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Reverse Factoring : l’enfant mal nommé de la famille des produits de financement à court terme


Mécanique de financement du crédit interentreprises aux multiples bénéfices rapides, récurrents et durables, le Reverse Factoring souffre d’un nom de baptême malheureux. Son appellation dessert son développement sans évoquer ses atouts. Différent de ses frères, produits de financement à court terme, en plus d’un nom maladroit, le Reverse Factoring souffre d’une absence de définition officielle.



Reverse Factoring : l’enfant mal nommé de la famille des produits de financement à court terme
La crise économique et les problèmes engendrés par la loi LME obligent les entreprises à se focaliser sur leurs besoins en fonds de roulement comme jamais auparavant.

Le Reverse Factoring y répond concrètement à la fois pour les grandes entreprises mais aussi pour leurs fournisseurs qui y adhèrent. Il couvre la position antagoniste due au délai de paiement entre un donneur d’ordres et son fournisseur en comblant un déficit d’information par une prestation de service plus naturellement proposée par le donneur d’ordres que par une banque ou établissement de crédit. La qualité de signature d’une part, et l’organisation des échanges de données permettent au donneur de faciliter l’accès au financement de son fournisseur.
Le donneur d’ordres doit pouvoir contribuer à la pérennité de ses fournisseurs.
La banque ou l’établissement de crédit retrouve ainsi son rôle de financeur sans s’ingérer dans la chaîne de valeur existant entre donneurs d’ordre et fournisseur.

Comment définir le Reverse Factoring?

Si aucune définition officielle n’existe, sa signification est relativement galvaudée, mais on peut le qualifier de :
Service permettant ; au fournisseur d’obtenir des éléments d’information sur le traitement et la validation de ses factures, de faciliter le paiement anticipé de ses factures (escompte pour paiement comptant directement initié par le donneur d’ordres) ou encore le financement par une banque des créances du fournisseur sur un donneur d’ordres (créances validées ou non).
L’établissement financier impliqué dans le programme reçoit l’information facture du donneur d’ordres et finance le fournisseur en basant son opération de crédit sur la cession de créances ou la subrogation faite par ce dernier à son profit.

A l’échéance, le donneur d’ordres règle la banque devenue propriétaire de la créance.

La qualité de signature du donneur d’ordres et le mode opératoire qui industrialise/dématérialise autorisent un coût de crédit moins cher pour le fournisseur que l’affacturage (par ex). Une majoration peut se constater lors de facture non validée.

Si on peut définir le Reverse Factoring, pourquoi est-il encore un produit accessoire des établissements de crédit (factor ou banque) ? Il n’est pas justifié pour un établissement de crédit de s’ingérer dans la relation existante entre donneur d’ordres et fournisseurs. Le donneur d’ordres souhaite maîtriser le comportement de la banque qui accède ainsi à l’ensemble des fournisseurs pouvant constituer une large base de prospection pouvant être utilisée et déviée de l’objectif initial de déploiement du Reverse.

Qu’est ce qui caractérise le Reverse Factoring?

On retiendra de la définition que le Reverse se définit comme un service mis à la disposition du fournisseur par son donneur d’ordres. Ceci s’oppose à la vision bancaire qui le considère comme un produit de crédit court terme qu’elle commercialise, et pour lequel l’offre de service doit émaner de la banque et non pas du débiteur (donneur d’ordres).

En effet, le factor ou la banque considère le Reverse comme faisant partie de leur famille de produits avec pour finalité la prise en compte du risque sur le débiteur et pour objectif une augmentation importante des encours. Malheureusement, cette approche amène souvent les CAC à requalifier la dette d’exploitation en dette financière en raison des engagements demandés par la banque au donneur d’ordre (engagement irrévocable de paiement au profit de la banque ou encore implication trop marquée du donneur d’ordres pour le financement).

Le déploiement du Reverse Factoring chez le donneur d’ordres doit être motivé par le service mis en œuvre par lui-même à l’attention de l’ensemble des fournisseurs :
- publication en ligne du statut des factures,
- téléchargement des données par le fournisseur pour lettrage des comptes,
- suivi des litiges,
- traitement des notes de débit,
- e-procurement ;
- paiement comptant contre escompte,
- et autres services en remontant la chaîne de traitement.

…………….. et accessoirement pour les fournisseurs qui le souhaitent la mise en place d’une facilité d’accès au crédit souple et non plafonnée par une banque.

Le Reverse doit utiliser les mêmes techniques juridiques que celles de l’affacturage pour éviter la requalification de l’opération. Les conséquences pour le donneur d’ordres sont les mêmes c'est-à-dire « qui paie mal, paie deux fois ».

L’implication du donneur d’ordres doit se limiter à la prestation de service proposée au fournisseur, sans toutefois servir les intérêts de la banque en devenant le ‘commercialisateur du programme’ pour son compte. Les offres de Reverse faites par la banque ou factor structurent souvent le risque sur celui du débiteur au lieu du cédant, confirmant ainsi les réserves émises par les CAC.

L’implication du donneur d’ordres dans l’opération de financement doit par conséquent être finement calibrée et mesurée afin d’éviter la requalification de la dette d’exploitation en dette financière.

On recommandera au donneur d’ordres de concevoir le Reverse dans sa chaîne de valeur qu’il souhaite partager avec son fournisseur, d’en contrôler son développement en maîtrisant le système d’informations. Le service, ouvert aux fournisseurs dans un contrat de libre adhésion est formalisé directement auprès des banques participantes.

Quels sont les bénéfices pour donneur d’ordres et fournisseurs?

On ne le répétera sans doute pas assez mais le Reverse apporte des gains concrets au donneur d’ordres et à ses fournisseurs.
Clé de son succès, le Reverse factoring aide les fournisseurs à planifier leur trésorerie par l’information des paiements en cours, à identifier bien avant le règlement les non valeurs, à automatiser le lettrage des comptes et accessoirement à financer leur BFR. Rien que ça !

Attention toutefois, aux versions du Reverse dites en mode ‘push’ dans lesquelles le fournisseur n’a pas son mot à dire, ni la possibilité de choisir ses factures à mobiliser.

Dans un mode ‘pull’ le fournisseur déclare son besoin de règlement anticipé et peut choisir ses factures à mobiliser ou bien choisir de toutes les mobiliser et à date de paiement choisie.

La convention signée entre fournisseur et le financier est soumise au donneur d’ordres à titre informatif pour sa souplesse d’engagement et de coûts pour le fournisseur libre de son adhésion au service. Le Reverse est déconsolidant pour le fournisseur.

Pour le donneur d’ordres qui instaure du Reverse, il invite des banques à se partager le portefeuille de fournisseurs et de ce fait ne verse aucun frais à la banque. Le donneur d’ordres se garde la possibilité de régler certains fournisseurs par anticipation quand les conditions d’escompte sont satisfaisantes.

Dans tous les cas, il est le chef de famille des différents acteurs.

Malgré ces bénéfices, pourquoi le développement du Reverse semble timoré en France?

Il pâtit d’une comparaison injuste avec l’affacturage, bien qu’il n’en offre ni les contraintes, ni les coûts, ni la lourdeur de gestion. C’est tout le paradoxe.

D’autre part, beaucoup de programmes influencés par leur origine anglo-saxonne, font courir un risque de requalification de la dette fournisseur en dette financière. Ceci s’explique par le montage juridique que la banque propose au donneur d’ordres. Comme vu plus haut, si le donneur d’ordres construit son propre programme, cet écueil important sera écarté en choisissant un modèle économique et juridique différent.

Sur la base des programmes en cours, de nombreux donneurs d’ordres évaluent les bénéfices du Reverse malgré l’impression inverse que certains peuvent avoir. Peu de structures indépendantes de l’environnement bancaire disposent d’une offre complète d’accompagnement du donneur d’ordres pour la conception/gestion du Reverse.
Afin de donner toutes les chances aux donneurs d’ordres pour le développement de leur propre Reverse Factoring, il serait judicieux de rebaptiser le concept.

Et demain, la famille va-t-elle s’agrandir ?

Il faut considérer le Reverse comme un moyen générique de proposer une prestation de service du donneur d’ordre à l’attention des fournisseurs (partage de la valeur dans la ‘Supply Chain’) et un règlement anticipé aux fournisseurs ou sous traitants, par l’offre en ligne d’un paiement comptant contre escompte directement initié par le donneur d’ordres (donc porté sur son bilan) ou encore la mise en place d’un accès au financement à court terme pour les fournisseurs désirant contractés avec une banque.

Si des modalités existent déjà pour financer certaines créances reçues mais pas encore validées par le donneur d’ordres, les banques préfèrent celles avec des créances validées.

La volonté de nombreux donneurs d’ordres français d’améliorer leur relation fournisseurs associée au nombre de programmes en cours et au montant des créances financées, une très longue espérance de vie est prédite au le Reverse Factoring. Le ‘vilain petit canard’ devrait donc être rebaptisé.

Fabien Jacquot
Pour plus d’informations, www.corporatelinx.com 01 64 45 74 5

Jeudi 18 Novembre 2010
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