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Le Libra : vers la disparition des monnaies nationales au profit de monnaies privées ?


Par Alexandre Hezez, Group Chief Investment Officer de Banque Richelieu



« La mission de Libra est de favoriser le développement d’une devise et d’une infrastructure financière mondiales simples, au service de milliards de personnes. »
Introduction du White Paper de la cryptomonnaie de Facebook.

Tout se passe avec le Libra comme si le premier réseau social au monde adoubait une nouvelle cryptomonnaie, à l’instar du Bitcoin, Ether ou encore du Ripple : elle en a son apparence, repose sur les mêmes technologies et offre les mêmes avantages, à savoir des transactions instantanées et peu coûteuses. Tout le contraire des systèmes actuels de transfert d’argent.

En réalité, le Libra est un phénomène nouveau dans le domaine des cryptomonnaies, puisqu’elle se rapproche - dans son fonctionnement - beaucoup plus d’une monnaie nationale que d’une cryptomonnaie. A un détail près : elle est indépendante des Etats et des banques centrales…

Le Libra : en concurrence directe avec les monnaies nationales ?

A l’image de la plupart des monnaies nationales, le Libra est un « stable coin », c’est-à-dire une monnaie développée de sorte à minimiser au maximum la volatilité sur son prix en étant notamment indexée sur un panier de devise. Cette devise fonctionnerait comme les devises péguées, comme par exemple le Yuan sur le dollar. Il sera donc dépendant d’une réserve de monnaie et de valeurs telles que le dollar ou l’euro. Après les volatilités extrêmes des cryptomonnaies des dernières années (pour rappel, en décembre 2016, le Bitcoin atteignait difficilement les 800$ ; fin 2017, il atteignait des sommets à plus de 18 000$ pour redescendre à 3 000$ un an plus tard), la tendance d’évolution du marché semble se focaliser sur les « stable coins », et cela pourrait bien venir concurrencer - dans un premier temps - les cryptomonnaies classiques.

En effet, une des finalités du Libra est bien de créer des devises alternatives aux devises classiques. Depuis la crise de 2009, les systèmes classiques des banques centrales ont perdu une partie de leur crédibilité auprès de l’opinion publique, en rachetant des obligations à grande échelle. Les cryptomonnaies ont donc fait de leur indépendance vis-à-vis des Etats et de leur fonctionnement décentralisé (grâce à l’utilisation des technologies numériques comme la blockchain), leur principal argument marketing.

En définitive, avec Libra, Facebook met en place un système financier alternatif. Il permettra à ses utilisateurs de payer et être payer sans passer par un système de paiement conventionnel. Cependant, même si le Libra est régi par une association indépendante – Calibra – le réseau social en sera bien le « Gouverneur » car il se pose en tant qu’agent de confiance de la nouvelle monnaie.

« Une jacquerie ? Non, une révolution ! » : au tour des États d’être ubérisés

Libra est vraisemblablement le point de départ de la création de véritables monnaies d’entreprises privées. Ces dernières joueront non seulement le rôle de Banques Centrales, d’Agents de Confiance, mais aussi de Créanciers et de Débiteurs. Elles viendront ainsi directement concurrencer les Banques mais aussi les Etats dans leur fonction régalienne, avec tout ce que cela comporte comme interrogations sur la confiance que l’on peut accorder à des acteurs privés ou celles relatives à la protection des données personnelles.

C’est également une menace très crédible pour les banques, mettant sous pressions les marges des activités des banques de détail. Plus faciles d’usage, moins chers, bénéficiant d’une utilisation poussée des nouvelles technologies, les GAFA viennent concurrencer frontalement d’anciens systèmes soumis à des règles strictes.

Cette fois ci c’est donc bien de l’uberisation de l’argent dont il est question. Mais cette fois-ci ce ne seront pas les entreprises qui en seront les victimes, mais les États et leur système bancaire.

Demain, qui pourra empêcher Amazon ou Alibaba de payer leurs fournisseurs en « AmazonCash » ou en « BabaCoin » ?

Demain, les « gens ordinaires » auront-ils moins confiance dans une Fed, une BCE, dans leur système bancaire classique ou dans une entreprise qui est devenue leur principal canal de consommation ?

Quelle défense adopteront-ils face à ces phénomes irrépressibles ?

Voici autant de questions dont il devient urgent d’apporter des réponses.

Alexandre Hezez

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Lundi 1 Juillet 2019
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