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Un employé sur cinq a connaissance de manipulations financières au sein de son entreprise


L'enquête d'Ernst & Young sur la fraude dans la région EMEIA révèle qu'un employé interrogé sur cinq a eu connaissance de manipulations financières au sein de son entreprise au cours des douze derniers mois. Cette proportion atteint un quart des répondants à l'enquête sur les marchés en plein essor, alors que sur le marché suisse un employé sur dix seulement a eu connaissance de comportements non éthiques au sein de son entreprise.



Laurent Leloup
Laurent Leloup
L'enquête d'Ernst & Young sur la fraude dans la zone Europe/Moyen-Orient/ Inde/Afrique (EMEIA) « Navigating today's complex business risks » portant sur plus de 3000 employés dans 36 pays révèle qu'une personne interrogée sur cinq a eu connaissance de manipulations financières au sein de son entreprise au cours des douze derniers mois. Les résultats de cette étude montrent que parmi les membres des conseils d'administration et des équipes de direction cette proportion est encore plus élevée, avec 42 pour cent des sondés qui déclarent que le chiffre d'affaires ou les coûts ont été manipulés au sein de leur société, tandis que 57 pour cent d'entre eux considèrent que la corruption est largement répandue dans leur pays.

L'enquête indique également que 38 pour cent des répondants pensent que les sociétés au sein de leur juridiction surestiment leur performance financière. Près de la moitié des répondants des marchés à croissance rapide considèrent que les sociétés de leur pays déguisent fréquemment leur performance financière, contre 29 pour cent en Europe de l'ouest, alors que 16 pour cent seulement des sondés en Suisse perçoivent une présence importante de la manipulation financière dans leur pays.

Michael Faske, responsable Fraud Investigation & Dispute Services chez Ernst & Young Suisse explique : « Au vu des conditions de marché difficiles aujourd'hui, les sociétés sont constamment soumises à des pressions les enjoignant à atteindre les résultats attendus en termes de croissance et de bénéfices et certaines cèdent inévitablement à la tentation de recourir à des pratiques non éthiques pour y parvenir, que ce soit en Suisse ou à l'étranger, qu'il s'agisse de votre propre entreprise ou de votre partenaire commercial. Il ne suffit pas pour les actionnaires de simplement espérer que la direction prenne ses responsabilités et mette en oeuvre des programmes de "Compliance". Les conseils d'administration doivent enjoindre les équipes de direction à s'assurer qu'elles concentrent réellement leurs efforts sur les domaines à haut risque. »

Présence répandue de la corruption sur l'ensemble des secteurs d'affaires
L'enquête montre que les risques de fausses déclarations sont associés à un environnement commercial non éthique. Si seuls 10 pour cent des sondés en Suisse considèrent que les pratiques de corruption sont répandues dans leur pays, il est alarmant de constater que pour 57 pour cent des répondants ces pratiques sont courantes dans le monde des affaires de leurs pays respectifs. Cette proportion atteint même 67 pour cent dans les pays à croissance rapide, mais chute à 26 pour cent (7 pour cent en Suisse) s'agissant de ceux qui pensent qu'il est courant de recourir à la corruption pour gagner des contrats dans leur propre secteur.

Michael Faske ajoute : « Les équipes de direction doivent être conscientes de la possibilité que la fraude et la corruption peuvent exister au sein de leur organisation et de leur secteur. C'est là le seul moyen efficace d'atténuer les risques. L'enquête révèle que de nombreuses entreprises tendent à refuser de reconnaître l'existence de ces risques ou n'en ont pas conscience. Les employés pensent que la corruption est largement répandue au sein de leur pays, sans la considérer comme un risque au sein de leur entreprise ou de leur secteur. Ils semblent penser que 'Tout le monde le fait, mais pas moi, ni mon entreprise.' »

Différence de perception à l'égard de la conformité entre les équipes de direction et les employés
Si la majorité des sondés connaissent l'existence au sein de leur entreprise d'une politique de lutte contre la corruption, l'enquête révèle une forte différence de perception entre les équipes dirigeantes et les employés s'agissant de la pertinence et de l'efficacité de cette politique. 60 pour cent des administrateurs et membres d'équipe dirigeante considèrent que leur société soutiendrait des personnes qui signaleraient des cas de fraude ou de corruption suspectées, contre seulement 34 pour cent des employés.

Certaines fonctions vitales de l'entreprise continuent de mettre en doute l'importance de tels programmes. Près de moins de la moitié des sondés au sein des fonctions commerciales considèrent ainsi que la politique de lutte contre la corruption de leur entreprise ne concerne pas leur fonction, voire n'en connaissent même pas l'existence.

Michael Faske conclut : « Dans l'environnement économique difficile d'aujourd'hui, nous n'avons d'autre choix que de renforcer l'efficacité via la fonction de "Compliance". De nombreuses entreprises se trompent en considérant que la simple existence d'un programme de lutte contre la corruption pourrait suffire à atténuer leurs risques. Les programmes de conformité doivent être au coeur de l'attention des entreprises qui doivent s'attacher à identifier et comprendre les principaux risques, et à agir de manière circonstanciée en recourant à une approche efficace, basée, par exemple sur des instruments d'analyse des données judiciaires. Quel que soit le secteur, la technologie a un rôle essentiel à jouer pour identifier les risques stratégiques. »

A propos de l'enquête
Entre novembre et décembre 2012, les analystes de l'agence internationale d'étude des marchés Ipsos ont réalisé 3459 entretiens par téléphone, en ligne ou en personne auprès d'employés de grandes sociétés dans 36 pays en Europe, au Moyen-Orient, en Inde et en Afrique, afin de les interroger sur la fraude et la corruption.

Vous pouvez télécharger l'étude en anglais ci-dessous (PDF 28 pages)


Laurent Leloup

Mardi 14 Mai 2013
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