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RSE : L’an II


Le doute n’est plus permis. Nous voilà entrés de plain-pied dans l’An II de la responsabilité sociale des entreprises (RSE).



Constant Calvo
Constant Calvo
Apparue dans le sillage de la mondialisation et de la dérégulation, et censée être la réponse des entreprises aux interpellations sociétales, le concept de RSE semble se retourner, en partie, contre elles, tant les attentes dans le contexte actuel de crise sont considérables.

Les grands groupes internationaux, notamment, détentrices d’une puissance financière, mais aussi et surtout politique, inouïe, et qui, avant la crise systémique mondiale, semblaient intouchables et jouissaient d’un pouvoir sans partage, quasi illimité, sont maintenant devenus l’objet d’une opposition farouche et déterminée, partout dans le monde.

Le désengagement des États, et la dérégulation des marchés, qui avaient commencé aux USA et en Grande- Bretagne dans les années 1980, puis avaient gagné le monde entier, laissaient croire qu’aucun contre-pouvoir ne serait un jour capable de défier leur formidable suprématie. L’avenir de la mondialisation semblait bel et bien scellé.

Or, voilà bien que, partout dans le monde, la résistance et l’opposition se multiplient et s’organisent.

Parmi les récents événements en date, on apprend que l’Association « Les Amis de la Terre » lance, avec cinq autres ONG, le Site Internet « secrets bancaires » qui dévoile les investissements controversés des grandes banques européennes.

« Les Amis de la Terre » réclament la mise en place de politiques responsables et transparentes pour tous les secteurs à risques et pour l’ensemble des activités bancaires. Rien moins que cela.

Le Site reproche à 13 grandes banques européennes, malgré la crise, ses conséquences funestes, et les débats sur le comportement éthique des entreprises qu’elle ne cesse de susciter, de continuer à financer des projets controversés dans « l’opacité la plus totale », avec de lourdes implications pour les populations locales.

« Ce type d’investissements controversés ne peut plus être toléré. Les banques doivent prendre en considération les normes internationales environnementales et sociales dans toutes leurs décisions de financement et d’investissement », peut-on notamment lire.

L’Association pose, par conséquent, la question « de la capacité des entreprises à déplacer leur coeur de métier et à faire évoluer leur modèle économique tout en réalisant le difficile équilibre qu'impose la différence de temporalité de la création de valeur ajoutée et celle du devenir de la planète» ; elle se demande dans quelle mesure la RSE ne serait pas une occasion unique de réguler le capitalisme.

Bien que certains perçoivent, d’abord et avant tout, le concept de RSE comme une révolution managériale, tandis que d’autres la qualifient de poudre aux yeux,
ils sont nombreux ceux qui, en tout état de cause, constatent que le management tarde à s’engager avec force, résolution, et sincérité, et à prendre ses responsabilités.

De nombreuses autres associations, à l’instar de ATTAC dénoncent, quant à elles, la crise financière, économique et sociale, la considérant comme la conséquence inévitable de près de plus de trente années de politiques néolibérales ;

Tandis que le 6ème Baromètre mondial sur la corruption, récemment publié par Transparency International (TI), met en évidence un sentiment de méfiance croissant à l’égard des entreprises, et révèle que la corruption au quotidien frappe de plein fouet les populations les plus pauvres du monde.

Réalisé auprès de plus de 73 000 personnes dans 69 pays et territoires du monde entier, le Baromètre « révèle la perception négative du public à l’égard des institutions publiques et des efforts de lutte contre la corruption menés par les autorités, ainsi que la situation tragique des ménages à faibles revenus pénalisés par des demandes de pots-de-vin pour l’octroi de services théoriquement gratuits. »

A noter que cette édition 2009 de ce Baromètre de la corruption a notamment permis, pour la première fois, de prendre la mesure des critiques exprimées à l’égard du secteur privé.

On peut y lire que « les consommateurs se sentent concernés par les questions de corruption », et que « les conclusions (…) concernant le monde des affaires envoient un message sans équivoque au secteur privé et constituent un facteur supplémentaire (venant s’ajouter aux risques juridiques, financiers et de réputation liés aux pratiques de corruption) incitant les entreprises à montrer qu’elles sont saines et à le communiquer clairement au public. »

Tous ces éléments et indices, parmi tant d’autres encore, semblent converger.

Car, force est de constater, d’une part, que la RSE, - que d’aucuns considèrent comme la déclinaison micro-économique des principes et fondements du développement durable -, s’enracine lentement dans l’esprit du temps, les préoccupations des citoyens, ainsi que dans les faits et gestes du quotidien ;

Et, d’autre part, qu’elle n’est plus seulement l’apanage des experts et des spécialistes, mais qu’elle appartient désormais à toutes celles et à tous ceux qui souhaitent s’imprégner et s’emparer de ses thématiques, démarches et valeurs.

A tel point, qu’on pourrait presque dire que la RSE s’inscrit – déjà ! – dans une culture et une tradition.

Constant Calvo, Directeur associé ADHERE RH
http://blog.adhere-rh.com

Jeudi 2 Juillet 2009
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1.Posté par catelin le 03/07/2009 16:44 | Alerter
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J'avais oublié cette RSE. C'est vous dire combien sa mise en place discrète relève pour moi de la poudre aux yeux.
L'Etat ayant abandonné le champ économique, il tente par cette mesure de montrer sa présence. Mais la sophistication des marchés alliée à une complexité des législations, aux conventions internationales, aux subtiles et très discrètes prétentions politiques agitées par quelques lobbys très "désinteressés", forment un berceau bourré d'épines auquel personne ne se fottera.
Quant "aux amis de la terre" ou à "attac", leurs actions brouillent ce jeu fort complexe, pour d'autres intérêts dont on n'oserait connaître les noms.
Cette RSE n'est qu'une bannière que n'aurait pas refusée Don Quichotte, au grand désarroi de Sancho Pança.






















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