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Ni récession ni boom : « la génération krach boom hue »


Les autorités américaines peuvent souffler quelque peu pour l’instant. Si l’on se penche sur les crises passées, elles résultent souvent d’un afflux de liquidité, ce fut le cas lors de la bulle technologique puis plus récemment sur le subprime. Pour l’instant aux Etats-Unis, il y a peu d’investissements privés mais plutôt un plan de relance étatique d’envergure. Les attentes en matière de croissance sont faibles : 1.5% environ aux Etats-Unis. Les craintes d’inflation sont limitées avant une remontée des taux à échéance 2011. En Europe, inflation et croissance molle (0,8%), au Japon déflation et absence de croissance sont au programme, seuls les pays émergents Brésil (4%) et Chine (8-10%) font la course en tête. En Chine, la bulle inflationniste se développe sur les actions et l’immobilier. Les pays émergents tentent d’ailleurs de restreindre l’afflux de capitaux excessif, tel le Brésil qui vient de taxer les investissements étrangers.



Louis-Armand de Rougé
Louis-Armand de Rougé
Que peut faire la Fed face à cet environnement de faible croissance, de création d’emplois insuffisante et de prix en baisse ? Selon certains économistes, tel Brian Fabbri chez BNP Paribas, il y aurait près de 800 milliards $ d’excédents de réserve dans les banques qui ne sont pas utilisés car celles-ci doivent satisfaire à des ratios de fonds propres plus importants. Comment dès lors stimuler l’économie en l’absence de croissance de l’activité crédit ? Par l’effet richesse. La Fed n’utilisera pas le robinet du crédit mais laissera l’effet richesse (hausse des marchés actions, immobiliers…) agir sur la consommation….

Le protectionnisme pourrait également constituer un des risques auquel devra faire face l’économie mondiale. Aux Etats-Unis, le projet de loi « Cap & Trade » qui concerne la réduction des gazs à effet de serre, pourrait engendrer un vent de protectionnisme face à des pays tels la Chine, où dans certaines régions, le ciel bleu est remplacé par un écran brun masquant tout rayon lumineux.

Dans cet environnement, le dollar va se déprécier. Ce n’est pas une nouvelle mais il est à craindre que le renforcement de l’euro qui s’ensuivra obère encore un peu plus la croissance européenne. Le Japon ne veut pas d’un yen plus fort et commerce désormais plus avec la Chine qu’avec les Etats-Unis. Quant à la Chine, elle maintient la stabilité de sa devise face au dollar et déclare à qui veut l’entendre que sa monnaie vaut bien le dollar, préparant ainsi la voie pour les années futures lorsque la monnaie chinoise deviendra une monnaie de réserve (nécessité d’émissions obligataires, de commerce mondial libellé dans la devise et de développement des marchés de capitaux). Les matières premières (or…) devraient également bénéficier de cette baisse du dollar.

Le secteur bancaire continue de panser ses plaies, après le sauvetage des grandes banques par le gouvernement, la FDIC leur demande de mettre la main à la poche pour subvenir au sauvetage des petits établissements via le pré paiement de leurs cotisations. Autre problème pour l’équipe Obama : Fannie et Freddie, les deux organismes censés apporter une aide en capital aux familles de revenus modestes pour acheter leur logement. Leur besoin en capitaux supplémentaires n’a pas disparu, le gouvernement américain devra sans doute à terme les fusionner. Quand et comment ? La question est loin d’avoir reçu une réponse. Enfin, il existe une dernière particularité du plan de relance américain si on le compare au plan chinois : pas un dollar n’a encore été affecté aux dépenses en infrastructure (139 milliards $ prévus) au contraire de la Chine ! Il faut en effet que les Etats américains et les gouvernements locaux se mettent d’accord et on estime à généralement entre 5 et 6 ans le délai nécessaire à l’utilisation totale de ces fonds. Dans ces conditions, les créations d’emplois qui pourraient découler de ces travaux attendront.

Si certains en viennent à penser aux mérites d’une économie dirigiste, les investisseurs eux ont déjà jeté leur dévolu sur les zones de croissance constituées par les pays émergents, notamment la Chine, et les matières premières pour se couvrir contre une baisse du dollar.

Louis-Armand de Rougé
Richcourt Fund Advisors
15 rue de Presbourg
75116 Paris
lderouge@citco.com

Jeudi 19 Novembre 2009
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