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Réplique de la crise dans la zone euro ?


L’année 2009 aura été l’année de la Banque-Finance dans tous ses états. L’année 2010 sera celle de la défaillance des Etats.



Pascal de Lima
Pascal de Lima
La crise économique bascule peu à peu vers la crainte d’une faillite des états souverains. Cette crainte est largement alimentée par l’augmentation écrasante du poids de la dette dans un contexte où les taux d’intérêt réels sont supérieurs aux taux de croissance économique. Il s’agit en quelque sorte d’une dernière réplique à la crise financière de l’année dernière qui a, semble t-il, été alimentée par des comportements spéculatifs douteux : spéculation à la hausse sur les CDS (Credits defaults swaps) de la Grèce et spéculation à la baisse sur l’euro. La solution aurait du être celle d’une émission coordonnée par la BCE et conjointe d’euro-obligations par chacun des états membres pour contre balancer une dépréciation de l’euro.

Aujourd’hui tous les yeux sont donc rivés sur la Grèce. Même si la BCE ne peut, en vertu du traité de l’Union, assister un pays confronté à des problèmes de financement, un sauvetage de la part de l’UE ne saurait être évité. En outre, la BEI ne peut intervenir que sur des projets industriels très spécifiques. Mais sur la base de quel critère ? Pourquoi intervenir en Grèce et pas au Portugal ? Un consensus semble émerger : la première option consisterait à regrouper dans une même corbeille les prêts bilatéraux consentis par les seuls Etats de la zone euro ce qui éviterait que chaque gouvernement négocie ses conditions avec Athènes. L’autre option consisterait à permettre aux seize pays de la zone euro de ne pas signer de chèque : les capitales ne s’engageraient qu’à garantir l’emprunt réalisé par la Commission laquelle dispose d’une bonne notation financière, cependant l’unanimité est requise au niveau des vingt-sept pour autoriser l’exécutif européen à aller sur les marchés. Or le RU ou la Suède considèrent, contre l’avis des dirigeants de la zone euro, que la seule solution crédible est de recourir au FMI comme cela a été fait l’an dernier pour les pays européens non membres de l’Union monétaire : la Roumanie, la Hongrie et la Lettonie. D’où l’idée aussi d’un FME (fonds monétaire européen) qui agirait comme préteur en dernier ressort pour la zone euro.

L’euro est-elle une zone monétaire optimale ? En effet, quels pays candidats aujourd’hui pourraient être enclins à respecter les critères de Maastricht et pourraient être motivés par une intégration dans la zone euro ? Peut-on encore inciter les pays endettés à augmenter les taxes et à couper les dépenses alors qu’ils sont encore en pleine phase récessive ?

In fine, trois facteurs semblent justifier que la prudence reste de mise même si une sortie de crise reste évidemment probable.

Le premier facteur réside dans les prévisions de croissance qui demeurent faibles pour l’ensemble des pays de la zone euro. Il faut souligner d’ailleurs qu’une bonne partie de cette croissance sera permise par le multiplicateur keynésien et donc générée par les plans des gouvernements.

Le deuxième facteur est le montant de la dette souveraine, notamment celle de la Grèce, car il semble bien que les investisseurs aient réellement perdu confiance dans les Etats endettés. Logiquement, le troisième facteur concerne la capacité des états à collaborer sur le plan des politiques budgétaires. Notons d’ailleurs la singularité pour le moins dangereuse des politiques économiques des économies émergentes. Ces dernières ont plutôt tendance à augmenter leurs taux d’intérêts directeurs avant l’inflation. Mais ici, le danger est celui de la répétition des erreurs faites aux Etats-Unis en 1937 et au Japon en 1997 quand l’accroissement prématuré des taxes et les politiques monétaires restrictives ont conduit les économies fragiles vers la récession. Il faudrait alors éviter à tout prix que l’on tombe dans un cercle à la japonaise avec une dette publique importante et une faible croissance. Il serait plus habile de stimuler la productivité, encourager l’investissement et la concurrence, bref, de retrouver les fondamentaux des modèles de croissance endogènes.

Quel type de sortie de crise peut-on envisager ? Ici, les scénarii les plus improbables ont vu le jour : sortie d’un ou de plusieurs Etats membres de la zone euro, voire même abandon de l’euro… C’est à dire à l’inverse de ce que l’on avait observé en 1993 avec la crise du SME !

Pascal de Lima
Economiste en chef Altran Financial Services et enseignant à sciences-po

www.altran.com
pascal.delima@altran.com

Mardi 27 Avril 2010
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