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Où investir en 2011 ?


Qu'ils soient américains, européens, asiatiques, africains ou australiens, tous les épargnants et les investisseurs de la planète se posent la même question : avec les dérapages géopolitiques internationaux et la flambée des cours du pétrole qu'ils ont suscitée, où faut-il placer ses économies en 2011 ?



Marc Touati
Marc Touati
Leur objectif n'étant d'ailleurs pas forcément de gagner encore plus d'argent, mais tout simplement de ne pas en perdre. Car, l'enjeu est bien là : depuis une dizaine d'années et notamment depuis l'explosion de la bulle Internet, la plupart des économistes, analystes et autres prévisionnistes en tous genres se sont très souvent trompés. Et même si les bilans de nos prévisions que nous publions chaque début d'année depuis douze ans ont été appréciables, nous avons également commis des erreurs. Qu'il nous soit permis de nous en excuser, car nul n'est infaillible et, surtout, parce que, selon nous, le pire serait de se réfugier dans le « peut-être bien que oui, peut-être bien que non » ou encore dans la fadeur du consensus. En outre, les erreurs de prévisions sont de différentes natures. Certaines sont excusables. On ne peut effectivement pas demander à un économiste de prévoir l'affaire Enron, les attentats du 11 septembre 2001 ou encore la faillite sauvage de Lehman Brothers.

D'autres erreurs sont cependant beaucoup moins admissibles et parfois lourdes de conséquences. Annoncer par exemple que l'hyperinflation va faire son retour en 2008 et, de ce fait, augmenter fortement les taux directeurs de la BCE a tout simplement enfoncé la zone euro dans sa plus forte récession depuis l'après-guerre. Prédire, en juillet 2008, lorsque le baril flambait à 150 dollars, que ce dernier allait encore s'envoler de façon imminente à 250 dollars, voire plus, relève de la même gageure. Dans la mesure où les conseilleurs ne sont pas les payeurs, la facture a surtout été salée pour ceux qui ont parié sur cette conjecture. A la rigueur, s'il s'agit d'un hedge funds ou d'un spéculateur professionnel, ce sont les risques du métier et il faut les assumer. En revanche, s'il s'agit d'une compagnie d'aviation qui achète à terme du pétrole à 150 dollars et doit donc le payer à ce prix en 2009 en dépit de son effondrement à 35 dollars, la pilule est beaucoup plus difficile à avaler.

Malheureusement, les années passent, mais les erreurs se perpétuent. Ainsi, chacun sait aujourd'hui que la nouvelle flambée des cours du pétrole est anormale (c'est-à-dire non justifiée sur la base des fondamentaux économiques) et due principalement à des facteurs géopolitiques non-maîtrisables, donc non-prévisibles. Pour autant, les mêmes « oiseaux de malheur » qui annonçaient en vain le baril à 250 dollars en 2008 réapparaissent aussi vite qu'ils avaient disparu. La même litanie revient sans vergogne : la demande mondiale d'or noir est trop forte, les réserves de pétrole ne sont pas inépuisables, dans vingt ans, il n'y en aura plus… Et, comme d'habitude, le grand public mais aussi les investisseurs professionnels oublient que ces phrases sont prononcées depuis trente ans et qu'il y a toujours autant de pétrole, si ce n'est plus, à travers le monde.

Dans le prolongement de cet aveuglement récurrent, de nombreuses voix recommencent à s'élever pour annoncer le retour de l'hyperinflation qui finira par reproduire la stagflation des années 1975-82 (c'est-à-dire une forte inflation associée à une grave récession). Certes, il est clair que si les cours du baril ne baissent pas et si, a fortiori, ils continuent de progresser, la croissance mondiale va s'effondrer, voire se transformer en récession. Pour autant, augmenter les taux d'intérêt pour lutter contre une inflation qui ne dépend pas de la vigueur de la croissance, mais uniquement de la flambée des cours des matières premières, reviendra, comme en 2008, à aggraver la l'atonie économique. A une différence près : de 2003 à 2007 la croissance mondiale a été plutôt appréciable. Dans ce cadre, bien qu'historiquement grave, la récession de 2008-2009 a été gérable ou encore « absorbable ». A l'inverse, en 2011, la planète économico-financière n'a connu qu'une année de rebond, en l'occurrence en 2010. Dès lors, lui enfoncer de nouveau la tête sous l'eau pourrait la plonger dans un « coma » prolongé, avec des conséquences sociales, politiques et humanitaires dramatiques. De ce point de vue, il faut d'ailleurs noter qu'un effondrement de la croissance internationale réduirait mécaniquement la demande mondiale de pétrole et ferait chuter, comme en 2009, les cours de l'or noir.

Toujours est-il qu'en attendant de voir plus clair, les épargnants et investisseurs de la planète apparaissent particulièrement fébriles. Dès lors, ne sachant plus à quel saint se vouer, ils risquent de se laisser tenter, une fois encore, par les « experts » qui annonçaient, annoncent et annonceront que la fin du système capitaliste est proche et qu'il faut donc se protéger en investissant uniquement sur des valeurs soi-disant refuges. Parmi elles, on recense évidemment l'or (le jaune cette fois-ci), les métaux précieux, le franc suisse ou encore l'ensemble des matières premières, y compris alimentaires, sans oublier les terres arables, ou encore les placements sans risques, et notamment pour les Français, le fameux livret A... Et peu importe que le métal jaune atteigne des sommets historiques et qu'il soit donc très cher. Peu importe également que l'appréciation excessive du franc suisse menace l'économie helvétique de replonger dans la récession. Peu importe enfin que le taux de rémunération du livret A soit égal à l'inflation et qu'il serve donc un rendement réel nul. Non, tous ces arguments objectifs sont balayés d'un revers de main, pour la simple raison que, face à l'incertitude, l'être humain devient craintif et ne veut plus croire en l'avenir.

Pourtant, il faut aussi être conscient que si les scénarii du pire se produisent (révolution systémique, troisième guerre mondiale…), la plupart des habitants qui resteront sur terre auront d'autres soucis que de savoir si l'inflation va dépasser les 2 % le mois prochain. En revanche, si l'Humanité évite l'autodestruction et si, comme toujours, le calme revient après la tempête, les meilleures performances financières seront réalisées sur l'investissement productif et sur les marchés boursiers. Parallèlement, les cours des matières premières, y compris de l'or jaune, noir et vert se replieront vers des niveaux plus justes et de nombreux épargnants se mordront encore les doigts de ne pas avoir eu l'audace de faire les bons choix lorsqu'il en était encore temps…

Marc Touati
Economiste.
Directeur Général de Global Equities.
Président du cabinet ACDEFI (premier cabinet de conseil économique et financier indépendant).

www.acdefi.com

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Mercredi 16 Mars 2011
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