entreprises par les salariés, des pays comme la Chine et l’Inde affichent des taux de consumérisation bien supérieurs à 40 %. Tandis que les marchés émergents cherchent à poursuivre la forte croissance dont ils jouissent depuis deux décennies, l’utilisation d’outils informatiques grand public sur le lieu de travail pourrait constituer l’un de leurs principaux facteurs de compétitivité.

Parmi les enseignements de l’étude :

Augmentation des attentes technologiques des salariés
Plus d’un quart (27%) des salariés utilisent régulièrement sur leur lieu de travail des applications non fournies par l’entreprise mais téléchargées sur Internet alors qu’ils cherchaient des outils pour gagner en efficacité dans leur travail.
La première étape vers la consumérisation de l’informatique passe souvent par l’accès à la messagerie de l’entreprise via des moyens non prévus au départ par cette dernière, une tendance qui résulte dans une large mesure du succès grandissant des smartphones : 30% des salariés déclarent ainsi vérifier couramment leurs e-mails avant de se coucher.
Les salariés font également état d’un désir d’accéder via le Web aux applications et bases de données de l’entreprise : 14 % d’entre eux indiquent le faire régulièrement à partir de leurs terminaux grand public.

Les salariés résolvent eux-mêmes leurs problèmes techniques
Dans une large proportion (43 %), les salariés se sentent à l’aise et capables d’opérer leurs propres choix technologiques pour le travail, ce qui dénote une large «prise du pouvoir technologique» parmi les utilisateurs à travers le monde.
Il existe également une tendance croissante à l’innovation technologique impulsée par les salariés, puisque 24 % d’entre eux reconnaissent apporter leur propre solution technologique grand public pour contribuer à résoudre un problème au sein de l’entreprise.

Les dirigeants sont prompts à adopter des technologies grand public
L’utilisation d’équipements personnels dans l’entreprise se répand considérablement parmi les responsables informatiques (54%) et les autres cadres dirigeants (49%) par rapport au reste des salariés.
La direction et les responsables informatiques sont conscients que l’utilisation des technologies les plus récentes constitue une priorité pour leurs salariés : 88% des cadres dans leur ensemble estiment que l’emploi de technologies grand public par leurs collaborateurs peut améliorer leur satisfaction dans le travail.

La plupart des dirigeants abordent les questions de consumérisation au cas par cas (par exemple, «Faut-il autoriser la communication de rapports de gestion sur iPad?» ou «Faut-il autoriser les médias sociaux?»). Cependant, si la majorité d’entre eux voient dans l’adoption de technologies grand public par leurs collaborateurs un enjeu stratégique, ils ne sont que 27% à avoir commencé à s’y attaquer de manière structurée.

L’étude relève que de nombreuses entreprises ne savent pas comment faire face aux difficultés et opportunités que présente la consumérisation de l’informatique. Si certaines privilégient une approche autoritaire en interdisant purement et simplement l’utilisation de toute technologie extérieure, d’autres préfèrent ignorer totalement la question. Selon Accenture, les entreprises devraient s’orienter vers une adoption maîtrisée. Une telle approche est possible à condition d’appliquer au moins l’une des quatre stratégies suivantes : élargissement de la palette d’équipements et de logiciels autorisés (tout en adaptant et actualisant les règles aux besoins des collaborateurs), promotion du libre choix technologique (par exemple sous la forme de primes pour l’achat d’équipements grand public), encouragement des technologies grand public (par la promotion active des applications sur smartphones ou d’environnements de test type «sandbox» sur le lieu de travail et l’autorisation d’expérimentations sécurisées) et/ou segmentation des besoins informatiques par métier (par l’élaboration d’un profil d’usage pour chaque descriptif de poste).

Vincent Delaporte conclut : «La consumérisation de l’informatique sera un test majeur pour les entreprises au cours des cinq prochaines années : y résister ne sera tout simplement pas possible et reviendrait à une capitulation. Une première étape utile consiste à découvrir jusqu’à quel point l’informatique grand public s’est ancrée parmi les collaborateurs : il convient d’étudier comment gérer les risques et opportunités, ainsi que d’expérimenter des méthodes pour canaliser l’engouement des salariés vis-à-vis de ces technologies. L’objectif est d’élaborer des stratégies pragmatiques en matière d’informatique grand public, à même d’attirer les meilleurs profils et de rendre l’entreprise plus compétitive sur le marché, tout en protégeant ses informations. »

Méthodologie de l’étude
L’Institute for High Performance d’Accenture a réalisé une enquête sur le thème de la « consumérisation de l’informatique », destinée à comprendre et étudier l’ampleur du phénomène, ses facteurs, avantages et inconvénients, ainsi que les stratégies permettant de le maîtriser. Les chercheurs ont commencé par interroger plus de 4000 personnes employées à plein temps dans des entreprises de plus de 100 salariés, situées dans 16 pays et représentant cinq grands secteurs d’activité. Pour comprendre le point de vue des dirigeants d’entreprise, ils ont mené une enquête séparée auprès de plus de 300 cadres dans quatre pays (États-Unis, Royaume-Uni, France et Inde). L’étude a été complétée par 47 entretiens téléphoniques approfondis avec des responsables métiers et informatiques de tous horizons.

L’étude « The Genie is Out of the Bottle: Managing the Infiltration of Consumer IT Into the Workforce » par Jeanne G. Harris, Iris Junglas et Blake Ives est téléchargeable ci-dessous.
L’étude « The Promise of Consumer Technologies in Emerging Markets » par par Jeanne G. Harris et Iris Junglas est téléchargeable ci-dessous


Laurent Leloup

Vendredi 27 Janvier 2012
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