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Vendredi 19 Novembre 2021

Quelles limites à la hausse ?


Lettre du vendredi 19 novembre 2021 rédigée par Eric Galiègue - VALQUANT.



Eric Galiègue
Eric Galiègue
Aujourd’hui les conditions de marché sont idéales pour les actions. Il faut l’admettre, c’est bien le scénario de l’hyperliquidité qui l’a emporté. Notre recommandation de prudence à court terme vaut pour l’allocation tactique. Sur le sujet de l’allocation stratégique, l’exposition aux actions semble « obligatoire », au vu des rentabilités attendues offertes par les autres classes d’actifs. C’est le constat du fait que « cette fois ci c’est vraiment différent » qui nous a amené en milieu d’année à présenter une vision durablement haussière du marché de actions. Aujourd’hui, effectivement, les actionnaires sont au paradis : les entreprises n’ont jamais été aussi agiles et les banques centrales sont toujours aussi complaisantes.

Manifestement, la hausse de certains prix et les pénuries de certains intrants n’ont pas gêné les entreprises au troisième trimestre. Les résultats et tendances de chiffres d’affaires annoncées sont largement supérieures aux anticipations des analystes. L’inflation, hier l’ennemie n°1, est devenu un facteur de hausse du cours des actions. Parce qu’elle fait baisser les taux réels, et par ce que les entreprises savent répercuter dans leurs prix, les hausses de cours, selon un article publié ce matin dans l’Agefi. Du coté des banques centrales, la bienveillance est toujours de mise, entre le discours rassurant sur l’inflation et les annonces que les taux ne monteront pas en 2022. Évidemment, les investisseurs accueillent avec plaisir ces différentes nouvelles, et les cours montent. Ils montent d’autant plus que l’€ commence à baisser significativement contre le $, et que les investisseurs institutionnels annoncent augmenter leurs positions en actions. Face à ce scénario objectivement très favorable, les cours montent et les évaluations s’envolent. Le cours sur actif net du CAC 40 a dépassé 2,1, le PER vaut 16,5, soit 15% de plus que sa moyenne décennale. Mais, aujourd’hui, les ratios d’évaluation reflètent surtout la hausse récente des cours. Ils ne sont pas forcément les indicateurs avancés de la tendance future des cours. Alors jusqu’où les actions peuvent-elles monter ? Quelles sont les limites de cette hausse qui pourrait porter le CAC 40 à 8 000 points, selon Patrick Artus (directeur de la recherche et des études de Natixis). Rappelons que notre objectif pour le scénario de l’hyperliquidité présenté début juillet est de 7 687 points ; il est fondé sur un PER supérieur à 18.

Les limites de cette phase haussière sont multiples. Outre les deux normalisations qui vont affecter la tendance haussière des actions dans les prochains mois (normalisation des bénéfices, normalisation monétaire), on peut évoquer d’autres limites plus « intrinsèques ». L’exigence de rentabilité manifestement trop élevée incite les entreprises à racheter leurs actions et donc à réduire leurs fonds propres. L’effet favorable, la hausse des cours, est immédiat, alors que l’effet défavorable, à savoir la fragilisation de la structure financière, ne sera perceptible que dans la prochaine crise. La hausse « évidente » des actions attire de plus en plus les mains faibles, qui prendront peur à la moindre hausse de la volatilité, ce qui a pour effet de l’accroitre. Cette analyse du cycle des marchés d’actions selon le profil des acteurs du marché est particulièrement séduisante. Les grands retournements seraient le fait de l’inexpérience des « mains faibles », lorsqu’elles sont devenues majoritaires sur le marché. Ce seraient donc elles qui pourraient causer une correction importante du marché, à l’occasion d’un évènement dont l’impact négatif serait amplifié par leur comportement. Les mains fables sont elles aujourd’hui majoritaires dans le marché ? Qui sont les mains faibles ? Ce sont avant tout les nouveaux entrants, qui par définition ont peu d’expérience. Ce n’est pas forcément l’investisseur particulier personne physique, dont on sait qu’habituellement il a tendance à acheter au plus haut. Ce peut être l’investisseur institutionnel qui se décide enfin à augmenter la part des actions dans ses investissements et qui regrettera sa décision au moindre incident de marché. C’est en fait tout investisseur qui, depuis plus de 10 ans, n’a jamais connu la baisse, et « craquera » à la moindre mauvaise nouvelle.



Investisseurs : Nous sommes sous pondérés au maximum pour un CAC 40 supérieur à 6 678 points.

Tendance sur les marchés de taux et de devises : Le taux des obligations est stable en Europe cette semaine, à 0,12% pour l’OAT 10 ans et en légère hausse aux USA à 1,61% pour le dix ans américain.

Tendances récentes sur les matières premières : Le cours du pétrole a baissé sous 80$ pour le WTI, sur la possibilité d’une mise sur le marché des stocks stratégiques. Le prix du cuivre s’est stabilisé au-dessous de 10 000$ la tonne.



Eric GALIEGUE
Analyste financier indépendant,

Président de VALQUANT EXPERTYSE SAS
Membre de l'AFITE
Enregistré à l' ORIAS sous le N° 11059738

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