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Les Enjeux du Développement Durable : Un Monde en Péril ou en Perdition ?


« Les périodes calmes et de prospérité ne sont que des parenthèses de l’Histoire. Tous les grands empires et civilisations se sont crus immortels (…) et tous ont disparu et ont été engloutis. Voilà ce qu’est l’Histoire : des émergences et des effondrements, des périodes calmes et des cataclysmes, des bifurcations, des tourbillons des émergences inattendues » (Edgar Morin, Sociologue et Philosophe français, Interview Sciences Humaines, Décembre 2008).



Constant Calvo
Constant Calvo
Révolution Copernicienne

L’expression « révolution copernicienne » largement galvaudée, communément utilisée dès lors qu’on est confronté à une forme d’évolution quelconque, à un effet de mode, un accident de l’Histoire, une changement de régime politique, une nouvelle théorie, l’affirmation d’une modernité, voire à tout événement inattendu fût-il éphémère qui bouscule nos habitudes de penser et nos façons de faire, désigne en réalité, on le sait, la transformation des méthodes scientifiques et des idées philosophiques qui a accompagné le changement de représentation du XVIe au XVIIe siècle, lorsqu’on est passé d’un modèle géocentrique à un modèle héliocentrique.

Initialisé par Nicolas Copernic, perfectionné par Johannes Kepler et Galilée, défendu et rendu intelligible pour le plus grand nombre par Descartes – rappelons que ce dernier a écrit, à dessein, son ouvrage « Discours de la Méthode » en français, et non pas en latin, ne voulant s’adresser exclusivement ni aux docteurs ni aux érudits – l’irruption de ce changement de représentation de l’univers n’a semble-t-il pas connu depuis son pareil ni n’a été rivalisé par aucun autre de même ampleur et amplitude, et ce malgré les nombreuses mutations et bouleversements que le monde n’a pas manqué de connaître. Après tout, il n’est pas sûr que les révolutions scientifiques du XXe siècle – parmi lesquelles les théories de la relativité générale, de la physique quantique, et de la biologie moléculaire – bien qu’elles aient inauguré une nouvelle étape de la pensée humaine, aient bouleversé notre représentation du monde. Nombreux sont ceux qui considèrent que les découvertes scientifiques du XXe siècle s’inscrivent en droite ligne dans la tradition copernicienne et galiléenne.

Pour prendre la mesure du choc et du changement ressenti à l’époque, il faut savoir que la révolution copernicienne s’opposait non seulement à l’enseignement de l’Eglise – du point de vue de la foi, la nouvelle représentation du monde physique n’était rien d’autre qu’une remise en question des rapports entre l’homme et Dieu – mais plus encore, à la perception et l’expérience même de chacun : Pouvait-on admettre que la Terre se meut ? Quelles preuves pouvait-on produire ? Sommé de les établir, Galilée fut jugé coupable par le Tribunal du Saint Office et condamné à « abjurer ses erreurs ».

A bien y réfléchir, on peut se demander si la véritable révolution scientifique n’était pas tant contenue comme on le pense généralement dans le nouveau modèle géocentrique, que dans l’affirmation proprement inouïe de Giordano Bruno que « le monde est infini ». L’univers n’a pas de fin, des centaines de milliers de soleils comparables au nôtre existent, et il est d’ailleurs fort probable ajoutait Giordano Bruno que notre univers est peuplé d’autres Planètes habitées. Telle était la pensée visionnaire de Giordano Bruno, moine, philosophe et théologien, condamné pour hérésie par l’Eglise. Il fut brûlé vif à Rome le 17 février 1600.

Si le renversement de la conception géocentrique par Copernic est descriptif, et celui proposé par Galilée d’une portée philosophique immense, c’est bien Giordano Bruno qui aura révolutionné non plus seulement la représentation du monde mais la pensée humaine. Ne fut-il pas le premier à avoir formulé l’hypothèse selon laquelle notre « ciel n’est pas un lieu clos », déclarant que notre Planète se situe dans un espace infini ? Tant et si bien, que c’est à lui que revient le mérite d’avoir découvert l’existence de l’univers.

Changement de Perspective

Peut-on dire que nous assistons en ce début du XXIe siècle à une nouvelle révolution copernicienne ? Entendons par là un changement radical de perspective, lequel serait de nature à transformer, de nouveau, de manière durable notre représentation du monde ? Si tel était le cas, de quelle révolution pourrait-il bien s’agir ? Doit-on la craindre ? Si nul n’est en mesure de répondre de manière péremptoire, il suffit en revanche de surfer sur Internet pour se rendre à l’évidence, les prophéties abondent. On nous annonce un nouvel ordre mondial, un nouveau paradigme humain, voire un nouveau paradigme de construction des savoirs, prophéties où se mêlent entre autres religions, sciences, nouvelles technologies de l’information et de la communication, fiction littéraire et cinématographique, ainsi que divers fantasmes et fantasmagories issus des consoles de jeux, tout cela dans un fatras mystique marchand et un syncrétisme douteux.

Plus sérieusement, pourtant, les raisons de penser que sommes entrés dans une nouvelle ère sont nombreuses. Giordano Bruno avait ouvert des territoires imaginaires, scientifiques et intellectuels immenses en déclarant que l’univers est infini ; dès lors, l’univers devenait objet de recherche et de découverte. En 1637, dans le « Discours de la Méthode », René Descartes écrivait cette phrase souvent considérée comme inaugurant le programme et l’épopée scientifique moderne : (…) « nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature » ; et dès lors, l’univers devenait objet de conquête et de domination. Il revenait à la révolution industrielle puis aux avancées scientifiques et technologiques du XXe siècle de créer les conditions susceptibles de mener avec succès ces deux projets et ambitions. Mission réussie serions-nous tentés d’affirmer.

Or, il semble que l’humanité est en train de faire le constat amer que l’univers n’a plus la capacité à absorber les excès et violences qu’elle lui inflige, en même temps que la douloureuse expérience de ses propres limites. Ce double aveu est-il le prélude à une fuite en avant à coup sûr suicidaire, ou au contraire à une salutaire remise en cause ? Aurions-nous atteint le point de non retour et l’heure de vérité ?

Dérèglements Climatiques

En raison de l’activité humaine et des dégradations qu’elle entraîne, les ressources naturelles s’épuisent ; les limites physiques de la Planète Terre posent la question de la répartition actuelle des ressources entre les êtres humains, ainsi que celle de la remise en cause d’un modèle de surconsommation. Les ressources non renouvelables constituées par les matières premières minérales et les combustibles fossiles, qui proviennent de gisements formés au cours de l’Histoire géologique de la Terre, arriveront bientôt à terme. Quant aux ressources renouvelables, l’eau, les Terres cultivables, les ressources biologiques constituées par les communautés vivantes – forêts, pâturages, pêcheries maritimes, espèces animales et végétales -, et par les ressources génétiques – variétés de plantes cultivées et races d’animaux domestiques -, elles sont incapables de se régénérer en permanence.

Du côté des changements climatiques, la situation est tout aussi préoccupante. Dès les années 90, la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique était établie. Le protocole de Kyoto de 1997, entré en vigueur en février 2005, était censé montrer l’exemple d’une stratégie de réduction des gaz à effet de serre à l’échelle internationale. Mais c’était sans compter la division des pays les plus industrialisés, peu enclins à remettre en cause leur modèle de croissance d’une part, et les pays du Sud inquiets pour leurs projets de développement d’autre part. En 1992, la Déclaration de Rio avait donné le coup d’envoi à un programme ambitieux.

James Lovelock, penseur, scientifique et environnementaliste britannique, spécialiste des sciences de l’atmosphère, concepteur du mythe de Gaïa – soit la Terre considérée comme un être vivant – est très pessimiste sur l’état désastreux de notre Planète. Selon lui, le réchauffement climatique est bien plus catastrophique qu’on ne le dit, affirmant : « Si l’augmentation de température que je prévois, de 6 à 8°C, se produit, la civilisation pourrait bien se trouver menacée : nous aurons une extinction en masse des espèces, et l’agriculture deviendra impossible sur une bonne partie du globe. La nourriture sera insuffisante, il y aura des conflits, l’humanité se concentrera autour des régions polaires (…)».

Sommet de la Terre

Le prochain Sommet de la Terre aura lieu en 2012, à Rio de Janeiro, au Brésil. Il s’agira de nouveau de tester notre capacité collective à construire une vision du monde. Le Développement Durable représente cette volonté où se conjuguent trois objectifs : celui du développement économique, de l’amélioration des conditions sociales pour tous les peuples et la pérennité des conditions de vie sur Terre. Confrontés à de grands bouleversements, la prise de conscience peine pourtant à émerger. Près de 20 ans après le premier Sommet historique de la Terre, force est de constater que le contexte géopolitique mondiale – et ses rapports de force – a considérablement changé, ce qui ne facilite pas la tâche.

Rappelons, pour mémoire, quelques dates clés qui jalonnent l’Histoire de la lutte contre les dérèglements climatiques (source : La Documentation Française).

1827. Première description de « l’effet de serre ». Le mathématicien et physicien français, Jean-Baptiste Fourier, a recours à l’analogie de la serre pour décrire le phénomène naturel de rétention partielle des radiations solaires par l’atmosphère.

1873. Fondation de l’OMI, l’Organisation météorologique internationale est fondée à Vienne. Début des observations météorologiques standardisées.

1967. Premières prévisions d’un réchauffement planétaire. Deux scientifiques prévoient le doublement de la concentration de CO2 d’ici le début du XXe siècle et une élévation de la température moyenne de 2,5 degrés.

1979. Première conférence mondiale sur le climat à Genève.

22 mars 1985. Convention de Vienne sur la protection de la couche d’ozone. Les Etats parties s’engagent à protéger la couche d’ozone et à coopérer scientifiquement afin d’améliorer la compréhension des processus atmosphériques

16 septembre 1987. Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d’ozone.

1988. Création du GIEC. Le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat, est chargé du suivi scientifique des processus de réchauffement climatique.

1990. Premier rapport dressant le bilan des connaissances scientifiques sur les changements climatiques et leurs possibles répercussions sur l’environnement, l’économie, la société. Ce rapport a servi de base scientifique à la Convention cadre sur le climat (Rio, 1992).

3-14 juin 1992. 1er Sommet de la Terre : Rio de Janeiro (Brésil).

Décembre 1995. Second rapport du GIEC confirmant l’influence des activités humaines sur les changements climatiques et prévoyant un réchauffement moyen de 1 à 3, 5 degrés d’ici à 2100 ainsi qu’une augmentation du niveau de la mer de 15 à 95 centimètres.

1er-12 décembre 1997. 3ème Conférence des Nations unies sur les changements climatiques : Kyoto. Adoption d’un protocole à la Convention sur le climat dit « protocole de Kyoto ». Il engage les pays industrialisés regroupés à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 5, 2% en moyenne d’ici 2012, par rapport au niveau de 1990.

16 février 2005. Entrée en vigueur du protocole de Kyoto.

2005 : Classée année la plus chaude.

22 septembre 2007. Signature de l’accord de Montréal sur l’élimination de substances chimiques appauvrissant la couche d’ozone.

Empreinte Écologique

William Rees, économiste spécialiste de l’environnement, Professeur à l’Université de Colombie-Britannique, à Vancouver, au Canada, dont la recherche met l’accent sur les implications des tendances environnementales mondiales sur les politiques publiques et la planification, ainsi que sur les conditions écologiques nécessaires pour un développement socio-économique durable, a inventé le concept d’empreinte écologique. Popularisé par l’association WWF, l’empreinte écologique traduit l’impact des activités humaines en équivalent de surfaces Terrestres nécessaires.

On apprend ainsi que, si tous les habitants de la Planète vivaient sur le niveau de vie américain, il nous faudrait 5 Planètes, 3 Planètes sur le niveau de consommation moyen d’un français ; en revanche, ¼ de Planète suffirait si nous avions par exemple la sobriété d’un habitant du Malawi, pays situé en Afrique Australe. Selon WWF, depuis 2005, on aurait excédé les capacités de la Terre de 30%, et les occidentaux à eux seuls consommeraient déjà un peu plus d’une Planète. Si rien ne changeait, la pression démographique au Sud, à laquelle s’ajoutent les pratiques de surconsommation et de gaspillage devraient, selon les prévisionnistes, conduire la Planète Terre à compter une population de 9 milliards en 2050. On n’ose imaginer la pression que les activités de ces milliards d’âmes ne manqueraient d’exercer sur l’environnement.

Biodiversité

Tout autant que la question du climat, la perte de la Biodiversité est capitale. Les scientifiques sont nombreux à estimer que la Terre se trouve à la veille de la sixième grande vague d’extinction de son Histoire. Environ 1,8 million d’espèces animales et végétales différentes ont été décrites à la surface de notre Planète et ce long travail de recensement de l’existant est loin d’être fini. La communauté scientifique estime que la moitié des espèces vivantes pourrait disparaître d’ici un siècle, compte tenu du rythme actuel de leur disparition. Selon l’ONU, le rythme actuel de perte d’espèces dû aux activités humaines est plus de 100 fois supérieur à celui de l’extinction naturelle.

Sait-on, pour ne donner qu’une vague idée de l’ampleur du désastre, qu’une espèce d’amphibien sur trois, plus d’un oiseau sur huit, plus d’un mammifère sur cinq et plus d’une espèce de conifère sur quatre sont aujourd’hui menacés d’extinction ? 2010 avait été décrétée Année Internationale de la Biodiversité par l’ONU, et le 21 décembre 2010 l’Assemblée générale a donné son feu vert à la poursuite du processus de création de l’IPBES, plateforme intergouvernementale scientifique et politique dédiée à l’amélioration des connaissances sur la Biodiversité et les services éco systémiques. L’IPBES est l’équivalent du GIEC, son objectif principal est de favoriser la prise de conscience du public et des décideurs politiques quant aux conséquences désastreuses de l’érosion de la biodiversité.

2010 Année internationale de la Biodiversité s’est terminée avec un timide espoir, puisqu’il a été décidé que le 24 janvier 2011 serait décrétée Année Internationale de la Forêt. L’ONU voulant rappeler ainsi, à qui veut l’entendre, que les forêts sont une partie intégrante du Développement Durable au plan mondial. Avons- nous toujours conscience, les uns et les autres, que les activités économiques relatives à la forêt ont une incidence sur l’existence de 1,6 milliard de personnes dans le monde, qu’elles sont la source de bienfaits humains et de biens socioculturels, qu’elles servent de fondement aux savoirs autochtones ? En tant qu’écosystème, en outre, la forêt joue un rôle prépondérant dans l’évolution des changements climatiques et la protection de la Biodiversité.

A Nagoya, au Japon, le sommet sur la Biodiversité qui s’est tenu du 18 au 29 octobre 2010, s’est clos sur des objectifs concrets : augmentation des surfaces de Terres et d’océans à protéger, répartition plus équitable des ressources génétiques et création de l’IPBES.

Comportement Citoyen

Le concept de Développement Durable serait cette nouvelle manière de penser notre monde en péril ou en perdition, de pendre la mesure de notre responsabilité collective, et de tenter de le gérer. Sans doute, il n’est pas le seul, d’autant qu’il demeure selon certains analystes flou sinon ambigu, rempli de contradictions selon d’autres, mais il a le mérite de faire l’objet d’un très large consensus à travers le monde, à tel point qu’il est devenu matière à enseignement, de l’école primaire, aux grandes Écoles, en passant par le lycée.

L’on s’accorde à penser que la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) – qui a fait l’objet en 2010, avec la publication le 1er Novembre 2010 de la première Norme Internationale ISO 26000, d’une avancée significative – est la contribution des entreprises aux enjeux du Développement Durable, leur démarche d’engagement volontaire consistant à prendre en compte les impacts sociaux et environnementaux de leurs activités pour adopter les meilleures pratiques possibles et contribuer à l’amélioration de la société et à la protection de l’environnement.

Il n’est pas sûr, en revanche, au plan individuel, que chacun d’entre nous ait mesuré l’importance de son propre engagement, de sa propre contribution et responsabilité. Sommes-nous prêts à adopter un comportement plus citoyen, de nouveaux modes de vie ? De nouveaux modèles de développement apparaissent aujourd’hui indispensables sinon inévitables. Avons-nous pleinement conscience que notre style de vie, notre manière d’être tout simplement, notre vie familiale, ainsi que nos décisions les plus insignifiantes, nos choix quotidiens qui apparemment n’ont aucun autre impact que personnel, contribuent d’une manière ou d’une autre au réchauffement de la Planète ? Qu’il s’agisse de notre moyen de transport, ou de notre habitat, de nos habitudes d’achats, de nos façons de boire, de manger et de se vêtir, ou encore de notre quête légitime de plaisirs, de loisirs, et de vacances, tout cela implique qu’on le veuille ou non l’émission de gaz à effet de serre.

Hypermodernes et Créatifs Culturels

Comment nos contemporains vivent-ils les troubles et turbulences de notre époque ? Plusieurs théories ou modèles de comportement sont proposés par les sociologues afin de nous permettre de comprendre ce qui se joue, au niveau individuel, au vu des mutations que traverse notre monde d’aujourd’hui. Sommes-nous une espèce en perdition ou seulement en péril ? Quelles sont les stratégies que les individus mettent en place afin d’affronter les bouleversements qui nous menacent ? Quelles parades, quels recours pouvons-nous avoir ? Esquissons le portrait de deux types, parmi d’autres, de nos contemporains.

On a assisté, dès les années 1970, nous disent les sociologues, à l’émergence de la tendance que l’on nomme « l’hypermodernité ». Soit donc l’individu hypermoderne s’articulant selon deux versions : d’une part, la version positive, c’est à dire un hyperactif, vivant dans l’excès permanent de consommation et de stress, en quête perpétuelle de performance et de la jouissance sous tous ses aspects ; et, d’autre part, la version négative, en l’occurrence un individu pétri de désir, mais en situation d’échec car ne disposant pas de grandes ressources économiques.

L’individu hypermoderne apparaîtrait à une époque où l’espace temps est perçu comme une préoccupation majeure, voire une obsession. L’hypermodernité se caractériserait, par conséquent, par la généralisation du règne de l’urgence. L’individu hypermoderne veut tout et tout de suite. Il consacre le règne de l’immédiateté. On l’a compris, l’hypermoderne est de manière évidente un être hyper angoissé, d’où son appétit insatiable pour la consommation à outrance. La consommation représente un remède, une fuite, un antidote, contre la mal être ou le mal de vivre. Dans le monde menaçant et menacé qui nous entoure, seules les personnalités les plus fortes, au sens darwinien du terme, c’est-à-dire capables de s’adapter, peuvent tirer leur avantage. Les hypermodernes sont plus que cela, ils sont sur adaptés, ils savent d’instinct que tout danger ou obstacle peut se transformer en opportunité. On pressent chez l’individu hypermoderne, pourtant, quelque chose qui s’apparente à l’énergie du désespoir. L’hypermoderne aurait-il l’intuition, presque l’intime conviction, d’une catastrophe imminente?

A côté de ce modèle, les sociologues nous en proposent un autre, bien différent : Les « créatifs culturels ». Il s’agit-là d’un groupe plus homogène, appartenant à un courant socioculturel fort, les tenants d’une nouvelle philosophie de vie, à la pointe du changement social. Les créatifs culturels seraient des individus se caractérisant par des valeurs telles que l’implication personnelle dans la société à partir d’engagements solidaires, locaux ou globaux, immédiats et à long terme, la vision « féminine » des relations et des choses, l’intégration de l’écologie, de l’alimentation bio, des méthodes naturelles de santé, et l’importance accordée au développement personnel, à l’introspection, ainsi qu’à de nouvelles formes de spiritualités. A l’opposé des hypermodernes, soucieux de leur autonomie, les créatifs culturels prennent résolument leur distance vis-à-vis des modes de consommation industriels. On estime à près de 50 millions rien qu’aux Etats-Unis, où est né le mouvement, le nombre de personnes se reconnaissant de cette mouvance.

Toutes les époques charnières ont connu l’émergence de nouvelles et diverses formes d’expressivité et de sociabilité, notre époque ne faisant pas exception à la règle. Beaucoup ont disparu sans laisser de traces, et nous sont heureusement restituées par les écrivains, historiens, sociologues, ou anthropologues. Certaines ont donné naissance à des nouvelles formes de pensée et de comportement, d’autres se sont fondues dans la société de leur temps, d’autres encore continuent de mener secrètement, à notre insu, leur œuvre souterraine de transformation.

Intelligence Collective

On est en droit de se demander ce qui, en définitive, aux environ de 2050 ou vers la fin du XXIe siècle, subsistera du concept de Développement Durable. Toutes les hypothèses peuvent être avancées. L’Histoire va-t-elle le dévorer et l’engloutir dans la nuit des temps ? Ferons-nous tous partie de la prochaine vague d’extinction massive ? Le Développement Durable est-il un concept ou n’est-il qu’une prophétie parmi d’autres ?

Quoiqu’il en soit, l’heure est grave, le danger se rapproche. Une course contre la montre s’est bel et bien engagée, à moins qu’il ne s’agisse d’un compte à rebours. Chacun en a pris conscience. De fait, l’on constate que partout dans le monde les gens semblent vouloir se mobiliser. A la pointe du combat, et à l’avant-garde du progrès sociétal, de nombreuses associations sont à pied d’œuvre. Vigilantes et expertes, elles font preuve d’une redoutable connaissance technique et juridique des dossiers ; ne s’en laissant pas compter, nullement impressionnées par la communication officielle et les stratégies de désinformation, elles n’ont de cesse d’informer et d’alerter le public et les médias ; elles analysent et critiquent les données économiques et scientifiques ; en appellent au devoir de transparence et de l’éthique ; mènent des actions sur le terrain ; défient les pouvoirs en place d’où qu’ils viennent ; tiennent tête aux lobbyings ; défendent les Droits de L’Homme partout où ils sont bafoués ; publient des rapports ou des contre rapports ; pressent les États et les firmes transnationales d’agir au plus vite, et de faire face à leurs responsabilités.

Certaines associations se regroupent afin de gagner en cohérence et efficacité. « Alliance pour la Planète » www.lalliance.fr/Associations-membres/ regroupe ainsi 83 associations à travers le monde.

En France, pour ne parler que d’elle, la « Fondation Nicolas Hulot Pour la Nature et l’Homme » très active et attractive, qui soutient des projets en France comme à l’international, fête ses 20 ans. Le populaire Nicolas Hulot nous conjure à « Relever ensemble le Défi pour la Terre car chaque geste compte ! ». Un site Internet dédié, www.defipourlaterre.org, permet de télécharger gratuitement de nombreux outils pour agir et inciter les autres à le faire. La Fondation Nicolas Hulot n’hésite pas même à enrôler le grand et visionnaire Victor Hugo à la noble cause du Développement Durable. Sur le Site, on peut lire ces mots de l’écrivain, dramaturge, poète, écrits en 1848 : « Il faut relever l’esprit de l’homme, le tourner vers la conscience, vers le beau, vers le juste et le vrai, le désintéressé et le grand. C’est là, et seulement là, que vous trouverez la paix de l’homme avec lui-même et par conséquent la paix de l’homme avec la société. » Qui oserait le contredire ?

Selon les anthropologues, le premier représentant direct de notre espèce homo sapiens est apparu il y a quelque 300 000 mille ans. Il a peu à peu remplacé les autres hominidés. Il a exploré la Terre, atteint tous les territoires et limites de notre Planète, découvert parmi tant d’autres merveilles le feu, l’art, l’écriture, l’agriculture, la philosophie, les mathématiques, les sciences. Il s’est sédentarisé, lancé à la conquête du monde, et hissé au sommet de l’évolution. Il a su, ce faisant, affronter cataclysmes, changements climatiques et géologiques.

Nous sommes les descendants et héritiers de ces femmes et hommes. Saurons-nous faire preuve de la même intelligence collective, audace, et résilience face à l’adversité ?

Constant Calvo, Directeur associé ADHERE RH
http://blog.adhere-rh.com

Vendredi 6 Mai 2011
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