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Petit point astronomique sur la RSE en cette fin d’été….


Le ciel de la RSE révèle une situation cosmique étonnement mouvante. Un hémisphère nord où brillent quelques étoiles du business qui ne conçoivent plus leur existence sans une solide démarche de développement durable. Un hémisphère sud où les étoiles montantes allument des signaux de RSE très timides. Une voie lactée composée d’acteurs sociétaux engagés très nombreux et divers, qui donne le sentiment que les uns et les autres vont se rejoindre dans quelques années lumières ; et puis quelques étoiles filantes viennent éclairer le ciel de temps à autre comme les conférences internationales fugaces. Mais globalement l’espace sidéral reste peu lisible, si ce n’est l’apparition de gros nuages noirs qui se nomment corruption, pollution, déséquilibres sociaux et régionaux, évasion fiscale ; ils cachent les quelques constellations récentes plus lumineuses qu’on appelle efficacité énergétique, dialogue parties prenantes, intégration locales…Nul ne peut prédire si la tendance est à l’organisation ou à la désorganisation du système qu’on dit capitaliste, à ce stade de son évolution.



Patrick d’Humières
Patrick d’Humières
Cette observation soulève trois questions. Clairement, l’axe du système est le développement tiré par les quelques milliards de nouveaux habitants de la planète qui aspirent à un meilleur niveau de vie matériel, ce qui guide toutes les politiques publiques et privées pour le siècle qui vient au moins. Est-ce que la capacité du système à fournir les ressources sera suffisante ? Deuxième grande question : est-ce que l’impossible gouvernance mondiale des marchés suscitera des modes de régulation raisonnés de la part des acteurs locaux ou intéressés, à des niveaux infra ? Et puis, est-ce que le contexte général, géopolitique, religieux, produira des tendances constructives ou destructives au regard de ces déséquilibres économiques qui sont autant de contextes régionaux en recherche de leur propre gouvernance ? Le pari durable, grande utopie réactive du début du 21° siècle, perd de son attractivité de décennie en décennie, dès lors que les grands pays, des Etats-Unis à la Chine, sans parler de l’Europe velléitaire, ont renoncé à proposer une vision qui dépasse leur intérêt national. D’autant que le répit accordé à l’énergie fossile pour un demi-siècle et le protectionnisme comme seule réponse opérationnelle aux difficultés locales, retardent la mutation nécessaire.

Reste que cette tendance ne fait pas l’affaire des entreprises, de celles qui se veulent mondiales et avec un destin au-delà de l’horizon des mandats de leurs managers. Elles sont conduites à godiller entre les aléas de ce jeu mondial dont le « pas vu pas pris » est la règle d’or. Il y a bien quelques éclaireurs – visionnaires ou téméraires – qui s’essaient à des choix de transition courageux et isolés. Il y a bien des expériences réussies, à la marge du système, récupérées par les entreprises audacieuses et combatives. Mais la plupart des firmes cherchent la rente et n’ont que l’effet de taille pour stratégie. Demandez à un manager ce qu’il entend faire pour pérenniser son projet et il vous répondra parfois en termes de leadership technologique, ce en quoi il a raison, le plus souvent en termes de part de marché mondiale, ce en quoi il se condamne à tordre le système à son avantage, au lieu de contribuer à sa régulation responsable, pour que clients, autorités et concurrents lui donnent toutes les chances de poursuivre.

La RSE, en tant que contribution à l’autorégulation durable de l’économie de marchés, est un levier majeur pour le rééquilibrage des modèles de développement. Mais pour jouer ce rôle positif, il faut deux conditions nécessaires : que les dirigeants d’entreprise jouent la carte de la régulation de leur secteur en faveur de comportements responsables et que les autorités publiques et les investisseurs récompensent les entreprises qui jouent le jeu en ce sens. Notre conviction est que l’impôt sur les sociétés est le vrai outil pour cela. Mais n’ajoutons pas une utopie supplémentaire à celle de voir la conscience politique gagner un peu plus les conseils d’administration pour auto-limiter les démarches qui abusent du dumping social, environnemental et local dans l’état actuel du monde. Certes, il est difficile de penser l’avenir de son entreprise ; alors penser l’avenir du contexte qui la porte, n’est-ce pas trop demander aux managers ?

En attendant qu’on élargisse les horizons de la décision humaine et économique, le seul mode de progrès opérationnel consiste à introduire dans l’analyse des bilans la valeur durable des entreprises – extra-financière, associée à la valeur financière. Il y a là un outil que les acteurs connaissent et qui est reconnu ; c’est même la rationalité du système actuel. C’est pour cette raison que le reporting extra-financier est la seule vraie invention solide de ces dernières années qui fait progresser le management dans le sens durable. Voilà une piste lumineuse à suivre dans le ciel sombre de cet univers inquiétant.


Patrick d’Humières
www.institutrse.com

Vendredi 13 Septembre 2013
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