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Sœur Anne ne vois tu rien venir ?


L’année 2009 aura été marquée par une amélioration globale de l’économie mondiale et un retour des performances de bien des marchés, mais pas par la fin de la crise si l’on en juge les niveaux d’activité et de chômage en Europe et aux Etats-Unis.



Sœur Anne ne vois tu rien venir ?
Un coup d’œil dans le rétroviseur fait apparaître les investissements gagnants de l’an dernier. Le plomb : +141,18%, le cuivre : +140,62%, le sucre : +128,20%, l’indice MICEX des valeurs russes : +121,14%, l’indice argentin Merval : +114,95%, le palladium : +114,75%, le zinc : +112,86%, l’indice des valeurs chinoises : (SCI 300) : +96,71%, l’indice brésilien Bovespa : +82,66%, l’indice Shanghai A Shares : +79,8%, l’indice taiwanais Taiex : +78,34% et le pétrole : +77,94%. Comme on peut le remarquer la part belle de ce classement revient aux matières premières et aux indices émergents. Parmi les matières premières ou les indices boursiers, peu ont subi une baisse. En effet, les résultats de l’indice islandais (-14,66%) font désordre face à ceux de la Norvège : +70,4%, et le blé (-11,34%) ou le gaz naturel (-0,89%) font figure d’exception.
Les actions des pays émergents (MSCI EMF : +74,5%) ont largement surperformé le Nasdaq : +43,89%, le S&P 500 : +26,46%, le MSCI Pan Euro : +25,66%, le CAC : +22,32% ou le Nikkei 225: +19,04%.
Sur le front des devises, le dollar australien a affiché une hausse importante boosté par les matières premières, à l’instar du dollar canadien. A l’inverse le dollar US et le yen, victime du « carry trade » ont terminé en baisse. On notera également en Europe (DJ Euro Stoxx), la surperformance des secteurs matières premières : +53,93%, banque : +48,92% et chimie : +42,94%, ainsi que la baisse très sensible de la volatilité (VIX :-45,8%).

Les stratégies alternatives ont obtenu des résultats positifs en 2009 avec un indice HFRX Global en hausse de 13,40%. La performance a été générée principalement par les convertibles : +42,46%, l’arbitrage de valeur relative : +38,47%. Et dans une moindre mesure, l’événementiel : +16,59%, les actions : +13,14% et les fusions acquisitions : +8,14%. A contrario, les actions avec un biais neutre : -5,56%, la dette : -5,60%, et les global macro : -8,78% et ont subi une perte.

Face à ces résultats, la performance des produits monétaires inférieure à 1% ou celle des emprunts d’Etat de la zone euro inférieure à 5% fait pâle figure. La prise de risques en 2009 a donc largement prévalu. Qu’en sera-t-il en 2010 ?

Après le rebond des marchés en 2009, il est raisonnable de penser que 2010 ne ressemblera pas à l’année dernière. Beaucoup dont nous sommes peuvent espérer que le début d’année, qui voit traditionnellement un certain nombre de liquidités s’investir, peut encore être favorable aux actions. La seconde partie de l’année devrait être plus difficile car les espérances de croissance de chiffres d’affaire des entreprises devraient marquer un ralentissement.

Une étude de JP Morgan réalisée auprès de 200 fonds de pension en septembre 2009 a mis en lumière certains points intéressants. La majorité a conservé son allocation sur les actions. Près de 25% ont augmenté cette part alors que 14% d’entre eux qui étaient plus investis l’ont réduite. Même si la majorité a recours à une gestion passive (indicielle), le restant des sondés privilégie une approche fondamentale avant une approche de finance comportementale, de biais neutre ou de long/short. L’approche de gestion quantitative est quelque peu délaissée. Le recours aux investissements alternatifs représente près de 14% et comprend l’immobilier, les hedge funds et le private equity. Traditionnellement, les britanniques ont une part de leurs avoirs plus importante en actions (56%) contre 29% pour les européens et 31% en obligations et cash contre 57% pour les pays autres. Ces allocations vont privilégier les grandes valeurs et celles des pays émergents. La majorité prévoit également un maintien des taux à long terme à horizon septembre 2010.

Le dollar, malgré la montagne de dettes qui s’amoncelle au dessus de lui, devrait bénéficier dans un premier temps de l’appétit des investisseurs pour des actifs risqués. Les autres devises asiatiques, hormis le Japon ainsi que la couronne norvégienne pourraient également s’apprécier du fait de fondamentaux économiques favorables.

Sur le crédit, d’aucuns vont vouloir surfer sur la hausse des obligations high yield de 2009. Il sera sans doute plus prudent de panacher ces achats avec des obligations de dette émergente, d’emprunts d’Etat et d’obligations corporates afin de minimiser les risques.

Une nouvelle importante en ce début d’année : le relèvement par la Chine du taux de réserve obligatoire des banques d’un demi point. Cette mesure pourrait être le signe de la volonté des autorités de réduire les risques de surchauffe de l’économie.

Dans l’attente de précisions complémentaires sur la réglementation de l’industrie de la gestion alternative, nous allons augmenter notre allocation sur les actions long/short avec un biais variable tout en gardant globalement un biais neutre. L’environnement actuel semble particulièrement propice aux stratégies de « stock picking ». Nous privilégierons les marchés européens et resterons attentifs et opportunistes sur les marchés émergents. Les secteurs de la santé et de la technologie pourraient apporter des opportunités intéressantes en 2010. Nous resterons assez neutres sur les global macro mais investis sur le suivi de tendances à court terme et sous pondérés sur le crédit et les taux et globalement sur les stratégies peu liquides. Le but recherché sera de favoriser la transparence et la liquidité, deux maîtres mots des acteurs de l’industrie.

13 janvier 2010

Louis-Armand de Rougé
Richcourt Fund Advisors
15 rue de Presbourg
75116 Paris
lderouge@citco.com

Dimanche 17 Janvier 2010
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