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Les banques doivent comprendre que nous avons changé d'époque


Si les banques hexagonales veulent toucher leur part des prochains 10,5 milliards d'euros qui leur seront accordés, leurs patrons devront renoncer à leur bonus. A prendre ou à laisser, assènent en chœur le président Sarkozy et sa ministre de l'Economie. Certains banquiers ont déjà accepté cette condition parmi d'autres. Pas tous.



Les banques doivent comprendre que nous avons changé d'époque
Le gouvernement a menacé lundi deux des principales banques du pays de les écarter du plan d'aide de 21 milliards d'euros accordé à ce secteur, si leurs dirigeants maintiennent leur refus de renoncer à des bonus annuels de centaines de milliers d'euros. «Les banques doivent comprendre que nous avons changé d'époque !», a asséné Christine Lagarde, ministre de l'Economie.

Si elles ne renoncent pas à ces pratiques, les banques «devront trouver un autre guichet» que celui de l'Etat pour faire face à la crise financière - «mais je n'en connais pas d'autre», a-t-elle souligné dans un entretien publié par le quotidien Les Echos.

En décembre, l'Etat a accordé à six banques françaises une première tranche de prêts de 10,5 milliards d'euros : Crédit Agricole, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Mutuel, Caisse d'Epargne et Banque Populaire Le ministère des Finances a précisé la semaine dernière que les banques pourraient bénéficier d'un nouveau prêt de l'Etat de 10,5 milliards d'euros d'ici la fin du premier trimestre.

La France prépare une nouvelle aide aux banques «assortie de trois nouvelles contreparties»

Nicolas Sarkozy a demandé jeudi aux dirigeants des banques françaises de renoncer à la part variable de leurs rémunérations sur les résultats de 2008 - des bonus qui se chiffrent en centaines de milliers d'euros - en contrepartie du soutien financier apporté par l'Etat. «C'est bien la moindre des choses», a souligné le président français, qui s'en était déjà pris l'année dernière aux «parachutes dorés», ces généreuses indemnités de départ accordées aux grands patrons.

Le président a indiqué qu'il avait chargé sa ministre de l'Economie «d'étudier les conditions» d'une nouvelle «intervention de l'Etat» pour soutenir les banques françaises. Une «intervention assortie de trois nouvelles contreparties» : sur le financement de projets précis, sur les dividendes versés aux actionnaires et en matière de rémunération des dirigeants. Le chef de l'Etat a ainsi menacé de légiférer si les recommandations du Medef, la fédération patronale française, encadrant les rémunérations des patrons n'étaient pas appliquées «à la fin du premier trimestre».

Pressé par le gouvernement et les récentes polémiques autour des «parachutes dorés», le Medef avait ainsi dévoilé, début octobre, ses propositions pour encadrer les rémunérations des patrons, s'opposant notamment aux indemnités record pour les dirigeants dont le bilan est mauvais.

BNP Paribas bon élève, Société Générale et Crédit Agricole renâclent

Les dirigeants de BNP Paribas, l'une des premières banques d'Europe (qui a bénéficié du soutien de l'Etat pour faire face à de grosses difficultés liées à la crise financière), ont fait savoir dès samedi qu'ils se pliaient à cette exigence.

Une porte-parole de la banque a annoncé que Michel Pébereau, président du conseil d'administration de la banque, et Baudouin Prot, son administrateur directeur général, avaient «décidé d'indiquer à leur conseil d'administration qu'ils renonçaient à leur rémunération variable». Ils avaient l'an dernier respectivement touché 875.000 euros et 2,27 millions d'euros au titre de cette part variable.

A l'inverse, le directeur général du Crédit Agricole a refusé en substance de prendre la même initiative. Georges Pauget a souligné dans un communiqué dimanche que sa rémunération serait décidée «en application des lois et règlements en vigueur» par «des instances spécifiques représentant les actionnaires - comité des rémunérations et conseil d'administration».

Selon le Journal du Dimanche, le directeur général de la Société Générale, Frédéric Oudéa, aurait également refusé de renoncer de son plein gré à son bonus. «Aucune polémique ne saurait exister sur ce sujet» avec l'Etat, a assuré son collègue du Crédit Agricole.

L'UMP, parti politique du président Sarkozy, y voit une «question de morale» et a averti qu'il «désignerait à l'opinion publique» les banquiers récalcitrants, selon son porte-parole, Frédéric Lefebvre.

Lagarde : «L'Etat a son mot à dire car les capitaux que nous apporterons pourront s'apparenter à des actions»

La ministre de l'Economie a, de son côté, envisagé de réclamer, en contrepartie des aides, une limitation des dividendes versés aux actionnaires : «Même si je comprends qu'une banque veuille attirer des investisseurs en distribuant des dividendes, il y a dividende et dividende. A tout le moins, la part de résultat distribuée en dividendes devra être limitée afin d'augmenter la part mise en réserve et le renforcement des fonds propres. L'Etat a son mot à dire car les capitaux que nous apporterons pourront s'apparenter à des actions.»

Selon la ministre, la seconde tranche de capitalisation qui sera proposée aux banques pourra se faire soit sous forme de titres super-subordonnés, comme lors de la première opération, soit sous forme «de produits plus cœur de fonds propres, s'apparentant à des actions préférentielles sans droits de vote. L'annonce devrait être faite rapidement, mais l'opération ne sera effective que d'ici mars.»

Quant au contrôle sur la commercialisation des produits financiers, Christine Lagarde veut officiellement faire de cette question «une priorité» et souhaite «présenter une réforme en ce sens d'ici l'été» : «Il faut exiger de tous, et notamment des banques et des sociétés de crédit à la consommation, qu'elles assurent de façon adaptée l'information, le conseil et la mise en garde de leurs clients.»

Enfin, «la création d'une autorité unique qui regrouperait les services de la Commission bancaire et de l'Autorité de contrôle des assurances et des mutuelles» lui semble «une bonne chose», la ministre souhaitant que cette autorité «soit adossée à la Banque de France. Je souhaite présenter une réforme couvrant les deux sujets à l'été.»

Trends & Belga

Mercredi 21 Janvier 2009
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