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Sans capital, pas de capitalisme 1ère partie


Karl Marx décrivait avec raison le capitalisme comme un système fondé sur l'accumulation du capital. S'il était encore en vie aujourd'hui, probablement s'étonnerait-il de voir le mot employé pour désigner un système fondé, au contraire, sur l'accumulation... de dettes et de crédits. Pourquoi un tel bouleversement ? L'intervention publique a transformé le capitalisme en capitalisme sans capital.



Guillaume Vuillemey
Guillaume Vuillemey
La crise que nous traversons est avant tout une crise du crédit. Pendant des années, des quantités massives de crédits ont été émis, surtout aux États-Unis, et des pyramides de dettes se sont accumulées. Ce phénomène a été largement impulsé et amplifié par les banques centrales, à commencer par la Fed, qui ont massivement abaissé leurs taux directeurs au lendemain de l'explosion de la bulle des nouvelles technologies. Entre 2000 et 2008, la masse monétaire – désignée par le sigle M2 – a doublé.

Pourtant, les crédits qui ont été émis sont de « mauvais » crédits, en ce sens qu'ils n'ont pas pour contrepartie une épargne réelle préalablement accumulée. Ils sont crées à partir de rien, via une simple écriture comptable. Les emprunteurs qui en ont bénéficié ont eu une illusion de richesse. Ils ont alors pu réaliser des investissements qu'ils n'auraient pas effectués si les taux avaient été plus élevés. Mais ces investissements sont des mal-investissements, en ce sens qu'ils ne sont viables que grâce à l'afflux de crédit peu cher. Pourtant, la grande majorité des particuliers comme des entreprises a cédé à cette illusion : ce fut la phase de bulle.

Celle-ci a explosé dès lors que la réalité – c'est-à-dire la non-rentabilité des investissement engagés – est apparue au grand jour. La crise a alors prix naissance dans les secteurs qui avaient le plus bénéficié du crédit, tels les services financiers, l'immobilier ou l'automobile. Elle se propage maintenant à toute l'économie.

Il est donc dangereux de rompre le lien entre crédit et épargne. Le « mauvais » crédit, créé à partir de rien, donne l'illusion de la richesse et génère des mal-investissements. A l'inverse, le « bon » crédit est fondé sur une épargne réelle, c'est-à-dire sur l'accumulation de capital.

Pour retrouver le chemin de la croissance, il est donc nécessaire de reconstituer un stock d'épargne suffisant et de liquider nombre d'investissements rendus faussement rentables par des politiques monétaires laxistes. Autrement dit, il faut retrouver l'esprit du capitalisme en passant d'une économie vivant à crédit à une économie fondée sur l'épargne et le capital. Pour ce faire, de nombreuses pistes, que je détaillerai dans une prochaine chronique, sont envisageables.

Guillaume Vuillemey
Institut Economique Molinari

guillaume@institutmolinari.org

Lundi 9 Février 2009
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1.Posté par navajo le 02/03/2009 14:56 | Alerter
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effet de style et precision utile

si la dette existe, c'est qu'il y a un emprunteur et un détenteur de sa dette. Le detenteur possède donc bien un capital a tirer sur l'emprunteur. L'accumulation de dette correspond donc bien a l'accumulation de capital. Dixit karl dans "le capital" à propos par exemple de la suraccumulation des traites de coton.

un lecteur de très longue date du capital volume 3 qui traite au milieu de la finance et des crises du capitalisme. D'ailleurs les similitudes malgrè la différence de système quand à la monnaie sont très loin de s'arréter Là. 200 pages centrales à relire absolument notament les commentaires du débat avec les spécialistes de la boe .

amitiés économistes
navajo

2.Posté par Guillaume Vuillemey le 27/03/2009 16:19 | Alerter
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Bonjour,

Actuellement, toutes les dettes émises n'ont pas de capital réel pour contrepartie. Beaucoup des emprunts se font via une création monétaire ex nihilo, c'est-à-dire une augmentation de la masse monétaire. Progressivement, la quantité de monnaie dans l'économie se déconnecte donc de la quantité d'épargne réelle, ce qui est à l'origine des bulles.

Bien cordialement,
Guillaume Vuillemey

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