La SEC autorise l'émission d'actions sur la blockchain

Petit à petit, le projet élaboré par le PDG d'Overstock de révolutionner le fonctionnement des marchés boursiers grâce à la « blockchain » prend corps. Ainsi, après une première émission d'obligations en juillet dernier, son plan visant à faire de même pour les actions de son entreprise vient d'être approuvé par la SEC américaine.


À ce stade, Overstock a procédé uniquement à une déclaration d'intention, en consultant le régulateur. Il n'y a donc pas encore de date fixée pour un passage à l'acte, mais, selon l'article de Wired, il s'agirait d'une priorité pour l'année à venir. Ce serait l'aboutissement de la longue bataille que mène Patrick Byrne, le PDG de la société, contre ce qu'il considère comme des pratiques douteuses, rendues possibles par le manque de transparence des mécanismes boursiers en vigueur aujourd'hui.

Selon lui, l'e-commerçant aurait été victime d'une campagne de ventes à découvert « nues » en 2005, ayant permis à ses auteurs de s'enrichir en faisant chuter le cours de son action. Depuis, il milite pour un système qui rendrait ces manœuvres absolument irréalisables. La « blockchain » constitue l'instrument idéal pour ce faire, en imposant nativement que les opérations ne puissent être exécutées que sur des actifs réellement disponibles. C'est ainsi qu'est née tØ, (1) filiale dédiée à la concrétisation de cette idée.

L'émission d'obligations de cet été, à hauteur de 5 millions de dollars, représentait un galop d'essai destiné à tester et valider le concept et la technologie, sans avoir à recueillir au préalable une autorisation formelle de la part des autorités financières. Les résultats doivent être satisfaisants puisque la deuxième étape est désormais entamée, avec la soumission au gendarme américain de la bourse d'une déclaration réglementaire S3 amendée, intégrant la nouvelle option d'émission d'actions.

Ici, il faut s'arrêter sur un point essentiel de la stratégie de tØ : il est bien question de mettre en œuvre la « blockchain » publique – celle portant le bitcoin – et non d'une quelconque réplique privée et contrôlée par un acteur traditionnel. L'avantage spécifique de transparence offert par cette approche devient évident, au moins dans la perspective de Patrick Byrne : les transactions peuvent être vérifiées par qui veut s'y intéresser, interdisant de fait toute manipulation de marché plus ou moins frauduleuse.

Overstock a toutes les chances d'être la première société publique émettant des titres sur la « blockchain », mais elle pourrait être rapidement suivie par d'autres. En effet, la plate-forme conçue par tØ est ouverte à toutes les entreprises, à qui il suffirait de faire une demande auprès de la SEC pour participer à la révolution. Elle serait alors en mesure de devenir un véritable substitut aux bourses existantes, y compris celles qui, comme le Nasdaq, s'intéressent aussi aux technologies des crypto-devises.

(1) tØ.com

Patrice Bernard
Fondateur du blog “C’est pas mon idée”

fr.linkedin.com/in/patricebernard





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Mardi 12 Janvier 2016


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