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Le boom du Financement de la Supply Chain


Une nouvelle étude auprès des 40 banques les plus importantes d’Europe révèle un essor considérable du financement des chaînes d’approvisionnement



Laurent Leloup
Laurent Leloup
Plus de 90% des grandes banques européennes ont observé une hausse “très importante” de la demande de solutions de financement de chaîne d’approvisionnement, ou Supply Chain Finance (SCF), certaines d’entre elles rapportant un redoublement du nombre de requêtes dans les deux dernières années. La crise des marchés financiers a été un moteur significatif pour la Supply Chain Finance, alors que les entreprises et leurs banques ont tenté de libérer leurs flux de trésorerie dans la chaîne d’approvisionnement tout en réduisant leurs risques. De plus, les banquiers européens prévoient la continuation de cet essor de la Supply Chain Finance, suite à la meilleure connaissance qu’ont les plus grandes entreprises, et à leur demande plus importante de programmes de financement de la chaîne d’approvisionnement. Ces constats font partie des conclusions de l’étude du marché de la Supply Chain Finance effectuée par Demica, leader mondial en solutions et technologies de financement.

Les programmes de financement de la chaîne d’approvisionnement permettent aux grandes organisations acheteuses de prolonger leurs délais de paiement, tout en aidant les fournisseurs à être payés plus rapidement. Les fournisseurs peuvent se reposer sur l’évaluation de crédit des sociétés qui leur sont redevables, afin d’obtenir un montant de financement déterminé par le profil de crédit du titulaire de la dette. Ainsi, ils ont la possibilité d’obtenir des services de paiement rapides de la part du financeur du programme, à des taux d’intérêt extrêmement avantageux.

Le nouveau rapport d’étude de Demica révèle aussi les critères principaux qui convainquent les candidats aux programmes de Supply Chain Finance : une meilleure gestion des flux de trésorerie, un risque réduit dans la chaîne d’approvisionnement (en particulier, celui de la faillite d’un fournisseur indispensable), et enfin, une plus grande transparence des transactions entre fournisseurs et acheteurs. Certains des participants de l’enquête ont signalé que les fournisseurs font l’économie de 3 à 4 points de pourcentage dans le coût d’un emprunt lorsqu’ils souscrivent aux programmes de Supply Chain Finance.

Selon les autres conclusions du rapport, les banques européennes prévoient également que la croissance dans le marché de la Supply Chain Finance remplacera le déclin du secteur de la lettre de crédit. En conséquence, plus de 80% des grandes banques européennes intensifient leurs efforts de marketing pour promouvoir leurs offres de financement de la chaîne d’approvisionnement. Par ailleurs, lorsque ces banques mettent en place des programmes SCF pour leurs clients, elles y voient aussi l’opportunité d’introduire un éventail d’autres produits financiers qu’elles peuvent offrir à leurs clients.

Phillip Kerle, président de Demica, explique : “Ces dernières années, les programmes de Supply Chain Finance ont évolué du statut de produit vers celui de marché entier aux yeux des entreprises et de leurs banques principales. Nos participants issus du milieu financier observent que l’intérêt pour les programmes SCF vient surtout des industries de production, du secteur commercial, de l’industrie automobile ou d’ingénierie mécanique, et de l’agroalimentaire. Cependant, des requêtes plus modestes sont aussi attendues de la part des secteurs pharmaceutiques, de technologies et de télécoms.

“Tandis que la chaîne d’approvisionnement logistique est devenue moins performante en termes de gains d’efficacité, la notion de chaîne d’approvisionnement financière a rapidement gagné l’intérêt des directeurs et des financiers. Avec, pour résultat, que certains financiers connaissent une croissance sans précédent. Au moment où l’économie mondiale reprend du souffle, les TPE - qui constituent la composante la plus importante de nombreuses chaînes d’approvisionnement essentielles – ont désespérément besoin d’accéder à un financement à un prix raisonnable, mais ne sont pas en mesure de le faire seules pour l’instant. En souscrivant à un programme de Supply Chain Finance, leurs flux de trésorerie seront préservés grâce à l’accès au crédit défini par l’évaluation de crédit de leurs grands clients commerciaux. Cette option est extrêmement attrayante dans le contexte actuel du resserrement des crédits, et il n’est donc pas étonnant que les financiers signalent un tel intérêt pour le financement de la chaîne d’approvisionnement.”

Méthodologie
L’étude a été effectuée auprès des 40 banques européennes détenant le plus d’actifs (sur base de la liste Forbes Global, 2000) aux mois de novembre et décembre 2010. Les participants qualifiés ont été interrogés à propos de différents aspects du marché émergent de la Supply Chain Finance. Les participants ont ainsi, à notre demande, donné leur opinion sur le marché de la SCF en ce qui concerne son essor récent, sa croissance prévue, ses avantages principaux, les grands acteurs du marché, les initiatives marketing et les préoccupations du secteur.

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Laurent Leloup

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Mercredi 26 Janvier 2011
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1.Posté par Fabien Jacquot - Corporate LinX le 26/01/2011 09:59 | Alerter
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Les conclusions de cette étude rejoignent notre mesure récente de la progression de cette activité publiée dans ces colonnes mais invitent à modérer certains éléments par rapport à l’environnement français.

Sur un panel de 40 banques européennes, 90% ont observé une demande en forte croissance en matière de solutions de financement de la Supply Chain. Cet essor est particulièrement marqué depuis ces 2 dernières années motivé par la crise financière conduisant les entreprises à optimiser leur trésorerie liées aux activités dans leur Supply Chain.

Il conviendra de noter que l’étude de Demica porte probablement essentiellement sur des banques anglo-saxonnes. L’étude donne en effet comme première motivation pour cette croissance, le prolongement des délais de paiement. En France, cet objectif est délicat à manipuler car les délais de paiement pratiqués étaient traditionnellement supérieurs à ceux imposés par la loi LME. Les sociétés implantées dans l’hexagone peuvent donc utiliser le Supply Chain Finance pour limiter la réduction imposée des délais de paiement (pas au-delà de 60 jours) et trouver une forme de rémunération afin de compenser l’impact sur le BFR.

En revanche les autres bénéfices du Supply Chian Finance se rapprochent des conclusions de notre propre étude ; meilleure gestion des flux de trésorerie, réduction de risque de défaillance dans la Supply Chain et établir une transparence entre fournisseurs et donneurs d’ordres.

Toujours selon le rapport Demica, la croissance du SCF compensera la chute de la lettre de crédit. Ainsi 80% des banques européennes déploient des efforts marketing afin de faire leur promotion de leurs offres de SCF renforçant leurs offres clients.

Notre propre analyse rejoint celle de Demica sur le renforcement du marketing bancaire sur le SCF. En revanche ce marketing est loin de se traduire systématiquement en des offres concrètes et disponibles. Nous observons souvent que les banques européennes sont plutôt amenées à participer à des programmes définis par les contraintes des donneurs d’ordres et de leurs fournisseurs. La réalité observée chez les banques européennes consiste fréquemment à répondre à des demandes clients plutôt que d’être force de proposition.

D’ailleurs dans le SCF, le rôle de la banque n’intervient que tard dans la transaction alors que donneur d’ordres et fournisseurs requièrent centralisation et automatisation des transactions afin de permettre un règlement réellement anticipé par rapport à la date d’échéance de facture. De ce fait, les solutions techniques bancaires ne prennent souvent en compte la transaction que lorsque déjà validée par l’ERP client, limitant la pertinence de la solution proposée mais également potentiel et volume du règlement anticipé. Rappelons que les solutions bancaires sont majoritairement mono-banques, un autre obstacle pour tout grand donneur d’ordres aux encours importants.

Notre propre constat correspond aux conclusions de Demica sur le focus actuel des grandes organisations qui souhaitent exploiter le potentiel phénoménal dans la Supply Chain d’optimisation financière.

Si la crise (et les effets de la LME en France) ont pénalisé les grands groupes et leurs fournisseurs, le besoin de flexibilité pour le cashflow restent et resteront présents post-crise. On évoquera d’ailleurs le Supply Chain Finance comme du financement durable ; une nouvelle manière concrète de vivre et développer la relation donneur d’ordres et fournisseurs.

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