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Sans capital, pas de capitalisme (2)


Dans une précédente chronique, j'ai dressé le constat d'une économie fondée sur la dette plutôt que sur le capital, et sur la consommation plutôt que sur l'épargne. J'ai montré en quoi la création monétaire avait entrainé la formation d'une bulle économique qui, depuis, a éclaté. Je concluais en expliquant que, pour retrouver la croissance, il fallait passer « d'une économie vivant à crédit à une économie fondée sur l'épargne et le capital ». Comment y parvenir ?



Guillaume Vuillemey
Guillaume Vuillemey
Une vraie relance est une relance par l'épargne permettant la réalisation d'investissements rentables. La reconstitution d'un important stock d'épargne réelle doit donc être une priorité. Mais ni les banques centrales ni les gouvernements n’ont le pouvoir d’augmenter ce stock si ce n’est artificiellement en créant des bulles. C'est pourquoi il conviendrait tout d'abord de cesser de manipuler les taux d'intérêts (taux directeurs), notamment à la baisse, ce qui n'encourage pas l'accumulation d'épargne.

De plus, à l'heure actuelle, le système fiscal français incite davantage à la consommation qu'à l'épargne. Non seulement il existe une taxation spécifique du patrimoine (l'ISF), mais les revenus du capital – intérêts ou dividendes – sont aussi fortement taxés. En fait, il y a double taxation de la richesse épargnée : elle est imposée une première fois lorsqu'elle est gagnée sous forme de revenus ; les revenus que l'on en tire sont également taxés par la suite. A l'inverse, la part des revenus qui disparaît dans la consommation n'est taxée qu'une seule fois.

Quant à la fiscalité des entreprises, elle incite au financement par la dette plutôt qu'au financement par augmentations de capital. En effet, les intérêts de la dette, qui sont considérés comme des charges, ne sont donc pas taxés et permettent même de réduire les impôts. A l'inverse, les dividendes issus du bénéfice, qui rémunèrent le capital, le sont. Il y a là des rééquilibrages à opérer.

Enfin, la reconstitution d'un stock d'épargne conséquent suppose aussi que les États mettent un terme à la spirale d'endettement dans laquelle ils sont aujourd'hui enfermés. A titre d'exemple, la dette de la France devrait bondir en 2009 pour atteindre un montant égal à 73,9% du PIB. Dès qu'ils empruntent sur le marché des capitaux, les États réduisent d'autant la quantité d'épargne disponible pour les grandes entreprises qui ont, elles aussi, besoin de capitaux. Celles-ci doivent donc payer des taux d'intérêts plus élevés, ce qui peut les mettre en difficulté.

Le redémarrage de l'économie passe par une reconstitution des stocks d'épargne et un assainissement des « mauvais » investissements. De toute évidence, il n’y a pas de capitalisme sans capital.

Guillaume Vuillemey
Institut Economique Molinari
guillaume@institutmolinari.org

Mercredi 8 Avril 2009
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