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La RSE en 2020


Quand on sait qu’il n’existe, selon le Site Industrie Canada (ic.gc.ca), pas moins de 250 Normes et Codes centrés sur la RSE, on en est en droit de se poser la question de savoir comment, dans ce dédale, les entreprises peuvent bien s’y retrouver. La publication de la Norme Internationale ISO 26 000 attendue en septembre 2010 va-t-elle éclairer notre lanterne ? A-t-elle des chances de réussir à s’imposer ?



Constant Calvo
Constant Calvo
Certains, pensent que la multitude des Normes et des Codes tendrait à prouver que la RSE serait une nouvelle Amérique, un continent à peine explorée ; ou encore, qu’elle serait une terre encore, en grande partie, en friche, nécessitant - pour abonder dans la métaphore agricole -, d’être labourée, semée, moissonnée et débroussaillée, avant que l’on puisse espérer en récolter les premiers fruits.

Si bien, que tout laisserait à penser, selon les uns et les autres, que la RSE ne serait pas près de disparaître.

S’il y a, cependant, une parcelle de terre totalement en friche dans le contexte de la RSE et de la globalisation de l’économie, c’est bien celui concernant les Multinationales ou, autrement dit, les entreprises Transnationales.

Selon une étude réalisée par PriceWaterhouseCoopers (PWC), publiée en septembre 2009, curieusement peu médiatisée, et, par conséquent, passée quasiment inaperçue, la crise économique que nous traversons depuis 2008 va radicalement changer le Monde de l'entreprise.

PWC en est à ce point convaincu qu’il propose, à l’horizon 2020, trois scenarii, afin d’explorer les contours de ce nouveau Monde, correspondant à trois tendances lourdes observées.

La première, selon laquelle le développement des technologies s’accroîtrait de façon exponentielle; la seconde, qui imposerait la domination des multinationales ; la troisième, où émergerait la pleine conscience écologique.

A chacune de ces trois scénarii, ou hypothèses de travail, PWC attribue une couleur :

Le Monde Orange, dans lequel les réseaux collaboratifs deviendraient les moteurs de l'activité économique;

Le Monde Bleu, dans lequel règnerait, sans partage, le capitalisme des multinationales, dans la mesure où ces dernières seraient devenues plus riches et plus puissantes que les États;


Le Monde Vert, dans lequel la conscience écologique, et les inquiétudes relatives aux changements démographiques et aux dérèglements climatiques, détermineraient la naissance de nouveaux comportements des Citoyens du monde, des États et des Entreprises.

Attention ! nous préviennent les Experts de PWC, il serait vain et illusoire de croire que ces trois scenarii pourraient, d’une manière ou d’une autre, co-exister.

Ce qui nous intéresse, ici, plus particulièrement, c’est le scénari n° 2, selon lequel les entreprises multinationales devenues plus riches et plus puissantes que les États, pourraient supplanter ces dernières; les entreprises jouant en quelque sorte, elles-mêmes, désormais, le rôle délaissé de gré ou de force par les États.

On aurait tort de prendre les conclusions de cette étude à la légère, même si l’Histoire nous a maintes fois démontré que la politique fiction, ou la science fiction, était un exercice difficile. Nombreux sont ceux qui seraient, alors, tentés de se rassurer, et de penser que l’économie fiction l’était encore davantage.

Et pourtant … Que constate-t-on, en effet aujourd’hui ? Les entreprises transnationales ne sont-elles pas, déjà, à maints égards, plus puissantes que les États ?

Or, ces entreprises transnationales n’ont aucune personnalité juridique, ni surtout aucune obligation juridique, s’agissant notamment des Droits Humains au travail.
Comme le démontrent l’actualité quotidienne de la RSE et la litanie du manquement aux Droits Humains, dans de nombreuses régions du monde, grâce notamment à la vigilante observation des ONG.

C’est la raison pour laquelle, on a assisté, il y a une vingtaine d'année, à l’émergence de nombreuses institutions internationales. Celles-ci ont adopté des instruments appelés « Soft Law ».

Le terme et le concept de « Soft Law » sont apparus aux USA, afin de pallier un vide juridique. La Soft Law s'opposant à la « Hard Law » qui s'apparente aux sources formelles du Droit International.

Tant il paraît de plus en plus évident, que le Droit international n’est plus en mesure de rendre compte de l'évolution des relations entre les États, pas plus qu’il n’est en mesure de contenir la déferlante surpuissance des entreprises transnationales.

Au point que, nombreux sont les Experts qui pensent que la « Soft Law » pourrait s’imposer comme la nouvelle source de Droit International.

C’est dans ce contexte de globalisation de l’économie, que les démarches, concepts et outils de la RSE s’avèrent, du point de vue de la « Soft Law », des instruments pertinents afin de lutter contre l’absence de régulation internationale des Droits Humains.

Se pourrait-il que la Norme ISO 26000 ait un rôle majeur à jouer dans la prise de conscience d’une réglementation visant les activités des entreprises transnationales, et devienne le socle de l’innovation juridique internationale dans le champ des Droits Humains ?

Et se pourrait-il, également, que 2020 soit la ligne d’horizon opérationnelle de la RSE ?
On aimerait bien savoir ce qu’en pense le département de l’intelligence économique de PWC.

Constant Calvo, Directeur associé ADHERE RH
http://blog.adhere-rh.com

Mardi 9 Février 2010
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