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Le moteur de la croissance française patine


Habituée à soutenir à bout de bras la croissance française, la consommation des ménages commence vraiment à lâcher prise.



Marc Touati
Marc Touati
En effet, après avoir reculé de 1,5 % en juin, puis rebondi mécaniquement de 2,7 % en juillet grâce aux soldes, les dépenses en produits manufacturés ont de nouveau chuté de 1,6 % en août. En dépit d'un retour en territoire positif, leur glissement annuel reste faible à seulement +1,2 %. A l'évidence, nous sommes loin des performances usuelles de la consommation, notamment en phase de reprise, qui permettaient à la croissance française d'affronter vents et marées sans trop de difficultés.

L'origine de cette décrue est malheureusement simple : l'automobile. Ainsi, après avoir été artificiellement soutenue par les primes gouvernementales, la consommation automobile s'est logiquement écroulée depuis le début 2010, et ce malgré la fin progressive des primes et les rabais importants consentis par les constructeurs. A l'instar des évolutions observées en 1996-97, lors de la mise en place de primes analogues, la flambée de consommation de l'an passé n'a donc été qu'une anticipation des dépenses de cette année, d'où un écroulement inévitable aujourd'hui. Les chiffres parlent d'eux-mêmes, puisque au-delà des baisses de 1,6 % et 1,5 % enregistrées en juillet et août, les dépenses automobiles ont chuté de 11,2 % depuis le début de l'année et leur glissement annuel affiche un niveau peu flatteur de - 10,4 %. Après avoir atteint un niveau de 3,5 milliards d'euros « chaînés 2000 » (en données CVS-CJO), la consommation automobile n'est plus désormais que de 2,573 milliards, soit un niveau équivalent à celui de la fin 2008. En d'autres termes, le secteur automobile est revenu à son point de départ d'avant-crise. Certes, entre-temps, il a pu se refaire une santé temporaire, mais il apparaît désormais particulièrement mal en point, surtout parce que ses marges de progression semblent bien minces.

Dans ce contexte de fragilité extrême, les soldes ont, comme d'habitude, permis de sauver l'honneur. Ainsi, en juillet, les dépenses de textile-cuir ont explosé de 12,5 % et même si elles ont ensuite reculé de 6,1 % en août, leur glissement annuel reste favorable à + 6,4 %. Une situation analogue, quoique moins abrupte, s'observe pour la consommation de biens d'équipement du foyer qui ont progressé de 2 % en juillet, puis baissé de seulement 0,3 % en août et affichent un glissement annuel de 7,8 %. Les Français disposent donc encore de quelques réserves pour consommer mais uniquement en période de bonnes affaires.

Ainsi, ces deux évolutions ne constituent que deux arbres qui cachent une forêt de faiblesse qui devrait perdurer au moins jusqu'aux soldes de 2011. Sur l'ensemble de l'année, la consommation des ménages devrait ainsi progresser d'au mieux 1,4 %, ce qui permettra à la croissance globale du PIB d'atteindre tout juste les 1,5 %.

Marc Touati
Economiste.
Directeur Général de Global Equities.
Président du cabinet ACDEFI (premier cabinet de conseil économique et financier indépendant).

www.acdefi.com


Mardi 5 Octobre 2010
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