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La Mondialisation de la RSE … en Chine!


Le magazine de la Chambre de Commerce et d’Industrie Française en Chine (CCIFC) a consacré un grand dossier sur la responsabilité sociale des entreprises en Chine : «Connexions n°51, juillet septembre 2009, La responsabilité sociale des entreprises en Chine».



Constant Calvo
Constant Calvo
L’étude fort exhaustive disponible sur le Site www.connexions.ccifc.org détaille l’engagement de la Chine dans la démarche RSE, alors que l’Empire du Milieu est mis sur la sellette, par les ONG, pour ses mauvaises pratiques en matière d’éthique des affaires.

Elle est articulée avec un brin de complaisance et, également, comme on peut s’y attendre, un soupçon d’habilité diplomatique, autour d’enquêtes, d’interviews et de reportages.

Le dossier du magazine Connexions sur la RSE en Chine est composé de deux parties :

La première explique comment la RSE est vécue et pratiquée en Chine, l’évolution de l’éthique des affaires, les bonnes pratiques de grandes compagnies comme Stategrid ou China Mobile, et propose un état des lieux en Afrique où, dans les mines, certaines pratiques chinoises sont très controversées ;

La deuxième, est consacrée à des exemples de stratégie RSE par des entreprises multinationales françaises ou européennes.

Les entreprises françaises implantées en Chine, Accor (« Faire preuve d’Ethique ») - Total (« Etre à l’écoute ») - l’Oréal (« Encourager les Jeunes ») - PSA (« Enrichir son Image »), entre autres, y témoignent.

Extraits :

« La responsabilité sociale d’entreprise (RSE) — qiyeshihuizeren 企业社会责任 en chinois, corporate social responsibility en anglais, — n’est pas un concept nouveau. »

« En Chine, sous les Ming, les marchands lettrés du Huizhou débattaient déjà de leur rôle et de leur éthique des affaires. »

« De plus en plus de Chinois réclament des améliorations qualitatives de leurs conditions de vie et le gouvernement est conscient que des entreprises peu respectueuses de la loi peuvent perturber l’ordre social. »

« Mais la tâche qui pèse sur les entreprises est lourde et celles-ci sont mal préparées. Une enquête menée en 2006 montre que, pour la plupart des entreprises chinoises, RSE voulait encore dire activités philanthropiques. »

« Elles voyaient la RSE comme une charge, même si un nombre croissant de compagnies se disaient prêtes à coopérer avec des ONG pour régler certains problèmes, et si un nombre croissant d’entre elles rédigeaient des rapports sociaux. »

« Mais, ces toutes dernières années, monte très rapidement une prise de conscience, notamment sous la pression internationale, des dégâts collectifs occasionnés par de mauvaises conduites individuelles. D’autre part, le besoin de retenir la main-d’œuvre, notamment la plus qualifiée, encourage un meilleur traitement de son personnel. Enfin, la nécessité de monter sur la chaîne des valeurs et l’ampleur des dégâts environnementaux obligent le pays à opérer ce tournant volontariste pour lequel il a besoin — et il le demande — de la collaboration des entreprises étrangères implantées en Chine. »

Or, une campagne de l’ONG Peuples Solidaires vient de révéler à travers des enquêtes et des analyses, chiffres à l’appui, les dessous de l’industrie du jouet. La bien nommée campagne intitulée « C’est pas du jeu ! » vise à aborder avec force et renouveau la douloureuse question des conditions de travail dans les usines de jouets chinoises.

Comme chacun le sait, l’industrie du jouet est aujourd’hui fortement mondialisée. Elle repose, en outre, sur des chaînes de production complexes reliant de nombreux pays.

S’agissant des conditions de travail dans les usines de jouets en Chine, Peuples Solidaires écrit :

« 4 jouets sur 5, que reçoit n’importe quel enfant aujourd’hui, sont produits dans le Sud de la Chine dans l’une des 8 000 usines de jouets de la province de Guangdong, dans le Delta de la rivière des Perles. 3 à 5 millions d’ouvriers chinois y sont employés. La plupart sont des femmes âgées de 15 à 30 ans, qui viennent des régions pauvres et rurales de l’intérieur des terres. Du fait des salaires extrêmement faibles, elles n’ont pas d’autre choix que d’accepter les dortoirs et la nourriture proposés par les usines, moyennant une bonne partie de leur maigre salaire. La qualité de la nourriture et du logement y est si misérable que l’on peut parler de conditions inhumaines. En Chine, un seul syndicat officiel (celui du parti) est autorisé. »

On peut également lire ceci :

« Très souvent, quelques années suffisent pour détruire le rêve des ouvriers d’une vie meilleure. Ils rentrent dans leurs villages, désenchantés et épuisés, voire handicapés physiquement. La réalité des usines chinoises est difficile à supporter : Longues heures de travail (jusqu’à 400 heures par mois) ; semaines de 7 jours, surtout pendant la période de Noël » ;

« Salaires inférieurs au minimum légal, dont le niveau ne permet pas lui-même d’assurer un revenu de subsistance - Salaires retenus pendant une période allant jusqu’à 45 jours (ainsi les ouvriers ne peuvent pas démissionner facilement) ;Mesures de sécurité et de santé inadéquates ; Absence de contrat de travail ; Absence d’avantages sociaux tels que congés maternité, assurance santé ou retraite ; Amendes illégales et disproportionnées (pour des « infractions » telles que retard, ne pas être en possession de sa carte d’identification, ou pour avoir parlé, etc.) et feuilles de paye peu claires ; Absence de protection contre les licenciement (abusifs) ; Conditions d’hébergement insalubres et malnutrition (…) ».

On n’a pas manqué de remarquer, que le dossier du magazine de la Chambre de Commerce et d’Industrie Française en Chine consacré à la RSE en Chine n’aborde pas franchement, c’est le moins que l’on puisse dire, l’embarrassante question pour les autorités chinoises des conditions de travail dans les usines de jouet.

On se demande bien pourquoi. Bizarre, bizarre …

A moins qu’on se soit gardé de ne blesser, d’aucune manière, la susceptibilité de nos amis européens et américains, puisque l’industrie du Jouet est dominée par eux.

Ni Mattel, Hasbro, Toys “R” us, Nitendo, Lego, Playmobil, ou Ravensburger, en effet, ne sont français. Soit dit en passant, l’honneur est sauf.

On peut pourtant, quoique de façon elliptique, y lire ceci :

« Le défi de la RSE, notamment en ce qui concerne les entreprises sous-traitantes, vient souvent de ce que les coûts de la RSE sont perçus immédiatement alors que les bénéfices potentiels n’apparaissent — éventuellement — qu’à long terme, les entreprises manquant encore de systèmes pour suivre les coûts et les bénéfices d’investissements socialement responsables. »

Ah, bon !

Ce n’est certes pas du chinois (encore que …), mais voilà tout de même qui explique bien des choses.

Ne vous a-t-on pas dit, plus haut, qu’en Chine, sous la dynastie Ming (qui régna de 1368 à 1644), les marchands lettrés du Huizhou débattaient déjà de leur rôle et de leur éthique des affaires ?

On vous souhaite à tous un Joyeux Noël !

Constant Calvo, Directeur associé ADHERE RH
http://blog.adhere-rh.com

Mercredi 16 Décembre 2009
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