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Notation de la Tunisie : Gaspiller une occasion de se taire ?


Petit billet d'humeur : Moody a décidé le 19 Janvier d'abaisser la note souveraine de la Tunisie et celle de sa banque centrale, au plancher de l'investment grade. Je ne nie pas que des troubles sociaux aient eu lieu en Tunisie, et je me réjouis d'avoir vu les Tunisiens prendre en main leur avenir en chassant le despote-népote qui parasitait le pays à très grande échelle. Mais cette frilosité me semble de mauvais aloi, et ce pour plusieurs raisons :



Rémy Mahoudeaux
Rémy Mahoudeaux
1) les fondamentaux de solvabilité du pays n'ont pas changé du jour au lendemain : croissance enviable, main d'œuvre qualifiée, endettement national maitrisé ;
2) les Tunisiens n'ayant pas gagné à la loterie géologique , ils n'ont que leur travail pour vivre et l'ont compris depuis très longtemps. Contrairement à certains triple A que je ne nommerais pas, ils savent que des troubles sociaux durables sont au dessus de leurs moyens ;
3) même s'il est toujours dangereux de proclamer que de toute façon, cela ne pourra pas être pire , il est peu vraisemblable qu'un pouvoir autoritaire quel qu'il soit puisse du jour au lendemain asservir des pans entiers de l'économie nationale comme l'ont fait les prédécesseurs – il est donc probable que la fin du parasitisme à grande échelle et le retour à la nation du capital spolié profite globalement à l'économie et à la solvabilité de l'État Tunisien (et de plus je ne souhaite pas voir la Tunisie swapper une dictature pour une autre) ;
4) les troubles civils ont eu lieu et nul garantie n'existe qu'ils ont cessé. Mais – pardon pour ce calcul cynique - cette révolution est bien économe en vie humaine (et c'est tant mieux) : une centaine de morts quand la révolution Roumaine en a fait plus de 1000 et les seules noyades de Nantes se chiffraient entre 1800 et 9000 victimes … les forces vives de la nation sont donc juste égratignées ;
5) le tourisme ne reprendra qu'avec le calme, et les investissements avec la confiance, c'est indubitable. Mais je pense – sans pouvoir le prouver – et je souhaite que ceux-ci soient réellement dopés par le calme revenu dans un pays où le pragmatisme économique doit devenir l'allié d'une démocratie naissante.

Furent blâmées les agences de notations pour leur aveuglement dans un récent passé. Est-il opportun que l'une d'elles tire aujourd'hui sur une ambulance ? Je pense qu'une mise sous surveillance aurait été plus appropriée que de crier « au loup ! » face à des nouvelles qui sont bonnes. A ceux qui pensent que les dictatures sont stables et par conséquent plus solvables, j'ai envie de susurrer que « Le langage politique est destiné à rendre vraisemblable les mensonges, respectables les meurtres et à donner l'apparence de solidité à ce qui n'est que du vent ». Petite remarque subsidiaire : lors de mon dernier billet sur le GAFI, je m'esbaudissais de constater que plus aucun pays n'était considéré non coopératif. Nous verrons avec quelle vitesse et en quelle proportion les avoirs litigieux de la famille du despote déchu retourneront à l'État Tunisien.

Rémy Mahoudeaux
Managing Director, RemSyx

boss@remsyx.com
www.remsyx.com

Mardi 1 Février 2011
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1.Posté par Rémy Mahoudeaux le 01/02/2011 21:41 | Alerter
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Bonsoir, Il manque une note attributive de paternité pour la citation sur le langage politique : George Orwell

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