Reprise de la tendance haussière…
28/11/2022
Dans ce monde, que nous assimilons bien volontiers au « metaverse financier », c’est le prix qui « fait » la valeur, pas l’inverse… Le court terme l’emporte définitivement sur le long terme. Tout est sacrifié pour le court terme : l’épargne des ménages est sollicité pour maintenir la consommation, le crédit des États est utilisé pour soutenir le pouvoir d’achat, le capital humain des entreprises est sacrifié pour maintenir une « sur rentabilité » de court terme. Ce que nous considérons comme les excès du court terme, doivent être justifiés, d’une manière ou d’une autre. Ainsi, l’hypothèse sous-jacente de ce scénario très optimiste, est que l’économie réelle comme financière va connaitre un « soft landing ».
L’idée d’une clairvoyance absolue des banques centrales reste fortement ancrée dans l’esprit des acteurs du marché. Ils croient que la Fed va réussir à « calmer » l’économie, c’est à dire réduire suffisamment l’inflation sans avoir besoin d’affecter trop durement et trop longuement la croissance. Dans ce cas, l’inflation devrait rejoindre rapidement les taux de la Fed, et passer en dessous dans le courant de l’année 2023. Les entreprises, de leur côté, ont déjà commencé le travail d’ajustement des coûts pour maintenir les taux de marge à un niveau correct, ce qui justifie le redressement des cours. Et laisse envisager une nouvelle hausse lorsque la Fed décidera de réduire ses taux. Ce schéma qui minimise la souffrance de la récession et accorde une importance majeure à une baisse future des taux nous semble très contestable. Il est évidemment fondé sur le maintien de l’optimisme des consommateurs, qui va être testé pour Thanksgiving. La tradition américaine du « Black Friday » et maintenant de la « Black Friday Week » va permettre de mesurer la psychologie des consommateurs, qui reste bien sur la pierre angulaire du scénario optimiste.
C’est bien la psychologie des acteurs de la sphère réelle et surtout de la sphère financière qui reste la clé des marchés. Ainsi, le maintien à Wall Street d’une bonne ambiance, malgré une année négative, est essentiel. Et cela ne nous semble pas évident. En effet, le S&P 500, malgré le rebond des 7 dernières semaines, reste en dessous de sa moyenne mobile d’un an, contrairement au CAC 40. De plus, la hausse actuelle a été accompagnée par une baisse des volumes, comme pendant le « bear market rally » estival. Il y a encore un peu de chemin à faire, environ 4%, avant que le S&P 500 franchisse sa moyenne mobile un an qui vaut actuellement 4180 points. Quant au Nasdaq, il doit progresser de 8% environ avant de dépasser sa moyenne un an. Cela ne nous semble pas du tout gagné d’avance…
Recommandation investisseurs : nous sommes toujours en forte sous-pondération des actions pour un CAC 40 supérieur à 5 650 points.
Tendance sur les marchés de taux et de devises : Les taux des obligations d’Etat ont baissé, en France (2,3%) comme aux USA (3,7%). L’euro a de nouveau progressé, de 0,7% en une semaine.
Tendances récentes sur les matières premières : Le cours du pétrole a baissé de 4%, à nouveau.
Analyste financier indépendant,
Président de VALQUANT EXPERTYSE SAS
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