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Les pays émergents investissent plus dans les pays matures que l’inverse


La hausse du nombre d’entreprises issues de marchés à forte croissance qui investissent dans les marchés matures est de nature à insuffler une dynamique nouvelle aux fusions-acquisitions internationales au cours des prochaines années : c’est ce qui ressort de la nouvelle étude de PwC intitulée « Resetting the Compass: Navigating success in deal-making for mature market sellers and high growth market buyers. »



Laurent Leloup
Laurent Leloup
Entre 2008 et 2012, les pays à forte croissance ont investi 161 milliards de dollars dans les marchés matures, comparés aux 151 milliards de dollars investis dans le sens inverse.Une tendance qui se poursuit, notamment par les acheteurs chinois.

Dans ce contexte, comment assurer au mieux la réussite d’une transaction entre des entreprises qui ne partagent ni la même culture, ni la même histoire ?

Dans le cadre de cette étude, sont retenus comme marchés à forte croissance la Chine, l’Inde, les États du Golfe et l’Arabie Saoudite, la Russie et le Brésil. Les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Australie, le Japon et le Canada constituent quant à eux les marchés matures.

Un renversement de tendance

Selon l’analyse de PwC, les pays à forte croissance ont investi 161 milliards de dollars dans les marchés matures ces cinq dernières années, comparés aux 151 milliards de dollars investis dans le sens inverse.
En 2012, les marchés à forte croissance ont réalisé 32,6 miliards de dollars de transactions dans les marchés matures, un montant près de trois fois supérieur à celui de 2005.

The flow of investment from « Emerging » to « Mature » markets is at scale and greater than the flow the other way for the past five years

Les pays émergents investissent plus dans les pays matures que l’inverse

Si les investisseurs à capitaux publics ont été les premiers à se porter acquéreurs de cibles sur les marchés matures, les entreprises privées de taille importante, voire moyenne, leur ont emboîté le pas. De même, les acteurs du private equity recherchent des opportunités d’acquitions et se positionnent en concurrents d’acquéreurs issus de marchés à forte croissance sur certaines transactions.

Les secteurs ciblés sont de plus en plus nombreux, couvrant tout l’éventail des industries et des services, de l’énergie aux biens de consommation, en passant par les matières premières, l’ingénierie, les médias et la distribution.

Cette tendance n’est pas nouvelle, même si les années de crise ont ralenti le nombre d’opérations, dans les deux sens. Si les acquisitions par des entreprises issues de marchés à forte croissance de cibles établies dans des marchés matures ne représentent encore que 1,5 % du total des fusions-acquisitions dans le monde et 5,3 % des opérations transfrontalières, ces chiffres sont en augmentation.

Les pays émergents investissent plus dans les pays matures que l’inverse

Les entreprises issues de marchés à forte croissance cherchent fréquemment à renforcer leur position sur leur marché national en acquérant une technologie et une expertise de pointe ou en investissant dans des marques de réputation internationale.

Selon Nicolas Granier, avocat associé chez Landwell & Associés (membre du réseau international PwC), en charge des Transactions dans les pays émergents, « En investissant dans des réseaux de distribution, des marques et savoir-faire bien établis, ces entreprises offrent à leurs produits des débouchés dans de nouveaux pays. De plus en plus d’entreprises issues de marchés à forte croissance ont déjà entamé cette transition d’un leadership national vers un leadership mondial. Les fusions-acquisitions stratégiques leur permettent d’accélérer ce processus. »

Comment assurer la réussite d’une transaction « émergent/mature » ?

L’étude de PwC montre que le nombre croissant d’acquisitions par des entreprises issues de marchés à forte croissance de sociétés établies dans des pays matures constitue non seulement un changement de cap pour le marché des fusions-acquisitions, mais aussi une dynamique nouvelle.

Compte tenu des différences en termes de culture, d’expérience internationale et de mode de prise de décision, il est crucial pour les acheteurs issus de marchés à forte croissance et les cibles/vendeurs issus de pays matures de bien comprendre leurs finalités et ambitions réciproques afin d’assurer la réussite de la transaction.

Selon Stéphane Meffre, associé responsable du pôle Transactions chez PwC, « Il n’y a pas de formule magique pour la réussite d’une transaction. Mais quand les ingrédients évoluent, il devient encore plus important pour les acheteurs et vendeurs de bien comprendre ce que l’autre partie attend de l’opération. C’est une question récurrente dans les échanges que nous avons avec nos clients et associés à travers le monde. »

Voici quelques-unes des mesures que préconise PwC aux acheteurs et vendeurs engagés dans une transaction du type envisagé ci-dessus :

Éviter les écarts de valorisation :
- Une transparence accrue sur les motifs de la transaction, pour l’acheteur comme pour le vendeur, est de nature à renforcer la confiance entre eux et à permettre d’anticiper et gérer leurs attentes.
- Le vendeur ne doit pas supposer qu’une entreprise issue d’un marché à forte croissance aura plus facilement accès à des sources de financement
- Le vendeur doit intégrer la durée d’investissement et la nature de l’actionnariat de son acheteur avant de définir ses objectifs de valorisation.
- Définir clairement les techniques de valorisation permet de veiller à ce que les deux parties utilisent les mêmes paramètres.

Convenir d’un calendrier pour mener à bien la transaction :
- Chacune des deux parties doit comprendre ce que constitue une durée « normale » pour les négociations et la mise en œuvre de l’opération.
- Si une procédure d’autorisation réglementaire particulière est requise, l’acheteur doit en informer le vendeur le plus tôt possible.
- L’établissement d’une relation avec les principaux décideurs à un stade précoce permettra des discussions efficaces en cas de dérapage du calendrier.

Rester en contact avec les décideurs :
- Prendre très tôt le temps de bien comprendre les parties impliquées dans la prise de décision — et qui décide en dernier ressort — est particulièrement important pour les transactions avec des entreprises publiques.
- Un acheteur proposant d’acquérir une cible avec l’aide d’un fonds d’investissement doit être en contact direct avec ce fond ainsi qu’avec la direction de l’entreprise cible.
- Se rappeler qu’établir une relation peut prendre un temps très variable selon le contexte culturel.

Aplanir les différences de procédure :
- Anticiper que dans les marchés à forte croissance, les différences juridiques, fiscales, réglementaires et autres peuvent ralentir significativement le processus de due diligence et imposer des demandes de renseignements plus nombreuses.
- Communiquer sur la dynamique et l’objet de la due diligence permet d’en rendre le déroulement mieux compris et de renforcer la coopération du vendeur et de la cible
- Déterminer avec précision le déroulement de la transaction et de la due diligence permet de faire émerger les points de divergence éventuels entre les parties.

Source PwC

Laurent Leloup

Vendredi 15 Mars 2013
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