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Le CO2 et le climat : un point de vue d’ingénieur


Rarement un débat aura autant préoccupé l’opinion et les médias que celui qui fait rage aujourd’hui à propos de l’évolution du climat et de la responsabilité éventuelle de l’humanité à son égard.



Le CO2 et le climat : un point de vue d’ingénieur
Les climatologues eux-mêmes sont divisés en deux factions qui s’affrontent. La majorité d’entre eux semble se ranger dans le camp «officiel», celui qui soutient un point de vue que l’on peut résumer en quatre points :
- La température du globe terrestre s’accroît et va continuer à le faire dangereusement
- Les activités humaines et tout particulièrement les émissions de gaz carbonique (CO2) sont la cause majeure du phénomène
- Il faut donc agir pour maîtriser et réduire ces dernières
- Il existe des moyens pour y parvenir et il faut les mettre en œuvre d’urgence pour « sauver la planète ».

Mais d’autres climatologues, qui font de plus en plus entendre leur voix, contestent les bases mêmes de ce raisonnement. Selon eux, les variations du climat ont toujours existé, et rien ne prouve que les activités humaines, et notamment les émissions de CO2, aient une influence significative sur son évolution et sur la température moyenne du globe.

Lorsqu’on n’est pas soi même climatologue – et il y en a fort peu dans le monde – est-il possible de se faire une opinion ? Face à la difficulté du sujet et à l’ampleur de la controverse, la tentation est forte de répondre négativement à cette question. Le présent article va s’efforcer de montrer qu’il n’en est rien, et qu’une approche rationnelle, que l’on pourrait qualifier d’ingénieur, c’est-à-dire partant des faits, permet d’aboutir à un certain nombre de conclusions difficilement contestables et de jeter un regard nouveau sur ce sujet complexe.

Plutôt que d’entrer dans le débat qui oppose entre eux les climatologues au sujet de l’évolution du climat et de l’éventuelle responsabilité des activités humaines à son égard, le raisonnement proposé prend le problème à l’envers et part d’une question simple «Quelle est notre marge de manœuvre à l’égard des émissions de CO2 ? Y pouvons-nous quelque chose ?»

L’instinct conduit à répondre positivement. Lorsque nous éteignons l’éclairage en quittant une pièce, que nous achetons une voiture qui consomme moins ou que nous faisons isoler notre logement, nous réduisons notre consommation d’énergie et donc le plus souvent nos émissions de gaz carbonique. Il en va de même lorsqu’une usine ou une centrale électrique se modernise et améliore son rendement énergétique.

Instinctivement, nous avons donc le sentiment qu’il est possible d’agir sur les émissions de CO2 et de réduire leur volume au niveau individuel et de chaque pays, et par conséquent à celui de la planète.

Mais l’instinct est parfois trompeur comme le montre une approche différente de la question. Celle-ci nécessite tout d’abord de rappeler quelques faits élémentaires au sujet de la présence du CO2 dans l’atmosphère. Connue avec une précision satisfaisante grâce à divers postes d’observation situés notamment à Hawaï, on sait qu’au début du XXeme siècle, l’atmosphère terrestre contenait environ 2 000 milliards de tonnes de CO2. Le chiffre peut paraître impressionnant, mais il correspond à une concentration très faible de 280 parts par million (ppm).

Puis l’exploitation du charbon, du pétrole et du gaz naturel a engendré tout au long du 20ème siècle des émissions massives de CO2 qui ont porté la quantité aujourd’hui présente au-dessus de nos têtes à 2800 milliards de tonnes, correspondant à 380 ppm. Il existe d’autres sources de gaz à effet de serre, mais c’est l’usage des hydrocarbures qui en est, de loin, la principale.

Et le mouvement continue puisque les émissions mondiales s’élèvent aujourd’hui à 30 milliards de tonnes par an, dont une quinzaine viennent accroître le stock, l’autre moitié étant absorbée par des océans et la végétation.

Est-il alors possible de réduire les émissions correspondantes comme le demandent les protagonistes de la thèse officielle de l’évolution du climat, et comme l’instinct nous conduit à le penser ?

La réponse pourrait être positive s’il existait sur notre globe des réserves illimitées de pétrole, de gaz naturel et de charbon. Mais chacun sait que ce n’est pas le cas, ce qui amène à poser la question autrement : est-il réaliste de penser que l’humanité laissera dans le sous-sol de la planète sans s’en servir tout ou partie des hydrocarbures que celui-ci contient ?

A l’évidence, la réponse est négative. Les hydrocarbures sont bien trop précieux pour qu’ils ne soient pas exploités jusqu’à la dernière goutte de pétrole, au dernier mètre cube de gaz naturel et même à la dernière tonne de charbon économiquement accessibles. Autrement dit, ce sont les quantités d’hydrocarbures encore présentes dans le sous-sol de la planète qui détermineront le volume du CO2 que nous rejetterons dans l’atmosphère, et rien d’autre.

La seule chose qu’il serait possible de faire serait éventuellement d’étaler un peu dans le temps les rejets. Mais la comparaison des flux – une quinzaine de milliards de tonnes par an – et du stock – bientôt 3 000 milliards de tonnes – montre que ceci n’aurait aucun effet perceptible. Encore s’agit-il là d’une hypothèse parfaitement théorique, car il faudrait pour obtenir ce maigre résultat consentir des dépenses considérables qui sont d’autant moins envisageables que la majorité des rejets provient désormais des pays émergents qui n’ont pas les moyens financiers nécessaires, et qui ont d’autres priorités.

Quant aux techniques de captation et de séquestration envisagées pour enfouir dans le sous-sol le CO2 produit dans les centrales électriques ou dans les installations industrielles lourdes, elles ne sont pas au point et sont surtout bien trop onéreuses pour constituer une solution réaliste. Les coûts prévisionnels s’élèvent à 50 dollars par tonne séquestrée au moins, à mettre en regard des 30 milliards de tonnes émises chaque année, qui ne cessent de surcroît de s’accroître rapidement.

A partir du moment où l’on admet que les gisements seront épuisés un jour, et que la quasi-totalité du pétrole, du gaz naturel, et du charbon restant aujourd’hui dans le sous-sol donnera lieu à des émissions de CO2, il est possible d’évaluer le volume total de ces dernières à partir de quelques données simples.

D’après la source qui fait référence (BP Statistical Review), les réserves d’hydrocarbures prouvées s’élèvent à 40 années pour le pétrole, 60 pour le gaz naturel et 120 pour le charbon au rythme actuel de leur consommation. On sait par ailleurs que la combustion du pétrole engendre actuellement 11 milliards de tonnes de CO2 par an, celle du gaz naturel 6 milliards et celle du charbon 13 milliards. Un simple calcul montre alors que la combustion des réserves d’hydrocarbures prouvées donnera naissance à des émissions s’élevant au total à près de 2 400 milliards de tonnes de CO2.

Mais deux facteurs doivent être pris en compte. Comme chacun le sait, les réserves aujourd’hui prouvées sont tout d’abord bien plus faibles que celles qui seront en réalité économiquement accessibles. La découverte récente de nouvelles techniques permettant d’exploiter le gaz de schiste (shale gas) en apporte une nouvelle fois la preuve. En sens inverse, on a vu que l’on ne retrouvait chaque année dans l’atmosphère que la moitié environ des quantités de CO2 émises.

Il est évidemment impossible de savoir lequel de ces deux facteurs l’emportera, mais une conclusion s’impose. En comparaison des 2800 milliards de tonnes actuelles, la quantité de gaz carbonique présente dans l’atmosphère va continuer à s’accroître considérablement au cours des décennies à venir. Il n’est pas impossible qu’elle double au cours du présent siècle et nous n’y pouvons rien, ce qui ne veut pas nécessairement dire que nous courons à la catastrophe.

Du temps des dinosaures, les concentrations de CO2 dans l’atmosphère étaient 5 fois plus élevées qu’à l’heure actuelle, et la vie prospérait pourtant sur la terre. Comme le montrera la fin de cet article, il est donc permis de mettre en doute les assertions catastrophistes dont nous sommes abreuvés.

Quant à lui, l’échec du Sommet de Copenhague de décembre dernier était inévitable. Le but affiché était de réduire les émissions de CO2 de la planète et même de les diviser par deux d’ici 2050. Or c’était là un objectif inaccessible, non par manque de volonté politique comme on l’a proclamé, mais pour de simples raisons physiques.

La Chine va accroître ses émissions de plus de moitié d’ici 2020
Elle construit sans discontinuer une à deux centrales à charbon de très forte puissance (1 000 MW) chaque semaine, et son parc de voitures et de camions va encore tripler d’ici 2020. Après être devenue le premier constructeur mondial de camions, de voitures, et de bateaux, elle se dote même d’une industrie aéronautique. Est-ce pour laisser ces centrales inutilisées, ces véhicules au garage, et ces avions au sol ?

Lorsque l’on sait que ce pays construit 5 000 kilomètres d’autoroutes par an, que Pékin achève sa septième rocade autoroutière, et que seuls 300 millions de Chinois sur 1,4 milliard commencent à accéder à notre niveau de vie, on comprend pourquoi le Président chinois a refusé que son pays signe à Copenhague quelque engagement que ce soit de réduction de ses émissions nationales, ni d’ailleurs des émissions de la planète.

Les 4 milliards d’habitants de l’Inde, du Brésil, de l’Indonésie et du reste du monde émergent suivent le même chemin
Du fait des projets en cours de réalisation, leurs émissions vont également progresser à très vive allure au cours des décennies à venir car c’est la condition de la sortie de la pauvreté de leur population. Quatre cents millions d’Indiens n’ont toujours pas accès à l’électricité. Comment pourraient-ils réduire des émissions qu’ils ne font pas ? L’Inde, comme la Chine, dispose de vastes gisements de charbon, accessibles économiquement du fait de l’existence d’une main-d’œuvre abondante et à faible coût. Il faut regarder la réalité en face. C’est pour eux la seule manière de produire à un prix de revient qui ne soit pas prohibitif l’électricité dont ils ont dramatiquement besoin.

Malgré les discours de Barack Obama, les Etats-Unis ne peuvent réduire leurs émissions qu’à la marge (4 % par rapport à 1990 au mieux !)
Leurs logements sont deux fois plus vastes qu’en Europe, les distances à parcourir deux fois plus grandes et ils ont besoin du charbon pour fabriquer la moitié de leur électricité. Quant à leur climat, chacun sait qu’il est continental. Sans climatisation, la moitié Sud des Etats-Unis serait inhabitable. A l’inverse, Chicago peut connaître en hiver des vagues de froid de moins 30 degrés. Il ne faut pas s’étonner que les possibilités d’économie d’énergie soient en conséquence restreintes, même si elles ne sont pas totalement inexistantes.

Enfin, avec un huitième des émissions mondiales, l’Europe ne peut rien de significatif
Même si ses rejets disparaissaient entièrement, l’impact serait minime au niveau de la planète et rapidement compensé ailleurs. Qui pourrait imaginer un instant que l’humanité laisserait dans le sous-sol sans s’en servir le pétrole, le gaz naturel, et même le charbon qui y sont présents ? Chacun sait que les gisements seront un jour épuisés. Ce que les uns ne consommeront pas le sera par les autres !

Les efforts de réduction des émissions européennes de CO2 sont aussi ruineux que vains et constituent un lourd handicap dans la compétition mondiale

La seule manière de diminuer les émissions planétaires de CO2 serait en définitive de supprimer ou tout au moins de réduire l’extraction du pétrole, du gaz naturel ou du charbon qui en provoquent l’essentiel. Qui pourrait le croire ? L’humanité n’a jamais autant foré de puits de pétrole, construit de gazoducs et ouvert de mines de charbon.

Il faut donc se rendre à l’évidence : l’objectif de réduction des émissions planétaires est inaccessible et le stock de CO2 au-dessus de nos têtes va continuer à croître rapidement, ce qui laisse place à deux hypothèses et à deux seulement.
Si les responsables officiels des Nations-Unies qui siègent à la tête du GIEC (IPCC) ont raison, la planète court à la catastrophe : réchauffement incontrôlé, montée des océans, famines, migrations massives de population. Fort heureusement, plusieurs constats conduisent à douter de la véracité de leurs affirmations.

Contrairement à leurs assertions, il n’y a tout d’abord aucune unanimité de la communauté académique. Dans tous les pays du monde, on ne compte plus les scientifiques qui proclament que rien n’est prouvé quant à la responsabilité du CO2 à l’égard des variations climatiques. Aux Etats-Unis une pétition en ce sens (Oregon Peitition) a été signée par plus de 30 000 scientifiques, dont des climatologues de premier plan. Nier qu’il y ait débat est donc une contrevérité et jette le doute sur l’honnêteté intellectuelle de ceux qui affirment d’un ton péremptoire que «le débat est clos », et vilipendent ceux qui contestent leurs affirmations.

Il faut savoir aussi que le premier président du GIEC, M. John Houghton aurait déclaré en prenant ses fonctions : «If we don’t announce disasters, no one will listen». Ceci jette une lumière troublante sur deux des arguments majeurs mis en avant par les responsables actuels du GIEC pour frapper l’opinion publique mondiale et celle des dirigeants de la planète.

Le premier a récemment défrayé la chronique. Toute l’Asie a été traumatisée lorsque les responsables du GIEC ont déclaré urbi et orbi en 2007 que les glaciers de l’Himalaya allaient disparaître en 2035 sinon auparavant. Il faut savoir que ceux-ci sont la source essentielle d’eau et donc de vie pour des milliards d’habitants de cette région du globe, et que les gouvernements concernés ont pris peur et commencé à envisager la construction de barrages pour parer à cette menace supposée. Ce n’est qu’au début de cette année que le GIEC a dû reconnaître que la date de 2035 ne reposait sur rien, et qu’elle avait été reprise d’une publication sans aucune valeur scientifique d’une ONG écologiste, qui parlait d’ailleurs de 2350 et non de 2035. C’est donc une faute de frappe qui aurait conduit les responsables du GIEC à parcourir l’Asie en prédisant une catastrophe imminente !

La démarche est la même pour la montée des eaux de la mer. Dans un article syndiqué repris par la presse mondiale en juin 2009, le Président du GIEC, M. Rajendra Pachauri, déclarait : «Les mégadeltas où se trouvent des villes comme Shanghai, Calcutta et Dacca sont extrêmement vulnérables à la montée du niveau de la mer… », laissant craindre le pire pour des régions entières du globe. Or il suffit de regarder les chiffres pour voir qu’il s’agit là d’une affirmation qui ne résiste pas un instant à l’analyse.

Au cours du 20ème siècle, le niveau moyen des océans s’est élevé selon les données les plus officielles de 18 centimètres, c’est-à-dire de moins de 2 centimètres par décennie, et les dix premières années du 21ème siècle ne montrent aucune tendance à l’accélération. Les prévisions moyennes du GIEC pour le 21ème siècle font d’ailleurs elles-mêmes état d’une hausse de 30 centimètres au total, soit 3 centimètres par décennie.

A l’évidence, de tels ordres de grandeur ne peuvent entraîner aucune conséquence significative. C’est que nous sommes victimes d’une illusion. Aucune terre émergée n’a comme altitude «zéro». Même les villes les plus basses sont situées à plusieurs mètres au-dessus du niveau des eux.

Les études menées par le CNRS, organisme officiel français, ont montré que la pente du sol était en moyenne de 1 % à la frontière entre la terre et la mer. Une hausse de 3 centimètres du niveau de celle-ci a donc pour seul effet de faire reculer le rivage de… trois mètres en moyenne, et même de rien du tout quand il s’agit d’une zone équipée de digues ou de quais, ou tout simplement rocheuse. Il faut revenir à la raison. Agiter le spectre de la disparition de villes et de régions entières en évoquant la montée des océans est inepte, sauf à confondre les centimètres et les mètres, comme 2035 a été confondu avec 2350.

Dans ces conditions, on peut espérer que la fin du monde ne soit pas pour demain, ce qui est fort heureusement le plus probable.

Christian Gérondeau
Ingénieur

Ce contenu est issu de ParisTech Review où il a été publié à l’origine sous le titre " Le CO2 et le climat : un point de vue d’ingénieur ".
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Mardi 19 Octobre 2010
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