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Le BFR des grands groupes européens baisse de 2,7 jours de chiffre d’affaires en 2010


La France fait moins bien que ses voisins européens



Le BFR des grands groupes européens baisse de 2,7 jours de chiffre d’affaires en 2010
La 13ième étude annuelle du Cabinet REL, spécialisé dans l’optimisation financière et portant sur les résultats publics 2010 des 1000 plus importantes entreprises européennes démontre une nette amélioration de leur BFR ( Besoin en Fonds de Roulement) dans un contexte de reprise. Pour rappel, le DWC* représente le rapport du fonds de roulement au chiffre d’affaires journalier moyen. Plus le nombre de jours obtenus est bas, plus les performances sont jugées bonnes. Si dans les tableaux récapitulatifs, les pourcentages sont en recul, c’est une amélioration (même si le chiffre est négatif).

*Le DWC 2010 des 1000 premières entreprises européennes – hors secteur financier - se monte à 42,9 jours de chiffres d’affaires (+5,9% d’amélioration par rapport aux 45,6 jours de 2009). Mieux encore, la progression s’établit à 7,6% par rapport au résultat 2005 qui s’établissait à 46,5, soit un « plus bas depuis 6 ans ». Même si la baisse du BFR est plus importante qu’aux US, c’est surtout dû à la marge de progression des entreprises européennes. Aux USA, le BFR est déjà très faible, à 35,8 jours.

Les 113 entreprises françaises répertoriées ont amélioré à un rythme similaire leur BFR qui reste d’ailleurs inférieur à la moyenne européenne.

Le DWC est composé du DSO, DIO et DPO. En voici les composantes pour l’année 2010 sur l’ensemble du classement :
- Le DSO** - Ratio de créance clients est égal à 52,2 (+3%)
- Le DIO**- Ratio de rotation des stocks est égal 37,6 (+2,9%)
- Le DPO** - Délai de paiement fournisseurs est stable à 47,0 (-0,1%)

En France, le DWC s’établit à 36,4 (+6%), 58 pour le DSO (+3,3%) ; 38,6 pour le DIO (+1,3%) et par contre 60,1 pour le DPO (-0,2%). L’augmentation de 6% du DWC démontre une légère dégradation.

- La disponibilité en « cash », telle qu’indiquée sur le bilan des entreprises européennes étudiées s’est appréciée de 18% sur l’année dernière et on constate également une progression de 12,2% sur les 3 derniers exercices étudiés.

- Le chiffre d’affaires cumulé des 1000 entreprises étudiées a progressé de 14,9% en 2010, après une baisse de 12,4% en 2009. En France, les 113 entreprises étudiées augmentent leur CA de 10,3% après une baisse de 7,8% en 2009.

- En se fondant sur les meilleures pratiques de chaque secteur, REL a chiffré pour 2010 à 724 milliards le BFR excédentaire généré par l’ensemble des entreprises de l’échantillon européen. L’élimination de ce manque à gagner pourrait représenter 5% de gains pour l’EBIT des sociétés du panel.

- Le COGS – coût des marchandises vendues – s’est établi au dessus du niveau du chiffre d’affaires qui a résulté des ventes, ce qui explique une légère détérioration de la marge brute qui s’est établie à 33,6%, à comparer aux 33,8% de 2009. Sur 3 ans, on note tout de même une légère augmentation de 0,2%. On peut expliquer la contre-performance annuelle par l’augmentation des coûts après inventaires et d’autres coûts. En France, on constate également une détérioration du COGS, passant de 36,8% en 2010, soit un petit tassement par rapport aux 36,9 de 2009, mais une légère augmentation de 0,3% sur 3 ans.

- Le Cash Flow Opérationnel s’est amélioré de 6% mais la marge du Cash Flow s’est réduite de 7,7%.

- 10 des 58 industries étudiées représentant 60% du revenu global et sont impactantes sur l’ensemble de l’étude.

Les 3 secteurs qui ont le plus amélioré leurs résultats sont :
- La distribution
- Les transports
- Les Télécoms

Les 3 secteurs qui ont vu leurs résultats se détériorer sont :
- Utilities
- Médias
- Secteur des loisirs

Seules 5% des sociétés du classement se hissent dans le premier ¼ des performances étudiées et ont pu également améliorer leurs résultats sur leur DIO/DSO/DPO sur les 5 dernières années. Seules 5 sociétés ont pu améliorer leur BFR depuis 5 ans et distancent de 50% les métriques des DIO/DSO/DPO. Le Brasseur Danois Carlsberg, le cimentier français Lafarge, le fabricant de câbles Néerlandais Draka Holding, le papetier portugais Sonae Industria et le laboratoire pharmaceutique italien Recordati.

Actions recommandées par REL pour améliorer son BFR

En période d’incertitude financière, de reprise, de marges réduites, de réduction des coûts, de déflation des devises et du prix des matières premières, de perte de confiance des consommateurs, les entreprises doivent avoir conscience que la source la moins coûteuse de liquidité est encore une bonne gestion de leurs fonds de roulement. Ils peuvent utiliser les liquidités libérées pour continuer à financer leurs opérations financières tout autant que leurs initiatives stratégiques, ce qui leur permettra de reprendre l’initiative et de profiter des opportunités qui se présenteront lorsque les marchés repartiront.

Certaines des pratiques ci-dessous permettront aux entreprises de créer des changements viables à long terme et qui garantiront des gains de liquidités durables :
- Faire de l’amélioration des liquidités, une stratégie prioritaire au sein de la direction de l’entreprise
- Lier les performances en matière de gestion des liquidités avec la gestion des fonds de roulement.
- Faire des liquidités une des mesures clé des performances du management des entreprises et des services financiers
- Investir dans des process permettant de mieux prévoir la demande et le développement des ventes
- Réduire les délais et augmenter la flexibilité de l’appareil de production
- Mettre en place des règles internes pour mieux maîtriser les relations commerciales. Toute exception demandera des niveaux supplémentaires de validation
- Il faut arriver à mettre en place une segmentation client et fournisseur basée sur la valeur et le niveau de risqué permettant s’adopter une attitude adaptée
- Automatiser les faibles transactions qui sont souvent trop nombreuses pour libérer du temps aux personnes qui doivent se concentrer sur la valeur ajoutée

Méthodologie
L’étude annuelle de REL, mesure les performances en matière de gestion de leur BFR des 1000 premières entreprises européennes (en volume des ventes) pendant l’année 2010 – hors secteur finance. Les données sont issues de sources publiques (CapitalIQ). Les industries sont définies par leur GICS (Global Industry Classification Standard) qui est une classification « Standard & Poor’s » qui rend ensuite possible une comparaison globale par secteur et par industrie. Les comparaisons sont faites d’une année sur l’autre en respectant le même périmètre d’étude, en prenant en compte l’entreprise puis sa classification GICS (59 classes), et enfin le rang qu’elle occupe sur le continent étudié.

Le BFR correspond au solde entre les ressources à plus d'un an (dites stables), et les immobilisations (emplois stables à plus d'un an). Positif, il traduit un excédent des premières sur les secondes. Négatif, il permet de constater que les immobilisations sont financées par les ressources de trésorerie ou par l'excédent des ressources d'exploitation sur les emplois (besoin en fonds de roulement négatif).

**Terminologie des termes employés

DSO - Ratio de rotation du crédit clients
Egal au rapport de l'encours clients au chiffre d'affaires journalier moyen TTC, il exprime en nombre de jours de chiffre d'affaires, la durée moyenne du crédit accordé par l'entreprise à ses clients (ou autrement dit le délai moyen de paiement de ceux-ci).

DPO - Ratio de rotation du crédit fournisseurs
Egal au rapport de l'encours fournisseurs aux achats journaliers TTC, il exprime en nombre de jours d'achats, la durée moyenne de crédit accordée à l'entreprise par ses fournisseurs (ou le délai moyen de paiement de celle-ci).

DIO- Ratio de rotation des stocks
Egal au rapport des stocks et travaux en cours au chiffre d'affaires journalier moyen HT, il donne le nombre de jours de chiffre d'affaires que représentent les stocks.

DWC – Egal au rapport du fonds de roulement au chiffre d’affaires journalier moyen. Plus le nombre de jours obtenus est bas, plus les performances sont jugées bonnes. Si dans les tableaux récapitulatifs les pourcentages sont en recul, c’est une amélioration (même si le chiffre est négatif).

Bonjour chez vous...

Laurent Leloup

Jeudi 9 Juin 2011
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