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Prévision de défaut ou défaut de prévision ?


Ce jeu de mot un peu facile et probablement pas inédit nous paraît le plus approprié pour stigmatiser la défaillance du modèle de notation qui structure l'univers de la dette privée depuis que les marchés financiers ont remplacé l'intermédiation des banques dans la relation entre détenteurs d'épargne et demandeurs de capitaux.



Prévision de défaut ou défaut de prévision ?
Le drame est bien qu'après avoir failli dans la prévision de défaut des banques coréennes en 1997, puis dans celle des fleurons du Nasdaq (Enron, Worldcom et autres dot.coms), les agences de notation ont à nouveau prouvé leur inefficience par leur incapacité à alerter les marchés sur la fragilité de l'édifice de titrisation des crédits hypothécaires. Une fois de plus, la dégradation massive des notes a suivi et non précédé, comme cela devrait être le cas aux termes de leur fonction première, le constat de l'augmentation des risques de défauts et l'avènement de la crise sur les marchés.

On pourra toujours rétorquer que l'émission de signaux d'alerte aurait de toute façon déclenché la panique et la crise de liquidité qui s'en est suivie. Cette dimension de prophétie auto-réalisatrice, qui conduit les agences à d'abord s'autocensurer puis à se surprotéger en dégradant sans discernement1, est l'une des principales composantes de la critique du système de notation actuellement en vigueur. On peut y ajouter son caractère oligopolistique (voire de duopole coopératif ou partenarial) et les limites d'un modèle économique où c'est l'évalué qui paie l'évaluateur.

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Lundi 4 Février 2008
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