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Similitudes entre banques et Etats


Les établissements bancaires subissent actuellement des attaques similaires à celles qui ont fragilisé les Etats du sud de l’Europe. Ce qui apparait étrange dans ce qui se passe en ce moment (dévalorisation des banques sur les marchés), c’est que cette sanction ressemble un peu à celle qu’ont subi les Etats du sud de l’Europe.



Pascal de Lima
Pascal de Lima
En dehors peut-être de la Grèce, ces paniques boursières ne reposent finalement sur rien de bien tangible sur le plan structurel. Les banques européennes ne sont pas en mauvaise santé: en France, BNP Paribas a vu son résultat net augmenté de 8,1% du premier semestre 2010 au 1er semestre 2011 (4,77 milliards d’euros) avec la partie la plus solide des capitaux propres à 9,60%, ce qui est conforme au minimum règlementaire et qui atteste de sa solvabilité.
Pour le Crédit Agricole SA, le résultat net au premier semestre 2011 est de 1,34 milliard d’euros, +57,7% en variation, avec 8,90% pour la partie la plus solide des capitaux propres, pas de quoi s’inquiéter non plus.
Pour BPCE, le résultat net au premier semestre 2011 est de 1,95 milliard d’euros, +1,6% en variation, avec 8,5% pour la partie la plus solide des capitaux propres.
Pour le Crédit Mutuel CIC, le résultat net au premier semestre 2011 est de 1,25 milliards d’euros, +5,4% en variation, avec 10,8% pour la partie la plus solide des capitaux propres.
Enfin, cas exceptionnel effectivement, celui de la Société générale. Le résultat net au premier semestre 2011 est de 1,66 milliard d’euros, mais en baisse de -22,5% en variation, avec 9,3% pour la partie la plus solide des capitaux propres, sa solvabilité n’est pourtant pas en péril.

Les «stress tests» de juillet dernier ont bien fonctionné pour toutes les banques françaises. Dans un cadre hypothétique bien précis certes, mais pouvait-on faire autrement (?), les banques françaises n’ont pas connu de problème de solvabilité. Certes les dévalorisations d’obligations publiques européennes sur les marchés secondaires n’ont pas été directement prises en compte dans les scenarios. Mais il s’agit là de pertes latentes et non réalisées, d’où les rumeurs etc.…de plus, si la perte se réalise, il faut tenir compte également du recouvrement qui vient se soustraire à la perte réelle !

Car Moodys vient d’abaisser la note de la Société générale et du Crédit Agricole et depuis le début de l’année, le cours des actions des banques françaises a fortement baissé. Etrangement, depuis le mois d’août, l’ensemble des banques européennes souffre de tensions sur les marchés financiers.

Sur un an, le cours de BNP Paribas a baissé de 27,83%, celui de la Société Générale de -45,43%, celui du Crédit Agricole SA de - 31,49%. Les paniques boursières actuelles viennent paraît-il des pertes (latentes) concernant les expositions des banques européennes sur les pays à risque mais aussi du ralentissement de la croissance.

Quant à l’abaissement des notes, elle provient d’un réajustement de Moodys par rapport aux notes des concurrents. Cet abaissement est somme toute relatif car les banques gardent des notes très élevées.

Mercredi, l’agence d’évaluation financière Moody’s a abaissé d’un cran la note de la Société Générale et du Crédit Agricole SA. BNP Paribas est pour le moment épargnée. Dans le cas du Crédit Agricole SA, dont la note passe de «Aa1» à «Aa2», la rétrogradation serait liée, d’après l’agence, à l’exposition à la Grèce (pourtant une exposition n’est pas une perte réelle mais latente, puis il faudrait le cas échéant soustraire à la perte réelle le montant de ce qui a pu être récupéré, c’est-à-dire le recouvrement !). Pour la Société Générale, dont la note est rétrogradée de «Aa2» à «Aa3», la révision tiendrait à la réévaluation de l’aide que pourraient fournir les pouvoirs publics en cas de crise grave. Quant à BNP Paribas, la banque reste placée sous «surveillance négative », signe que Moody’s envisage toujours d’abaisser sa note.

Dans un contexte difficile en effet, l’exposition des banques françaises à la dette souveraine grecque est limitée et parfaitement gérable. Les chiffres en valeur absolue ne signifient pas grand chose, il faudrait au moins un pourcentage des actifs bancaires, idéalement en variation historique.

D’après l’Autorité bancaire européenne, au 31 décembre 2011, les expositions des banques françaises à la dette souveraine grecque se répartissent de la façon suivante: Pour BNP Paribas, 4,99 milliards d’euros (contre 5 fois plus d’ailleurs pour la dette publique italienne!). Pour la Société générale 2,65 milliards, pour le Crédit agricole, très peu, et pour BPCE 1,26.

Ce qu’il faut savoir au delà de ces chiffres, c’est que l’exposition des quatre principales banques françaises à la dette grecque représente 3% de leurs fonds propres durs et 0,12% de leur bilan. Cela devrait suffire pour rassurer les marchés.

Pour conclure et imaginons que certaines des pertes latentes deviennent réelles, et quels que soient les provisions à passer et les recouvrements récupérés, les banques françaises n’ont pas vraiment de souci de liquidité ni de solvabilité. Pour la liquidité, le collatéral mobilisable au niveau de l’Eurosystème est de 5000 milliards d’euros et aujourd’hui l’Eurosystème refinance les banques pour environ 500 milliards d’euros dans le cadre d’opérations de refinancement dont le montant est illimité. Pour la solvabilité les banques françaises ont déjà ajouté en 2 ans, 50 milliards d’euros à leur fonds propres et vont continuer à les augmenter en vue de l’application de Bâle 3. N’oublions pas aussi leur désengagement depuis 4 ans, et le sérieux des entités de Risk Management.

Pascal de Lima
Economiste en chef Altran Financial Services et enseignant à sciences-po

www.altran.com
pascal.delima@altran.com

Jeudi 13 Octobre 2011
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