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Nicolas Bouzou - ASTERES - Pourquoi il faut suivre l’économie du Kazakhstan


Le Kazakhstan est le premier des pays émergents à subir les conséquences indirectes de la crise du sub-prime aux Etats-Unis.



Les difficultés y sont d’autant plus visibles que le pays a connu une conjoncture économique exceptionnelle ces dernières années. Le PIB a augmenté de 10,6% en 2006 et de 9,9% au deuxième trimestre 2007. Toutefois, cette croissance, largement tirée par la production énergétique (le Kazakhstan est, après la Russie, le principal producteur énergétique de l’ex-URSS), a généré d’importants déséquilibres macroéconomiques. L’inflation a passé la barre des 10% en septembre et le déficit de la balance courante représentera pas loin de 6% du PIB cette année.

Les difficultés économiques du Kazakhstan prennent aujourd’hui essentiellement trois formes. Premièrement, les entreprises ne trouvent plus de financements sur les marchés financiers. Les taux obligataires se sont envolés la semaine dernière.

Croissance du PIB (glissement annuel)
Croissance du PIB (glissement annuel)
Deuxièmement, les banques ont considérablement resserré leur politique d’octroi de crédits. La plupart ont fortement augmenté les taux d’intérêt, certaines rationnent même quantitativement les prêts (c’est-à-dire qu’elles refusent de répondre à une partie de la demande de crédits exprimée par les entreprises). Si les banques adoptent aujourd’hui des mesures drastiques pour réduire leurs risques, c’est bien parce qu’elles en ont beaucoup pris ces dernières années. L’encours de crédits a continué de progresser très rapidement alors même que les dépôts commençaient à baisser durant l’été. L’exposition des établissements financiers aux mouvements de change s’est fortement accrue. Résultat, les banques doivent réduire les crédits octroyés en catastrophe. Premier signe visible : le secteur de la construction est en manque de liquidité, ce qui se traduit par de nombreux arrêts de travaux.

KZT / US$ (données quotidiennes spots)
KZT / US$ (données quotidiennes spots)
Troisièmement, les investisseurs ont eu tendance à vendre massivement des titres, ce qui a obligé la banque centrale à intervenir sur le marché des changes pour soutenir sa monnaie. Les réserves de change sont donc en diminution rapide. Ce qui a permis à la monnaie de perdre « seulement » 4,3% entre la fin août et maintenant.

Pour conclure, nous n’anticipons pas de credit crunch généralisé sur les pays émergents. Toutefois, les situations doivent être suivies localement. Comme nous l’avons déjà écrit, les pays qui cumulent un fort endettement extérieur, un risque bancaire élevé et des marchés actions et obligataires peu développés doivent être surveillés de très près. C’était bien le cas du Kazakhstan.

Nicolas Bouzou - Gérant de ASTERES (Analyses et Prévisions Economiques)
Nicolas Bouzou est à votre service pour animer ou diriger vos conférences :


Mercredi 10 Octobre 2007
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